RETRO ENVIRONNEMENT 2017
La découverte des tourbières, la ratification de l’Accord de Paris…ont marqué 2017
vendredi 29 décembre 2017

(Par Fyfy Solange TANGAMU, sous la coordination d’Yves KALIKAT)

Trois événements majeurs ont marqué le secteur de l’environnement en République démocratique du Congo au cours de l’année 2017 : la découverte des tourbières dans le bassin du Congo, particulièrement à Lokoloma, en plein cœur de la province de l’Equateur,la participation à la COP23 et la ratification de l’Accord de Paris par le Gouvernement congolais.

C’est en cette année finissante que la RDC a rejoint formellement le concert des Nations dans la lutte contre le réchauffement climatique, devenant ainsi le 171ème Etat à s’inscrire dans la logique de cet accord historique. Le ton a été donné, au seuil du mois de décembre en cours, par le président Joseph Kabila. Il a, en effet, apposé sa signature sur l’Accord de Paris, après l’aval de deux Chambres du Parlement qui ont procédé au vote pour autoriser le pays à s’inscrire dans le combat universel pour la protection de l’environnement.
Le bassin forestier du Congo, dont la RDC couvre la plus grande superficie, joue un rôle crucial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Concerné au plus haut point, Kinshasaaété convié à ratifier l’Accord de Paris afin de pouvoir bénéficier des fonds nécessaires pour soutenir la lutte contre le changement climatique. Conscientes de cet enjeu majeur, plusieurs organisations environnementales de la société civile ont lancé des plaidoyers tout au long de l’année auprès des instances dirigeantes du pays pour atteindre ce résultat.
C’est au cours de ’’la Réunion de concertation et de sensibilisation des décideurs politiques et parlementaires aux enjeux de la ratification de la Convention-cadre des Nations Unis sur les changements climatiques’’, organisé en août dernier, que le Fonds mondial pour la Nature (WWF) a procédé aux appels à la ratification de l’Accord de Paris. Ces assises ont notamment eu pour objectif de sensibiliser les décideurs politiques, les législateurs et autres partenaires à la nécessité et à l’urgence de cet Accord.

LES ENJEUX DE LA COP23

Un autre rendez-vous significatif dans le secteur a été la tenue de la COP23 du 6 au 17 novembre 2017 à Bonn, en Allemagne. Deux semaines durant près de 200 pays se sont retrouvés au bord du Rhin pour parler climat. Présidée par les îles Fidji, ces assises avaient pour ambition de ’’viser plus loin et plus vite tous ensemble’’. Une présidence clé qui devait, par l’occasion, faire entendre les voix des pays vulnérables, qui exigent que les pays riches tiennent leurs promesses de financement sur le climat.
Au cours de cette conférence, les pays africains- la RDC en particulier -ont déploré le décalage entre les promesses de financement et leur concrétisation. Bien que plusieurs plans d’action pour la finance soient mises en œuvre, les pays pauvres sont restés inquiets.
D’après nombre de ces Etats, le temps que les textes proposés par l’exécutif européen entrent en action d’ici deux ans, plusieurs îles du Pacifique auront déjà été rayées de la carte. L’autre préoccupation, l’ampleur des sécheresses sur le continent, une des conséquences majeures du réchauffement.
A ce propos, une des tâches principales attribuées à la COP23 était de préparer la mise en œuvre du compromis de Paris, qui stipule de limiter le réchauffement à 2°C, voire 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Et pour y arriver, il faut baisser les émissions de gaz à effets de serre, qui sont responsables du dérèglement climatique. Mais, le climat change déjà et ce sont surtout les pays pauvres qui en souffrent. D’où, la nécessité pour ces Etats de s’adapter, entre autres, aux sécheresses ou à la hausse du niveau de la mer.

LES TOURBIERES DU BASSIN DU CONGO
Autre fait saillant de l’année, la découverte, dans la province de l’Equateur, des tourbières, un des écosystèmes les plus riches en carbone. Selon les experts, les tourbières jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique. Inconnues encore du grand public, les tourbières découvertes à Lokolama, à quelques kilomètres de la ville de Mbandaka, ont été définies comme ’’des puits naturels de gaz à effet de serre’’, selon Dr Trinto Mugangu.
"Ces réservoirs de dioxyde de carbone (CO2) résultent de putréfaction des végétaux restés sous terre pendant des dizaines de milliers d’années sur un vaste rayon", a soutenu l’expert du ministère de l’Environnement lors d’une formation des journalistes congolais le 23 novembre dernier à Kinshasa.
"Les chercheurs congolais et britanniques qui ont découvert ces tourbières redoutent qu’avec la déforestation en cours dans cette zone que ces réserves finissent par libérer, dans l’atmosphère, l’important stock de CO2, renfermé jusque-là, au point même d’accélérer le réchauffement climatique", a renchéri Dieudonné Sidia, un des journalistes qui a pris part à la campagne de sensibilisation, menée fin octobre par Greenpeace dans la province du Kongo central, au sud-ouest de la RDC.

UNE BIODIVERSITE A PRESERVER

Par ailleurs, le bassin de la Lufira, situé dans le sud-est du pays, a été désigné comme l’un des plus grands sites Ramsar au monde. Ce choix permettra d’assurer une plus grande protection de cette partie et de sécuriser cette ressource en eau pour les communautés et la nature. Comme à Lokolama, des études devront encore être menées dans le bassin de la Lufira pour découvrir si le sous-sol renferme aussi des tourbières.
Du côté de la protection des espèces rares, la RDC, n’a cessé de faire part de sa bonne volonté dans la lutte contre le braconnage des éléphants et le trafic d’ivoire. Pour preuve, dans le cadre de la journée internationale de l’éléphant, le Gouvernement congolais et ses différents partenaires ont paraphé un acte d’engagement qui scelle cette volonté.
Grâce, à la mise sur pied du Plan d’action nationale pour l’ivoire (PANI), le trafic de l’ivoire à sensiblement baissé en RDC. Des descentes des inspecteurs du Parquet Général de Kinshasa et des éléments de la police sur le marché Bikeko ont à cet effet permis de saisir plus 30 kgs d’ivoire.

LUTTE CONTRE LE BRACONNAGE

Aujourd’hui, estiment certains observateurs, le marché d’ivoire n’existe quasiment plus dans la capitale congolaise, suite aux campagnes de sensibilisations des vendeurs quant à la vente illégale des produits et sous-produits de l’ivoire. Le braconnage intense de l’ivoire constitue une menace pour l’avenir de l’éléphant d’Afrique. Ce pachyderme, considéré comme une espèce menacée par l’ICCN, est placé en Annexe 1 de la Convention internationale des espèces de faune et de flore sauvage d’extinction (CITES) de 1973.
Bien que des efforts aient été fournis, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne la lutte contre le braconnage et le trafic des animaux. Tout au long de l’année, WWF et TRAFFIC ainsi que le réseau de surveillance du commerce de la flore et de la faune sauvage ont eu à tirer la sonnette d’alarme sur les attaques dont sont victimes les espèces sauvages dans la région de l’Afrique centrale.

REPRISE DE L’EXPLOITATION FORESTIERE
L’année 2017 a aussi été marquée par la levée de la suspension des activités d’exploitation forestière dans l’ex-Katanga, sur injonction du Gouvernement congolais. Après une série d’enquêtes menées par le ministère de l’Environnement et Développement durable, les failles ont pu être identifiées et des dispositions correctives prises pour prévenir et anticiper des pratiques jadis décriées.
Suite à cette décision, l’exploitation et la commercialisation du bois rouge ont été rendues possible, moyennant l’obtention d’un certificat spécial tenant lieu de permis d’exploitation, délivré par le Ministère de tutelle. La libération des bois saisis et entreposés durant cette période a été faite après vérification et contrôle interne.

UNE BASE DE DONNEES ENVIRONNEMENTALES
En matière de données environnementales, un processus d’évaluation des besoins nationaux en matière de production des rapports, à l’aide d’un système d’informations environnementales partagé (SEIS) a vu le jour, pour des évaluations environnementales intégrées (EEI).
Avec l’appui des Nations Unies et de l’Union Européenne, cette plateforme numérique devra contribuer à une bonne prise de décision en matière d’environnement avec des données crédibles et fiables. Une fois les données récoltées et traitées, ce système pourra être disponible et accessible à tous ceux qui en auront besoin.

LE PROJET "GOUVERNANCE FORESTIERE"
Dans le souci d’aller de l’avant et intégrer les populations autochtones à la protection des forêts et de leur environnement, WWF a lancé un nouveau projet dénommé "Gouvernance forestière 2017-2020".Une initiative censée faciliter la négociation entre les parties prenantes, notamment l’administration forestière, le secteur privé et la société civile, dans le renforcement de la gouvernance dans cinq provinces de la RDC.
Dans le même ordre d’idées l’UE a, de son côté, présenté, au cours du mois de mai, une nouvelle approche stratégique"Au-delà des éléphants". D’après cette approche,50% des actions que l’UE aura à mener dans le domaine de l’environnement sont adressés aux populations locales. Ce partenaire environnemental souhaite voir les actions liées à la conservation de la nature accorder une place importante aux droits sociaux des communautés riveraines.

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