CONSTRUCTION DE L’IMAGE DU PAYS ET PROMOTION DES INVESTISSEMENTS EN RD CONGO
L’Anapi signe un pacte républicain avec la presse locale
mardi 9 mai 2017

Désormais, le Gouvernement rd congolais peut compter sur l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), quant à la construction de l’image de marque de la RD Congo et la promotion des investissements. Un véritable challenge dans lequel s’engage, dorénavant cet organe technique de l’Exécutif national. Le défi à relever étant énorme, l’Anapi n’entend pas aller seule au front. Bien au contraire. L’Agence a pris la résolution d’associer la presse locale dans chacune des étapes de la matérialisation des réformes du Gouvernement.

Pour annoncer les couleurs de ce partenariat qu’elle souhaite constructif avec les médias, l’Anapi a organisé hier lundi 8 mai, un atelier de renforcement des capacités des journalistes sur l’amélioration du climat des affaires et des investissements. Le tout, à l’aune du Doing Business.
"Il s’agit d’une matière technique", prévient Robert Moustapha, Dg ad intérim de l’Anapi, dans son mot d’ouverture dudit atelier. Par conséquent, des notions comme l’ "amélioration du climat des affaires et la promotion des investissements " ne doivent pas être abordées de manière équivoque.
Pour motiver l’organisation de l’atelier d’hier, Robert Moustapha a mis l’emphase sur ce qu’il qualifie de forte corrélation entre les réformes et leur application. Par conséquent, la presse, appelée à jouer dorénavant le rôle d’interface, doit être formée en vue de remplir correctement sa mission de socialisation.
Voilà qui explique en outre, l’organisation de l’atelier d’hier. Deux orateurs se sont succédé au micro. A savoir, Mme Gisèle Tshamala et Freddy Mputakese, respectivement sous-directeur After Care (Direction de promotion) et sous-directeur en charge du climat des affaires de l’Anapi.
D’entrée de jeu, Mme Gisèle Tshamala a rappelé à l’auditoire, les principales missions de l’Anapi. Les plus importantes sont l’amélioration du climat des affaires, la construction de l’image de marque de la RD Congo, la promotion des opportunités des investissements.
A cela s’ajoutent l’accompagnement des investisseurs et le plaidoyer lié au climat des affaires. Si l’amélioration du climat des affaires relève du politique, l’oratrice souligne cependant, que l’Anapi entant qu’Agence, a le devoir d’accompagner le Gouvernement.

CONSTRUIRE L’IMAGE DE LA RD CONGO

Pays post-conflit, la RDC a malheureusement,ceci d’irremplaçable pour les médias et les ONG du Nord, qu’elle offre une source quasi intarissable de clichés réducteurs, motifs d’indignation, reportages chocs, rapports alarmistes et autres photos coup-de-poing sur la misère du monde. Pas une semaine sans son lot d’exactions au Sud-Kivu, de viols dans le Nord-Kivu, de bavures des services spéciaux à Kinshasa, d’affaires de corruption au sein de la magistrature, pas un jour sans un cas de racket policier.
Bref, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser une bonne histoire qui saisira aux tripes les âmes sensibles. Raconter la souffrance quotidienne des Congolais peut même rapporter gros ? : un prix Pulitzer ou Albert-Londres, par exemple. Que l’on soit humanitaire ou journaliste, on ne revient jamais de ce pays de la démesure les mains vides…C’est donc cette mauvaise image de la RD Congo que l’on perçoit de l’extérieur. Le fameux " Congo Bashing" qui peint un tableau, somme toute inquiétant, et qui apeure les investisseurs potentiels.
Tout le problème, évidemment, dans cet exercice de "Congo bashing",que l’on pourrait traduire par "critique permanente et systématique" est que tout élément à décharge, ou tout simplement explicatif, de la situation du pays, est a priori écarté.
A l’Anapi, on se dit choqué par cette volonté délibérée de vouloir présenter la RD Congo sous un mauvais jour. Plus exactement comme l’un des pays les plus dangereux de la planète. Jusqu’où irait cette campagne de sape contre la RD Congo ? Quelle doit-être la responsabilité des médias locaux face à tous les jugements attributifs sur leur pays ?
A ces deux questions, Mme Gisèle Tshamala ne se fait pas prier. Sur un ton de combat engagé, elle estime que les professionnels des médias congolais ne doivent pas accompagner les auteurs de ladite campagne dans leur entreprise. Bien au contraire. Le sous-directeur After Care de l’Anapi exhorte les chevaliers de la plume et du micro congolais de prendre le contrecoup de la campagne contre leur pays. Il s’agit, plus explicitement, d’offrir aux expatriés une sorte de carte postale du pays. L’accent devant être mis surtout sur les opportunités des investissements, les facilités qu’offre le pays, la sécurité juridique et judiciaire en RD Congo.
Par ailleurs, dans ce combat, dont l’ultime objectif est de redorer l’image du Congo, Mme Gisèle Tshamala conseille une bonne communication, aussi bien en interne qu’en externe. "Qui dit investissement, sous-entend appel des capitaux. La Rd Congo étant un pays post-conflit, il faut une approche particulière pour faire appel aux investisseurs", a-t-elle conclu.

CE QUIL FAUT SAVOIR
Freddy Mputakese note, non sans regret, que la tendance actuelle est celle d’associer l’amélioration du climat des affaires au Doing Business. Méthodique, l’orateur a rappelé à l’attention des journalistes, qui découvrent cette expression pour la première fois, que le "Doing Business est un service de la Banque mondiale, qui évalue les réglementations et les pratiques propres de chaque pays, en fonction des facilités offertes aux opérateurs économiques pour faire des affaires. Cette évaluation est faite sur base des indicateurs qui constituent les étapes essentielles de la vie d’une entreprise de taille moyenne ou de petite taille, de la naissance à la liquidation de l’entreprise", a-t-il expliqué.
En ce qui concerne les objectifs des réformes, le même orateur précise que le processus d’assainissement du climat des affaires poursuit les principaux objectifs suivants : la simplification et la réduction des procédures administratives, la réduction des délais, l’allègement des coûts des opérations administratives, la sécurité juridique et judiciaire, la transparence des opérations, l’élimination des tracasseries, la maximisation des recettes de l’Etat par l’élargissement de l’assiette fiscale, l’attraction des investissements et le développement économique et social.
S’agissant des stratégies de mise en œuvre des réformes, Freddy Mputakese met en exergue l’Implication des services concernés par les réformes à travers le dialogue public-privé. Ce, grâce aux concertations et consultations à plusieurs niveaux, la communication et le dialogue permanent avec les milieux d’affaires, la vulgarisation auprès des administrations et services publics cible. S’ajoutent à cela, le suivi et l’évaluation de l’impact de réformes sur terrain.
Qu’en est-il de la méthodologie du Doing Business ? A cette question, l’assistance a été édifiée par l’énumération d’une série d’indicateurs. Chacun ayant ses éléments d’appréciation. En ce qui concerne la création d’une entreprise, par exemple, le Doing Business mesure les procédures, les délais, les coûts et l’apport en capital minimum requis pour créer une société à responsabilité limitée.
Pour l’obtention d’un permis de construire, le service de la Banque mondiale mesure les procédures, les détails et les coûts liés à l’exécution de toutes les formalités requises pour construire un entrepôt et dispositifs de contrôle de qualité et de sécurité dans le système d’obtention d’un permis de construire.
Quant au raccordement à l’électricité, le DB mesure également les procédures, les délais et les coûts de raccordement au réseau électrique, la fiabilité et l’approvisionnement en électricité et la transparence constituent autant d’éléments mesurés.
Les autres séries d’indicateurs sont le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité et la réglementation du marché du travail.
La rencontre d’hier avec des professionnels des médias locaux, fait suite à l’atelier de sensibilisation des contributeurs Doing Business, organisé par l’Anapi le mercredi 22 mars dernier dans l’auditorium du Kempinski Fleuve Congo Hôtel.
Grevisse KABREL

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