APRES L’ECHEC DU JEUDI 30 NOVEMBRE ET CELUI D’HIER MARDI 19 DECEMBRE
L’Opposition appelée à changer sa stratégie de lutte
mercredi 20 décembre 2017

* Au lieu de recycler une recette qui ne semble plus du goût des Congolais, le Rassop devrait plutôt se concentrer sur les préparatifs du scrutin du 23 décembre 2018.

Pas de manif populaire hier, mardi 19 décembre dans les rues de Kinshasa. Aucune grande figure de l’Opposition n’a été perçue à la tête d’un quelconque groupe de manifestants. Bref, la marche pacifique du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, annoncée pour ce jour, n’a plus eu lieu. Car, la veille, le gouverneur de la ville de Kinshasa, dans une correspondance adressée au Secrétaire général de l’UDPS, avait clairement déclaré qu’il ne prenait pas acte de cette manif.

En lieu et place d’une marche populaire, les Kinois ont plutôt assisté au ralentissement des activités dans la ville. Certains transporteurs en commun n’ont pas desservi leurs lignes habituelles. De même pour certains tenanciers des magasins qui n’ont pas ouvert leurs échoppes. Non pas tant par adhésion à l’action de l’Opposition, mais beaucoup plus par peur de faire les frais de l’insécurité que charrie souvent ce genre de manif. Car, nombreux sont des Kinois qui redoutent d’éventuels dérapages, consécutifs à une manifestation de rue organisée par l’Opposition. Plus honnêtement, il s’agit d’un deuxième raté, après celui du jeudi 30 novembre dernier. Et donc, en l’espace d’un peu plus de deux semaines, le Rassop aligné deux contreperformances ! Dans les rues de Kinshasa, chacun y va de sa lecture. Certains estiment que la recette que propose actuellement l’Opposition, n’est plus du goût commun de la majeure partie de la population de Kinshasa. D’autres pensent aussi que l’organisation des marches et des villes mortes sont des stratégies qui ne sont plus adaptées au contexte sociopolitique réel du pays. D’où, l’exhortation faite au Rassemblement, de revisiter ses méthodes de lutte.

SE CONCENTRER SUR L’ESSENTIEL
Onze jours seulement nous séparent de la fin de l’année 2017. L’année qui commence ne sera pas ordinaire pour les Congolais. 2018 sera donc une année électorale. Le calendrier publié par la Commission électorale nationale indépendante prévoyant le très attendu scrutin présidentiel pour le 23 décembre de l’année prochaine. Et donc, à partir du 1er janvier prochain, devra commencer le compte à rebours. Pour tout acteur politique ayant des ambitions de postuler à quelque niveau du vote, l’heure est donc aux préparatifs de ces scrutins. C’est essentiellement ici que des analystes conseillent à l’Opposition de recadrer ses méthodes de combat politique.
" Si l’objectif principal des actions de l’Opposition est de faire partir du pouvoir, l’actuel Chef de l’Etat, ce n’est pas par des marches ou des "Journées villes mortes " que l’Opposition pourrait prétendre y parvenir. Les élections étant le seul moyen de conquête démocratique du pouvoir, il est du devoir du Rassemblement de se préparer en conséquence pour battre le représentant de l’actuelle majorité lors du prochain scrutin ",argue un observateur indépendant. A partir du moment où il existe un calendrier électoral publié depuis plus d’un mois et qui a même été accepté par la Communauté internationale, nombreux sont des Congolais qui pensent que toute action ne concourant pas aux préparatifs des élections annoncées, relève d’une simple distraction. Mieux, d’un folklore aux fins inavouées.
Que les affidés du Rassop se réjouissent du fait que la marche interdite d’hier, se soit muée en une sorte de "Journée ville morte", on devrait alors s’interroger fondamentalement sur le but de cette manifestation. En tout cas, ce n’est pas ça qui pourrait déboucher sur une alternance démocratique du pouvoir au sommet de l’Etat. Encore que la notion même d’alternance politique ne doit pas être comprise comme un changement mécanique du pouvoir entre deux camps politiques idéologiquement opposés. C’est plutôt les élections et elles seules, qui pourraient consacrer le changement au sommet de l’Etat. Ainsi, on aurait un Président de la République issu de l’Opposition, par exemple, parce que victorieux du scrutin. Ou l’inverse aussi, parce que, pour le cas de figure en RD Congo, il n’existe aucune disposition constitutionnelle qui interdit à la Majorité présidentielle (MP) au pouvoir, de présenter ses ou son candidat(s) à la magistrature suprême. Le but de tout parti, comme force politique véritablement organisé, étant de conquérir le pouvoir et de le conserver le plus longtemps possible.
En ce qui concerne le Rassop, des voix s’élèvent de plus en plus pour dire qu’il serait beaucoup plus compréhensible que, dans le cadre de sa lutte pour le pouvoir, des actions soient menées en vue de contraindre le pouvoir à parachever la mise en oeuvre des mesures de décrispation politique. En particulier, en rapport avec les dits « emblématiques ». A savoir les prisonniers Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo d’une part et de l’autre, le retour au pays de Moïse Katumbi. Grevisse KABREL

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