SANTE MENTALE
La prise en charge des malades mentaux ambulants s’impose
jeudi 12 octobre 2017

Le monde a célébré le 10 octobre, la journée mondiale de santé mentale. A Kinshasa, ces malades arpentent les rues de la ville. Sans aucun encadrement. La prise en charge n’est pas adéquate. D’aucuns évoquent ces malades comme un danger public, car source d’insécurité.

La plupart de nos interlocuteurs considèrent le vagabondage des personnes atteintes des maladies mentales comme un fléau dans notre pays. La cause, c’est la négligence et la pauvreté. Mazambu Clément habite la commune de Makala. Il a un grand garçon malade mental. Pour lui, il ne peut être guéri car il a trempé dans les fétiches et a voulu le sacrifier. Aucun effort n’a jamais été fourni en fait pour obtenir la guérison de Kiff qui se promène à longueur des journées. Il dort à la belle étoile selon le hasard de sa marche.
Un autre malade mental vers rond-point Ngaba, lui, aurait été envoûté par ses collègues de travail dans une boutique où il travaillait comme caissier. C’était, selon les témoins, pour l’empêcher d’obtenir la promotion qui lui était promise. Il a été soigné traditionnellement, mais sans aucun résultat.
En ce qui concerne les maladies mentales, a déclaré un infirmier, les gens se fient à la tradition, mais aussi à la religion où des gourous s’improvisent comme porteur des solutions. Ils ignorent que la prise en charge devient de plus en plus efficace au niveau de la médecine moderne.
A cette négligence, on ajoute volontiers la pauvreté. Lorsque le cas d’une maladie mentale arrive dans une famille, explique Kundi Nzunga, le manque d’argent conduit les gens à une certaine fatalité. Et le vagabondage commence. Le malade est ainsi abandonné à son triste sort.

RELEVER DES DEFIS, TROUVER DES SOLUTIONS

Une frange importante de l’opinion rencontrée soutient que le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour mettre fin au vagabondage des malades mentaux. Il s’agit de mettre en place des systèmes de soins complets et efficaces. Cela pourra aider à promouvoir la santé mentale de la population. Le personnel de santé mentale doit être formé dans la prise en charge. Notamment dans le développement des capacités requises. Qui plus est, il s’agit de donner aux utilisateurs de services de santé mentale et à leur famille les moyens de se prendre en charge. « L’état congolais devra adopter un plan d’action pour souligner l’importance fondamentale de la santé mentale par rapport à la qualité de vie », a souligné Makela, étudiant en médecine.

SOURCE D’INSECURITE

La négligence dont souffrent les malades mentaux est considéré par certains compatriotes comme un facteur de déstabilisation politique et d’insécurité. Vers les années 98, il avait été prouvé que les malades mentaux étaient un facteur d’insécurité, a souligné un commandant de la police qui a requis l’anonymat. Non pas que les malades en soi aient été vraiment un problème. Mais, en ne s’occupant pas de ces malades, on favorise l’infiltration de l’ennemi, par exemple. Le déguisement d’un ennemi en un malade mental est monnaie courante non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. Et lorsque, l’Etat prend en charge ces malades, les résultats sont attendus à deux niveaux : l’un social et l’autre sécuritaire, a souligné ce policier. Zéphy VULA

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