Le revers de la personnification des enjeux du pays
jeudi 19 octobre 2017

Une question qui ne devrait pas en être une, mais qui en devient une, contexte zaïro-congolais oblige : qui a été élu au Conseil onusien des droits de l’homme ? La RDC ou Joseph Kabila ? La RDC assurément.
Cela devrait donc constituer un motif de fierté pour tous les Congolais. Ceux estampillés kabilistes comme ceux qui battent pavillon "opposition" ; ceux évoluant sous couvert de la nébuleuse Société civile comme la majorité silencieuse. C’est comme, mutatis mutandis, lorsque l’équipe nationale de foot gagne.
Problème, depuis la Transition Mobutu la conscience nationale et son corollaire, le patriotisme, se déclinent à l’aune du positionnement des acteurs politiques. Selon que l’on est aux affaires ou dans l’opposition, on ne regarde pas son pays de la même manière.
Ainsi, au nom du combat anti-Kabila, des opposants ont déployé des trésors d’énergie pour empêcher que leur propre pays ne siège au Conseil des droits de l’homme. L’élection à ce graal mondial des droits humains étant considérée comme la victoire non de la RDC, mais de l’homme Kabila et ses affidés !
C’est là que le bât blesse. C’est cela aussi le mal congolais. La politisation, mieux la personnalisation de tout. Y compris, hélas, des enjeux qui dépassent largement le cadre de nos bisbilles politiciennes. Depuis les années 90, le pays a énormément perdu à cause de cette individualisation à outrance.
Des Opposants ont sillonné l’Europe et l’Amérique pour plaider contre l’aide au Zaïre. Une assistance qui, aux yeux de l’Union sacrée, risquait de requinquer Mobutu. Cette croisade de l’Opposition radicale eut pour conséquence l’amplification du boycott contre un pays déjà exsangue et qui venait de connaître deux pillages.
Au finish, les sanctions ont achevé de paupériser les Zaïrois et porté un dernier coup d’estocade à l’image du pays sur fond de désacralisation du pouvoir. Une patate chaude dont a hérité le Régime post-Mobutu. Voilà que l’histoire semble se répéter.
Terminons comme nous avons commencé. C’est-à-dire par une autre question…bête. Qu’est-ce que les opposants d’aujourd’hui feraient du siège conquis par le "pouvoir" Kabila si demain ils accédaient aux responsabilités ? José NAWEJ

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