Vivement un compromis politique pour désarmocer la bombe électorale
vendredi 13 octobre 2017

* Piégé par le contexte politique, Corneille Nangaa ne saurait rien faire.

L’atmosphère reste quelque peu polluée dans le ciel politique rd congolais. A un peu plus de deux mois du 31 décembre, date prévue pour la tenue du scrutin au pays, la classe politique part divisée. D’un côté, les tenants de la thèse d’une nouvelle Transition sans l’actuel Président de la République, Joseph Kabila. De l’autre, ceux qui estiment que l’on peut organiser les élections au-delà des échéances convenues dans l’Accord du 31 décembre 2016.

A priori, l’une et l’autre approche portent des germes d’une implosion de la RD Congo. La situation est telle que si rien n’est fait, le pays risque d’aller droit vers le chaos. Les différents protagonistes de l’impasse politique actuelle du pays ne l’ignorent pas.
Que faut-il donc faire face à ce tableau O combien sombre ? A cette problématique de brûlante actualité, nombre d’analystes estiment qu’il n’y a pas de solution magique pour sauver le pays.
Devant une crise politique, la solution ne peut aussi qu’être politique. Par conséquent, la recherche d’une issue concertée s’impose.

A QUI LA FAUTE ?

La situation politique en RD Congo ressemble à celle d’une case qui prend feu. En pareille circonstance, la sagesse conseille que tous les occupants doivent taire leurs querelles internes pour sauver les meubles. Il s’agit pour le coup, de mettre la RD Congo, patrimoine commun, à l’abri de toute implosion. La menace est là. Et les risques sont bien réels.

CONTRAINTES
Au jour d’aujourd’hui, le problème ne consiste pas à savoir qui a tort et qui a raison. Bien au contraire. Le vrai débat devrait plutôt se focaliser sur l’évidence. Et la réalité est celle qui démontre que les élections n’auront pas lieu au cours de cette année. Secret de polichinelle ? Rien de tel. La vérité, c’est que déjà dès le premier trimestre de l’année en cours, tout le monde s’était rendu compte de l’impossibilité d’organiser les élections cette année.
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), n’avait de cesse de rappeler les différentes contraintes qui militent en faveur du report des élections tant attendues. Et, à toutes les fois que l’occasion lui en donne, Corneille Nangaa est demeuré constant dans son propos.

LA CENI PIEGEE PAR LE CONTEXTE POLITIQUE

Tout le malheur du numéro 1 de la Centrale électorale, tient au fait qu’il soit piégé par le contexte politique de l’heure. Ce, aussi bien sur le plan externe qu’externe. En interne, par exemple, la Conférence épiscopale nationale du Congo, architecte de l’Accord du 31 décembre 2016, se sent quelque peu flouée. Moralité, elle a récemment déclaré le plus officiellement du monde, ne plus être disposée à conduire un énième Dialogue aux fins de trouver une solution à la crise politique qui plane au crépuscule de l’année 2017 en cours.
Cependant, nombreux sont des observateurs qui pensent que cette position de l’Eglise catholique rentre dans la logique de sa lutte traditionnelle. C’est que l’Eglise catholique, a souvent réclamé la présidence de la CENI, en tant qu’institution citoyenne d’appui à la démocratie.
En externe, on connaît la position de certaines puissances occidentales qui attendent de pieds fermes une " révolution " populaire en RD Congo après décembre prochain.
Depuis, le compte à rebours semble déjà avoir commencé. Jour après jour, on procède au décompte. Un peu comme dans une rencontre sportive très attendue et de grands enjeux où des milliers de supporters attendent impatiemment le coup d’envoi de l’arbitre.

COMPROMIS

La question consiste également à savoir ce que le discours technique de Corneille Nangaa peut encore changer de plus fondamental, là où des lobbys étrangers n’agissent plus à visage caché ? Quand on sait que nombre de ces mêmes puissances occidentales ont tourné le dos au Président Joseph Kabila, toutes les intrigues semblent bien claires. Face à une population paupérisée et qui croit que le salut viendra des élections, il n’y a point d’alternative contraire, si ce n’est un compromis politique. Non seulement pour apaiser les esprits déjà chauffés à blanc, mais aussi et surtout, pour sauver la Nation. Toute la Nation. La métonymie tient donc à cela.
Grevisse KABREL

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