REVELATIONS DE LA BANQUE MONDIALE
Légère accélération de la croissance mondiale à 2,7%, malgré la faiblesse de l’investissement
jeudi 12 janvier 2017

La croissance économique mondiale devrait s’accélérer modestement pour atteindre 2,7% en 2017 après le creux de l’après-crise, l’an passé, grâce à la diminution des obstacles à l’activité dans les marchés émergents et les économies en développement, qui sont des exportateurs de produits de base, et à une demande restant robuste dans les pays importateurs, selon un rapport de la Banque mondiale publié le mardi 10 janvier dernier.

Dans les économies avancées, la croissance devrait légèrement progresser pour s’établir à 1,8 % en 2017, selon l’édition de janvier 2017 de Global Economic Prospects, le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives pour l’économie mondiale.
La relance budgétaire dans les grandes économies, particulièrement aux États-Unis, pourrait provoquer une accélération de la croissance intérieure et mondiale plus forte que prévu, bien que le renforcement du protectionnisme puisse avoir des effets négatifs. La croissance des marchés émergents et des économies en développement, pris dans leur ensemble, devrait passer de 3,4 %, l’an passé, à 4,2 % cette année, sur fond de hausse limitée des prix des produits de base.

ESPOIR A L’HORIZON
Les perspectives sont toutefois hypothéquées par les incertitudes pesant sur l’orientation des politiques publiques dans les grandes économies. Une période d’incertitude qui s’installe pourrait prolonger l’atonie de la croissance des investissements, qui freine les pays à faible revenu, à revenu intermédiaire et à revenu élevé.
"Après des années de croissance mondiale décevante, il est encourageant de voir s’ouvrir des perspectives économiques plus solides à l’horizon", déclare Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. "Le moment est venu de tirer parti de cette dynamique et d’accroître les investissements dans les infrastructures et les populations. L’accélération de la croissance durable et inclusive qui est nécessaire pour mettre fin à l’extrême pauvreté passe par là".

CHUTE DE LA CROISSANCE DES INVESTISSEMENTS

Le rapport analyse le tassement récent et inquiétant des investissements dans les marchés émergents et les économies en développement, qui représentent un tiers du PIB mondial et rassemblent près des trois quarts de la population et des pauvres de la planète. La croissance des investissements a chuté, n’atteignant que 3,4 % en 2015 contre 10 % en moyenne en 2010, et elle s’est probablement encore contractée d’un demi-point de pourcentage l’an passé.
La mollesse de la croissance des investissements tient en partie à une correction des niveaux élevés d’avant la crise, mais est aussi due aux obstacles à la croissance auxquels se heurtent les marchés émergents et les économies en développement, notamment la baisse des prix pétroliers (pour les pays exportateurs de pétrole), le recul des investissements étrangers directs (pour les importateurs de produits de base) et, d’une façon plus générale, la charge de la dette privée et le risque politique.

RUSSIE ET BRESIL, DEUX MODELES D’EMERGENCE

"Nous pouvons aider les pouvoirs publics à proposer au secteur privé davantage de possibilités pour lui permettre d’investir en toute confiance, sachant que le nouveau capital qu’il crée pourra s’intégrer à l’infrastructure de la connectivité mondiale", indique Paul Romer, économiste en chef de la Banque mondiale.
"En l’absence de nouvelles rues, le secteur privé n’est pas incité à investir dans le capital physique que représentent de nouveaux bâtiments. En l’absence de nouveaux espaces de travail reliés à de nouveaux espaces résidentiels, les milliards de personnes souhaitant rejoindre l’économie moderne seront privées de la chance d’investir dans le capital humain qui s’acquiert par l’apprentissage en cours d’emploi".
Les économies en développement et les marchés émergents exportateurs de produits de base devraient croître au rythme de 2,3 % en 2017, après avoir connu une croissance presque nulle de 0,3 % l’an passé, à la faveur de la remontée progressive des prix des produits de base et de la reprise en Russie et au Brésil, sortis de récession.

RELANCE BUDGETAIRE

En revanche, la croissance des économies en développement et des marchés émergents importateurs de produits de base devrait être de 5,6 % cette année. Avec un taux de 6,5%, la Chine devrait continuer à connaître une décélération ordonnée de sa croissance. La mollesse des échanges internationaux, la faiblesse des investissements et l’atonie de la croissance de la productivité devraient toutefois tempérer les perspectives globales des marchés émergents et des économies en développement.
Parmi les économies avancées, la croissance devrait se redresser aux États-Unis pour s’établir à 2,2 %, sous l’effet du rebond de l’industrie manufacturière et des investissements après une année 2016 morose. Le rapport s’intéresse à la façon dont la relance budgétaire et les autres initiatives envisagées dans ce pays pourraient avoir des retombées sur l’économie mondiale.

LES ETATS-UNIS ENCOURAGES A L’EXPANSIONISME

"Les États-Unis jouant un rôle énorme dans l’économie mondiale, tout changement de cap dans ce pays peut avoir des répercussions à l’échelle planétaire. Ainsi, une politique budgétaire plus expansionniste pourrait rapidement stimuler la croissance à l’intérieur et à l’extérieur du pays, mais une réorientation des politiques, notamment dans le domaine commercial, pourrait annuler les gains réalisés", affirme Ayhan Kose, directeur du Groupe perspectives et économie du développement à la Banque mondiale.
"Le niveau élevé d’incertitude pesant sur les politiques publiques dans les grandes économies pourrait aussi avoir des impacts négatifs sur la croissance mondiale".
SERVICE DE PRESSE DE LA BANQUE MONDIALE

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