OCCUPATION ILLEGALE DU SITE AGRICOLE DE KINDIBULA A MONT NGAFULA
Les premières destructions suscitent une vive polémique
jeudi 19 octobre 2017

Quelques maisons construites anarchiquement sur le site agricole de Kindibula, dans la commune de Mont Ngafula ont été démolies par des tracteurs convoyés par des éléments de la Police dûment mandatés. Le site s’étend du triangle du Campus jusque vers le monastère catholique situé aux confins du quartier Kindele.

L’équipe chargée de cette opération a, selon les témoins, déclaré qu’elle exécutait les ordres reçus des autorités urbaines. Cependant, des voix se sont élevées pour dénoncer le caractère sélectif de cette destruction. D’où, toute la polémique. « On ne comprend pas trop le mobile de cette démolition », déclare Siméon Mwata. D’aucuns parlent d’une sorte de pression dont le but est de pousser les occupants à se cotiser en vue de calmer les ardeurs des commanditaires.
Mbaki Nzinga affirme pour sa part que cela se passe toujours ainsi. « Ce n’est pas la première fois qu’on nous menace ». Nous allons nous organiser, l’orage va passer,. », dit-il, confiant.
Pour les agriculteurs, si c’est important de nettoyer le site, le travail, lui, a été fait d’une manière superficielle. Même s’il s’agit d’un avertissement, soulignent-ils, il aurait fallu procéder à un inventaire pour séparer les agriculteurs de ceux qui ne le sont pas. C’est seulement après qu’on évacuerait ceux qui ne travaillent pas la terre.
Selon Ndungi Crispin qui exploite un lopin de terre : « Le travail n’est pas bien fait.
Pour Vanille Yawudi, l’idée de détruire ces maisons est bonne en soi. Mais, il faut fournir un effort d’identification de ceux qui occupent illégalement le site et les en expulser. Quant à ceux qui ont acheté des parcelles au-delà des limites de l’espace agricole, ils doivent être sécurisés. Il souhaite, par ailleurs, que le terrain récupéré soit attribué aux agriculteurs. « Nous éprouvons beaucoup de difficultés pour exploiter notre espace. Nous travaillons sous contrat. Nous louons ce terrain d’environ 10 mètres sur 10 », confie-t-il. Il loue un lopin de terre sur lequel il cultive. Il a cependant refusé de révéler le montant du loyer.
Notre effort de rencontrer le chef du quartier n’ayant pas abouti, nous avons rencontré un autre fonctionnaire du bureau qui nous a donné son avis. Pour lui, il est difficile de récupérer ces terrains dans la mesure où les gens les occupent en bonne et due forme. Ils possèdent des documents officiels livrés par des autorités du pays. Difficile donc de les évacuer.
Le point focal du site, M. Kalombo, n’a pas voulu prendre position dans ce débat déclenché par la démolition de quelques bâtiments.
Au-delà de la polémique, la situation demeure confuse. Selon les informations en notre possession, ce lieu n’a pas été occupé en un jour. Pour Mme Mado, la soixantaine révolue, le terrain qu’elle exploite est une propriété de sa défunte mère qui lui appris à cultiver les champs.
A la mort de celle-ci, elle a décidé de continuer à labourer la terre. Mais, certains autres dans la même situation, ont préféré vendre les terrains aux non-agriculteurs. Certains ont acquis ces terrains par les chefs coutumiers et d’autres, auprès des autorités communales. C’est toute la difficulté dans cette situation inextricable, comme l’a dit un agent du bureau du quartier que nous avons abordé.
Mme Mado, elle, n’évoque qu’un souvenir. Celui de l’époque où ces terrains étaient couverts de cultures maraîchères. Elle se plaint du fait que de plus en plus les champs sont envahis par des constructions. « Il n’y a pratiquement plus d’espace vert, regrette-t-elle.
La donne la plus importante dans la situation du site agricole de Kindibula est la détermination du gouverneur de la ville de protéger ce site. André Kimbuta Yango, a-t-on appris, avait juré, à la clôture de la 2ème foire agricole de combattre tous ceux qui spolieraient les terrains occupés par les maraîchers.
Le travail doit se faire méticuleusement sous forme d’un recensement en vue de déceler les non-agriculteurs qui s’infiltrent dans ce site agricole, un des greniers de la ville de Kinshasa. La difficulté se situe au niveau de ceux qui ont acquis leurs parcelles à la régulière. Car, entre les occupants non-agriculteurs et les agriculteurs, il est difficile de faire la part des choses. L’arbitrage de l’autorité urbaine demeure la seule voie royale pour résoudre définitivement ce problème. Zéphy VULA

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