DANS SON DERNIER RAPPORT
Ida Sawyer pour la suspension de l’aide au processus électoral !
jeudi 7 décembre 2017

* Elle exhorte la communauté internationale à réorienter l’aide au Gouvernement vers des ONDGH.

Dans son blog, elle s’offre cette présentation : "Ida Sawyer est Directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Elle était basée en République démocratique du Congo depuis janvier 2008, dans un premier temps à Goma, et à partir de 2011 à Kinshasa, la capitale. En août 2016, les autorités ont empêché Ida de continuer à travailler dans le pays, après une série de publications de Human Rights Watch sur la répression politique. Elle est désormais basée à Bruxelles, où elle supervise les projets de Human Rights Watch sur la RD Congo, le Rwanda, le Burundi et la République centrafricaine. Ida a mené des recherches à travers la RD Congo, ainsi que dans les zones du nord de la RD Congo et des pays voisins où sévit l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA), et ses recherches sont à la base de nombreux rapports de Human Rights Watch. Elle mène également des activités de plaidoyer de haut niveau avec des responsables congolais et des acteurs internationaux, ainsi que des activités de sensibilisation avec des groupes locaux de la société civile. Ida a rejoint Human Rights Watch depuis Le Caire, où elle travaillait comme journaliste indépendante...".

Dans son blog, elle publie des tribunes et des articles qui font d’elle plus une chroniqueuse politique qu’une experte en matière des Droits humains. Evidemment, elle était journaliste en Egypte. A preuve, son répertoire d’articles parus du 2 décembre 2016 au 4 décembre 2017. Sur la RD Congo, 45 articles au total, sans compter les Rapports de HWR, des interviews à la presse, des prestations dans des thinks tanks, des universités, des institutions gouvernementales etc.
Alors qu’elle dit superviser des "projets de Human Rights Watch sur la RD Congo, le Rwanda, le Burundi et la République centrafricaine", sa chronique est plutôt focalisée sur le Congo-Kinshasa. Sur, le Burundi, le Rwanda et la RCA, l’essentiel est consacré aux Rapports, aux Déclarations, aux Communiqués et aux Lettres. La plupart des articles reproduits sur le site de HRW et non sur son blog sont signés par d’autres personnes.
C’est bien là la preuve de l’intérêt qu’elle porte sur la RD Congo au point, hélas !, de la transformer en fixation sur l’homme à abattre, en l’occurrence Joseph Kabila, et cela quel qu’en soit le prix pour le pays et son peuple.
Elle fait sienne la logique selon laquelle la fin justifie les moyens.
Son Rapport intitulé "Mission spéciale : Recrutement de rebelles du M23 pour réprimer les manifestations en République démocratique du Congo" en est évidemment un.

CONSEQUENCE DRAMATIQUE
Ida Sawyer recommande certes au Secrétaire général et au Conseil de sécurité de l’Onu, aux bailleurs de fonds internationaux (y compris l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et l’Oif) de "Suspendre tout soutien aux forces de sécurité congolaises, toute aide financière directe au gouvernement congolais", mais elle va plus loin puisqu’elle réclame en même temps la suspension de "tout soutien au processus électoral jusqu’à ce qu’il y ait une volonté manifeste d’organiser des élections crédibles et de garantir un climat propice à des élections libres et équitables, et jusqu’à ce que des mesures concrètes soient prises pour mettre fin aux violations des droits généralisées dans le pays et pour traduire en justice les responsables, quel que soit leur rang".
Ce n’est pas tout. Elle précise : "De telles mesures pourraient comprendre : un engagement public et explicite de la part de Kabila selon lequel il quittera ses fonctions et ne cherchera pas à modifier la Constitution".
Pourtant, dans le même rapport, elle demande au Président de la République de "Respecter la Constitution et l’accord de la Saint-Sylvestre en se retirant de la présidence d’ici la fin du mois de décembre 2017", comme si c’est de cela qu’il s’agit dans ces deux textes !
A la communauté internationale, elle dit en plus : "Si Kabila quitte le pouvoir avant l’organisation des élections, surveiller activement et appuyer les efforts pour établir une autorité de transition, qui serait dirigée par des personnes qui ne pourraient pas se présenter aux futures élections et qui aurait pour objectif principal d’organiser des élections crédibles et pacifiques, de restaurer l’ordre constitutionnel, et de permettre un nouveau système de gouvernance, bâti sur l’état de droit et sur des institutions démocratiques fortes ".
Bien entendu, en mère poule prenant soin de ses petits, elle lui demande également de "Poursuivre le soutien à la mission de maintien de la paix de l’ONU, aux agences de l’ONU et aux organisations non gouvernementales qui fournissent une aide humanitaire et au développement, et aux organisations de la société civile et de défense des droits humains congolaises, notamment en redirigeant tout soutien financier direct au gouvernement congolais vers ces organisations".
Ainsi, l’aide financière destinée au gouvernement (pourvu qu’elle existe encore) et avec laquelle le gouvernement pourrait encourager les maraîchères à intensifier leurs cultures vivrières ou les cantonniers à entretenir les routes de desserte agricole sinon aux petites formations médicales d’acquérir du petit matériel de laboratoire doit, pour Ida Sawyer, être donnée plutôt aux ONGDH et aux mouvements pro-démocratie (Lire Editorial).

VERITABLE DIVERSION
Au fait, le Rapport du 4 décembre 2017 est une véritable diversion. Près d’une année consacrée à le rédiger, et on se retrouve avec l’impossibilité de s’édifier à partir des références livrées par l’équipe de rédaction. La formule qui y revient pour identifier les témoins est la même : "Entretien de Human Rights Watch avec un activiste, Lubumbashi, 19 janvier 2017". "Entretien de Human Rights Watch avec un combattant du M23, 19 février 2017". "Entretien de Human Rights Watch avec un journaliste, Kinshasa, 23 mars 2017". "Entretien de Human Rights Watch avec un responsable de la sécurité congolais, Bruxelles, mi-2017".
"Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un officier de l’armée congolaise, septembre 2017". Exception pour Bertrand Bisimwa : "Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Bertrand Bisimwa, 15 novembre 2017". Pour une affaire remontant à décembre 2016, les investigations auront continué jusqu’à novembre 2017 pour un résultat aussi vague.
Dans le même contexte, Ida Sawyer - qui évoque l’implication des hauts responsables militaires ougandais, rwandais et congolais dans cette affaire - fait exprès de taire les noms des premiers pour ne révéler que ceux des derniers. Et petite insolite, après avoir révélé dans son rapport le montant perçu par ces ex-éléments avant de se rendre en RDCongo (entre 500 et 300 USD), elle oublie d’y signaler ce qu’ils ont perçu au retour !
En attendant, la question est de savoir ce qu’elle a réellement dans sa tête lorsqu’elle réclame ouvertement la suspension de toute aide au processus électoral.
Les protagonistes congolais - Majorité, Opposition et Indépendants - devraient bien s’en inquiéter ! Car un esprit malin pour se résigner à y trouver une affaire de sous à prendre. Dans tous les sens. Et non des préoccupations électorales.
A suivre…
Omer NSONGO DIE LEMA/Analyste politique

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