AU TERME DE TROIS JOURS DE REUNION A NAIROBI
Les médias africains invités à s’approprier le débat sur les besoins réels des populations
lundi 4 décembre 2017

A l’initiative de African Media Initiative (AMI) et de American Friends Service Committee (AFSC), il s’est tenu, du 27 au 29 novembre dernier à Nairobi, un forum « Dialogue Exchange Programme (DEP) » sur le thème : « la responsabilité des journalistes dans la prévention des violences liées aux élections ». Ces trois jours de discussions dans la capitale kenyane ont permis aux participants de conclure que les médias peuvent, avec la qualité des messages, des faits, des analyses économiques beaucoup plus crédibles et avec l’utilisation des données, orienter les élections vers la recherche de solutions d’une part. Et d’autre part, éloigner ces élections des conflits qui deviennent de plus en plus la réalité quotidienne à travers tout le continent. Ils ont été invités à prendre en charge le débat national quotidien sur des questions qui touchent à cœur les populations africaines et qu’il ne soit l’apanage des hommes politiques.

Il y a de plus en plus un niveau élevé de conscientisation des journalistes de parler des problèmes et des défis en matière de développement africain et de penser qu’il est temps de prendre le destin du Continent en mains. Des représentants des médias, de la Société civile, du monde académique et autres partenaires ont, au cours de la rencontre de Nairobi qui a tourné autour des élections, essayé de mieux cerner ce problème et comprendre jusqu’où les médias peuvent aller pour aider les citoyens à juguler ou à même repenser les problèmes dont ils font face au quotidien.
C’est ainsi que les participants venus d’une dizaine de pays ont, au cours de ce séminaire, enrichi la réflexion des uns et des autres en commençant par situer les élections, à donner leur importance et en même temps aider les populations africaines à comprendre que la vie existe au-delà des ces élections. Ils ont estimé qu’il est important que les élections soient désormais bien gérées par les hommes et les femmes des médias.
A ce titre, le rôle du journaliste est d’informer la population, diriger un débat axé sur des problèmes réels de la société notamment l’agriculture, la santé, les infrastructures, l’éducation, l’intégration nationale et régionale, le changement climatique. Tous ces sujets, peuvent être insérés dans le débat des hommes politiques autour des élections.
En d’autres termes, les médias peuvent orienter leurs messages sur des programmes politiques intéressants de manière à aider les populations à identifier les vrais projets de société qui ont un impact sur le développement des pays africains, et non à se fier aux hommes politiques.
C’est en procédant de la sorte que les médias peuvent participer au changement de la direction de tout ce qui est émotionnel et rentrer sur tout ce qui est basé sur les vraies données. Au cœur de tout cela, c’est la bonne gouvernance qui est liée aux élections, au bien-être des populations. Ils ont noté que ce ne sont pas les élections qui vont déterminer la qualité de vie des uns et des autres, mais sont juste un des éléments. Donc le rôle que jouent les médias est tellement clé qu’ils peuvent faire que la nature du débat change, qu’ils peuvent amener les gens à mieux avoir ce qui est important au-delà des élections.

RECHERCHER DES SOLUTIONS

Pour les participants, c’était un débat axé sur la recherche de solutions « le fait de se mettre autour d’une même table avec des journalistes, la société civile, bref des gens qui sont venus d’une dizaine de pays, nous avons tous réalisé que nous avons entre nos mains en tant que journalistes et société civile, les réponses à tous ces problèmes qui préoccupent le peuple africain. Mais malheureusement, il a été laissé aux hommes politiques qui jouent seuls en maître ». « Si nous pouvons sortir de ce cadre et mettre l’accent sur le développement de ce qui touche à nos populations, nous allons éviter toute violence qui vient des politiques. Que les médias jouent pleinement leur rôle, comprennent que la paix dans le Continent en dépend. Et si les journalistes avec la société civile peuvent se mettre au travail, l’avenir de l’Afrique se lira autrement. Mais, malheureusement, nous avons laissé tous entre les mains des gens qui se battent pour eux-mêmes, l’homme politique se bat pour le pouvoir et veut l’avoir à tout prix. », ont estimé les participants
C’était ainsi que l’un des objectifs de cette rencontre a été ce que les deux parties pouvaient faire, en tant que journalistes et société civile, pour trouver des réponses aux vraies questions qui touchent à la vie quotidienne des citoyens africains et avec cela, éviter la violence qui est le résultat très souvent des guerres politiques.
Le DEP visait à contribuer à la promotion de la paix durant les processus électoraux, à travers un journalisme sensible à la paix, au développement afin que le continent ne soit pas victime des violences électorales continues. Il était aussi question d’engager un dialogue entre les professionnels des médias et la société civile, les gouvernements et les communautés locales afin de promouvoir une culture de renforcement du développement des messages et des initiatives de paix au cours du processus électoral sur le continent.
AMI est une organisation panafricaine qui a pour objectif de promouvoir le développement des médias pluralistes en tant qu’élément essentiel et nécessaire de la gouvernance démocratique, ainsi que du développement économique et humain en Afrique. L’organisation a été créée en 2010 et son siège se trouve à Nairobi, au Kenya.
Par contre, l’AFSC est une organisation qui met actuellement en œuvre un cadre de sécurité commun en Afrique, basé sur la prévention de la violence liées aux élections. Ce, à travers la promotion de la paix et de la solidarité durant les périodes électorales selon la vision fondée sur la croyance en « Ubuntu ». Celle-ci, préconise des résolutions des conflits par des moyens pacifiques, proposant des recommandations politiques et pratiques non-violentes.

Dina BUHAKE
De retour de Nairobi, Kenya

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