Derrière l’anti-kabilisme proclamé
mercredi 10 janvier 2018

Dans la galaxie oppositionnelle, cela fait très tendance de faire porter tous les chapeaux à Joseph Kabila. Ce dernier est ainsi présenté comme l’Alpha et l’Omega de tous les maux dont souffre le pays.
Quelle vision, quel programme derrière l’anti-kabilisme proclamé ça et là ? Une question qui pourrait faire l’objet d’une dissertation en sciences politiques dans nos universités et nos grandes écoles. Un questionnement qui, surtout, débouche immanquablement sur le procès à charge et à décharge de l’Opposition. Ou plus exactement des oppositions au Président Kabila.
Certes, s’opposer à un pouvoir procède de la démocratie. Bien plus, la Constitution congolaise consacre l’existence de l’opposition. En l’occurrence, il y a des raisons de ne pas souscrire à la gouvernance Kabila.
Le problème, c’est que cet anti-kabilisme ne paraît sous-tendu ni par une vision connue, ni par une stratégie réaliste de conquête du pouvoir, ni par un programme alternatif. La démarche de nombre d’opposants ne se limitant qu’à du " tout sauf Kabila " ! Et après ?
Ce n’est pas à coup de slogans-quolibets, à coup de poncifs du genre " le peuple souffre " ou même d’invectives que l’Opposition arriverait à incarner une alternative positive au pouvoir en place. Pas plus que l’inflation d’oracles, de mots d’ordre, de sommations n’a pu inverser la tendance.
En ce début 2018, Joseph Kabila est bien là. La Constitution et l’article 70 en bandoulière. La transition sans Kabila, censée avoir débuté le 1er janvier, se fait encore…attendre. Un coup d’œil dans le rétroviseur renseigne qu’il y a eu aussi dans ce pays l’anti-mobutisme primaire mené tambour battant par des opposants qui peinaient, pourtant, à concevoir un programme de Gouvernement.
A la décharge de l’opposition d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui, quantité de facteurs. Cela va de l’inconstance du personnel politique consécutive à la précarité ambiante à la faiblesse conceptuelle de la plupart des partis politiques. Des formations politiques créées non sur base idéologique mais très souvent par pur opportunisme lié au positionnement du président-fondateur ou autorité morale. Pas sûr qu’il en soit autrement en 2018. José NAWEJ

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