A L’INSTAR DE JOSEPH KABILA
Corneille Nangaa, victime de « phrase isolée » !
jeudi 13 juillet 2017

*Depuis 1990, le processus démocratique a un problème sérieux avec l’Opposition radicale : l’interprétation partiale et partielle des propos des « adversaires ». Constitution, Accords, Interviews, Communiqués etc. sont des domaines de prédilection pour spécialistes en lecture parcellisée. La démocratie en souffre…
* Aucune composante de l’Opposition radicale ne présente un contre-chronogramme électoral à celui de la Centrale électorale !

Président du bureau de la Centrale électorale, Corneille Nangaa réalise à ses dépens l’expérience dure vécue par ses prédécesseurs Daniel Ngoyi Mulunda et Apollinaire Malu-Malu qui, à sa différence, étaient pourtant des ministres de Dieu. Il a beau dire, comme il l’a fait sur Rfi mardi 11 juillet 2017 pour justifier le report des élections : « Dès que nous avons clôturé l’inscription de l’ensemble des électeurs sur les listes, nous passerons aux activités liées au scrutin », il a beau expliquer qu’« Après l’enrôlement, il va falloir que le Parlement nous dote d’une loi portant sur la répartition des sièges » et beau expliciter qu’« Une fois adoptée, nous allons convoquer l’électorat » d’autant plus que « Ce sont ces étapes que nous allons décliner au niveau du calendrier que nous allons publier dans les jours qui viennent », toutes ses assurances ne convainquent nullement l’Opposition radicale et la Société civile alliée. A preuve, l’incarnation de cette composante (Rassop/Limete) annonce le lancement, à partir du 22 juillet prochain, d’une campagne de résistance. Premier laïc à animer l’institution-pouvoir organisateur des élections, Corneille Nangaa était déjà « condamné » par la Cenco du fait de n’avoir pas bénéficié du « sponsoring » des Evêques lors de sa désignation. La perfidie des acteurs politiques et civils fait le reste…

Et cette perfidie, c’est cette levée des boucliers de la part des adversaires, voire des ennemis déterminés à le rendre responsable du blocage qu’ils attribuent d’ailleurs à une collusion avec Joseph Kabila. Elle plane sur tous les 6 points du communiqué de « Rassemblement/Limete » signé par Félix Tshisekedi le 10 juillet 2017 invitant « le peuple à redoubler de vigilance et à se tenir prêt pour prendre activement part aux actions de résistance qu’il va proposer à la nation le 22 juillet prochain, lors de la clôture des travaux de son deuxième conclave ».
D’abord au point 3, il est écrit : « Pour Rassemblement, l’annonce faite par Corneille Nangaa est une véritable déclaration de guerre au peuple congolais, ordonnée par Joseph Kabila, pour énerver un peuple meurtri par la situation socioéconomique catastrophique, qui entend le voir libérer, au plus tard le 31 décembre 2017, le fauteuil et le palais présidentiels qu’il occupe à la faveur d’un coup de force ». Ensuite au point 5 : « Le Rassemblement informe Corneille Nangaa que, de la même manière que son commanditaire Joseph Kabila qui croit tromper tout le monde tout le temps, il sera tenu personnellement pour responsable et répondra devant le peuple congolais de tout décalage dans l’organisation des élections qui doivent se tenir avant la fin de cette année ».
Naturellement, c’est à une sorte de concours de radicalisation que se livrent les composantes. Cas de la « Coalition de 33 ONG » pro-Katumbi animée par Georges Kapiamba qui « condamne avec la dernière énergie cette décision unilatérale, illégale et antidémocratique de M. Corneille Nangaa qui participe subtilement [à la pérennisation] d’un pouvoir sans légitimité depuis fin décembre 2016 et aggrave la crise politique et sociale en RDC ».
Le G7 pro-Katumbi introduit sa déclaration du 10 juillet 2017 par cette phrase insolite : « Par sa déclaration outrageante, faite par-dessus tout à l’étranger, Monsieur Nangaa vient, une fois de plus, de confirmer qu’il est au service de Monsieur Kabila et de sa mouvance dont il exécute servilement les instructions et les stratégies ». Pour un regroupement moteur de « Rassemblement », structure créée à Bruxelles-Genval et non à Ngandajika, le reproche fait au président de la Céni est mal placé.
C’est aux points 6 et 7 que cette structure épate. D’abord, en notant « par ailleurs, que la déclaration de Monsieur Nangaa est un aveu d’échec de la direction actuelle de la CENI et de son incapacité de conduire, en toute indépendance et impartialité, le peuple congolais à des élections libres, transparentes et crédibles ». Ensuite, en exigeant « par conséquent, la redynamisation de la CENI comme prévue dans l’Accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa, signé le 31 décembre 2016 ».
En d’autres mots, le G7 se prononce pour la dissolution de la direction actuelle de la Centrale électorale avec tout ce que cela implique comme effet quand on sait que la recomposition de la Céni ne prendra pas moins de deux mois, et la nouvelle direction exigera plus de six mois avant de se prononcer conséquemment.
Au fait, après avoir prôné une nouvelle « Transition Sans Kabila », le G7 se met dans la logique du glissement avec une « Céni sans Nangaa ».
Coordonnateur de l’AR pro-Katumbi, Delly Sessanga n’est pas en reste. « Cette déclaration unilatérale du président de la CENI n’engage que lui. Sans avoir donné le bilan de la situation de la CENI au cours de la dernière session parlementaire, nous ne comprenons pas cette sortie du président de la CENI qui ressemble, à ne pas se méprendre, à une remise cause des acquis de l’accord et une violation de celui-ci par rapport à l’attente de la population », déclare-t-il.

INTERVIEW DU PRESIDENT JOSEPH KABILA
L’habitude étant une seconde nature, le président de la Céni voit sa déclaration de Paris réduite à l’expression « pas possible » d’organiser les élections avant la fin de l’année, extraite de la réponse « Avant décembre, ça ne sera pas possible dans les conditions fixées par l’accord’ signé le 31 décembre 2016 ».
Pourtant, dans ses prestations (conférence de presse du 7 et journal TV5 du 9 juillet 2017), Corneille Naanga s’est suffisamment expliqué et explicité. Dans sa dépêche du 7 juillet, l’Afp note à son propos que « M. Nangaa a souligné que l’article IV.2 de l’accord de la Saint-Sylvestre prévoyait que les parties signataires s’engageaient à l’organisation des élections ‘au plus tard en décembre 2017’ » et « le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral, le gouvernement et la Céni peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections ».
Evidemment, les politico-médiatiques se sont livrés à leur exercice favori : l’interprétation partiale et partielle. Une perfidie dont le dernier acte en date est l’interview du Président Joseph Kabila au journal allemand Der Spiegel publiée le 27 mai 2017 mais fortement médiatisée à partir du 3 juin, simplement parce qu’il fallait absolument lui trouver l’expression -sandwich « Je n’ai rien promis ».
Les « lanceurs d’alerte » se sont arrangés pour isoler cette expression de la réponse complète rendue en ces termes : « J’aimerais que les élections se déroulent le plus tôt possible. Mais nous voulons des élections parfaites, pas n’importe quelles élections. Et c’est la Commission électorale qui organise les élections dans ce pays - c’est ce que la plupart des gens oublient. Nous avons une Commission indépendante qui, conformément à notre constitution, est chargée d’organiser les élections. Cette Commission travaille déjà et les résultats sont positifs. Nous nous dirigeons vers 24 millions d’électeurs déjà inscrits. Nous avançons ».

STERILITE DES INITIATIVES
Ce n’est ni plus ni moins que du mépris à l’égard du congolais lambda. Car, cette pratique fait de gros ravages même sur la Constitution. Ainsi, on évoque l’article 64 en isolant l’alinéa 1 (intéressant) de l’alinéa 2 (non-intéressant). On évoque l’article 70 en isolant l’alinéa 1 (intéressant) de l’alinéa 2 (non-intéressant). Loi fondamentale, autres lois de la République, communiqués, interviews etc. sont systématiquement « victimes » de l’interprétation partiale et partielle de la part des « défaiseurs » d’opinion.
Il se constate simplement, au final, la stérilité des initiatives entreprises dans ce sens. Pour le cas précis de la Centrale électorale, l’histoire renseigne que les considérations techniques avancées par les bureaux Malu-Malu et Ngoy Mulunda ont toujours eu raison des considérations politiques.
Tout observateur averti l’aura d’ailleurs remarqué : Rassop/Limete, G7, AR et autres Dynamique sont en train de tirer sur Corneille Nangaa, mais aucune de ces composantes n’évoque un quelconque chronogramme sur les opérations pré-électorales et électorales qui seraient déterminées dans l’Accord du 31 décembre 2016 ni dans l’Arrangement particulier ! Et, comme relevé ci-dessus, aucune des composantes de l’Opposition radicale ne présente un contre-chronogramme électoral face à celui de la Centrale électorale.
Preuve, si besoin est, que la pratique de « phrase isolée » n’est pas pour faire avancer le processus démocratique au pays.
Omer NSONGO DIE LEMA/Analyste politique

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