REUNIS DEPUIS HIER A ADDIS-ABEBA
Des journalistes africains débattent de leur rôle par rapport à l’Agenda 2063 de l’UA
vendredi 17 novembre 2017

Plus de 70 professionnels des médias africains prennent part à la 3ème édition du " Dialogue de haut niveau avec les médias en Afrique ", ouverte depuis mercredi 15 novembre 2017 à Addis-Abeba, en Ethiopie. Organisée par Initiative des Médias en Afrique (AMI), cette rencontre de deux jours a pour thème : " le rôle des médias dans le développement de l’Afrique, l’autonomisation des femmes et leur soutien a l’Agenda 2063 de l’UA ".

L’un des objectifs du Dialogue est de concevoir un plan d’actions pour la mise en œuvre du consensus de Vaal en Afrique du Sud (1ère édition et de la Déclaration Maseru, au Lesotho (2ème édition). Il est aussi question d’offrir aux professionnels des médias un cadre de réflexion sur la façon dont leur rôle, tel qu’il est envisagé dans l’Agenda 2063, peut être traduit concrètement. D’autre part promouvoir l’Agenda 2063 par la formation et le renforcement des capacités des médias africains.
Pour cette première journée, les différents intervenants ont planté le décor de ce que seront ces échanges entre professionnels des medias venus de toute l’Afrique.
Tous ont relevé, le rôle combien important des médias dans le développement du continent. Par rapport à cette problématique, ils ont soutenu que les médias sont un partenaire essentiel . D’où leurs responsabilités est engagée dans le cadre de la vulgarisation de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Les médias sont donc responsables du changement que l’Afrique veut élargir dans le rôle des femmes du continent pour les sortir du cadre actuel de la pauvreté.
Désormais, il est impérieux pour les journalistes de faire part des solutions plus que des problèmes en Afrique. Ils doivent contribuer à la paix pérenne et faire preuve d’initiatives de manière à créer de nouveaux canaux de communication pour attirer la population. A cet effet, il est important de soutenir les médias pour parvenir à cette finalité.
Le problème du financement des médias en Afrique a également été évoqué. Les intervenants ont reconnu que c’est une question récurrente car, elle permettra au final de redéfinir le rôle des médias.
Eric Chinje de AMI a relevé le fait que le monde ainsi que l’Afrique vont mal, raison de plus pour les journalistes africains de se mettre ensemble et parler d’une même voix. Il a noté que vers les années 2000, il avait un nouvel espoir de l’Afrique. Mais, celui s’est effrité avec des tensions partout dans le continent. Les médias ne vont pas pour autant baisser les bras. Ils doivent changer leur façon de travailler.
" Que disent les autres de l’Afrique ? Quel est le rôle des médias africains ? Qui contrôle les médias africains ? Eric Chinje estime que c’est l’Afrique elle-même qui contrôle les médias du continent. C’est à ceux-ci de commencer à changer la façon dont l’Afrique est perçue. Il fait allusion aux perceptions courantes de l’Afrique qui renvoie aux maladies, aux catastrophes pourtant cela constitue un discours qui émane du passé et qui est façonné par les médias étrangers. Ils vont toujours du continent perdu, sans espoir par des personnes qui ne connaissent pas l’Afrique. Si les Africains eux, redigent leur propre histoire, une dizaine de journalistes africains disent la même chose pensez-vous qu’un autre média viendra nous contredire ?, s’interroge-t-il. A cette question, il répond par une négative. « Non «  !
Le manque de moyens pour les journalistes a constitué aussi un point de débat houleux. Pour Eric Chinje de AMI, le point de départ n’est pas la recherche des fonds, mais le journaliste. Celui qui n’a rien, ni les moyens, ni la possibilité de faire le reportage avec des problèmes imaginables. Un journaliste qui fait la différence, c’est celui qui se pose la question : avec les possibilités limitées dont je dispose qu’est ce que je peux réaliser par rapport à un tel sujet de reportage ou d’enquête. Peut-être en tentant de le faire qu’un organisme ou une personne qui constate sa volonté peut l’aider. C’est ainsi qu’il dit-on tout commence par le journaliste.
La situation politique en Afrique au regard de la gouvernance a suscité un débat assez mouvementé. Pour l’un des intervenants, l’Afrique est à la fois en pleine évolution et en pleine transition. Un autre é estime que l’Afrique est en train de régresser. A ce sujet, la réalité est que de part et d’autre, il y a des arguments. Même si ces gens ne veulent pas changer, ils ne vont pas durer éternellement. C’est donc la transition.
Pour les uns, il est clair que l’Afrique a régressé par rapport à ce qu’elle a été d’il y a dix ans. Pour les tenants de cette thèse, ce que les hommes politiques africains se permettent de faire aujourd’hui, ils ne pouvaient pas se le permettre au cours de la décennie passée. Parce qu’il y a dix ans, un mouvement assez fort à travers le continent avait été engagé dans la bonne gouvernance pour que le continent change. Ces mêmes hommes politiques et femmes ont compris le jeu. Ils ont compris comment ils pouvaient manipuler la population.
Par contre, les 17 ans, entre 2000 et 2017 aujourd’hui, ont permis aux dirigeants qui, à un certain moment, étaient fragilisés et ne voulaient pas changer. Quand les populations ont voulu contourner ce changement, ils sont devenus plus dangereux qu’avant.
La femme africaine est beaucoup plus libre qu’il y quelque 15 années. Beaucoup de médias africaines ont connu la liberté. On peut les menacer, les punir mais ce n’est pas difficile d’éteindre ce « feu ». Mêmes dans ces difficultés que le peuple est en train de vivre, l’Afrique est en train de changer.
Des représentants des Agences et programmes des Nations Unies, du NEPAD et d’autres sont présents à cette rencontre des hommes et des femmes des médias du continent. Ils apportent leurs contributions et expériences aux débats.
Dina BUHAKE
Envoyée spéciale à Addis-Abeba

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