REPRISE DU PROCES JEAN-PIERRE BEMBA
La défense de « Chairman » appelé à démonter l’argument de la responsabilité du chef hiérarchique
mercredi 10 janvier 2018

*Pour sa part, le MLC continue à soutenir que le dossier de son leader est vide.

Après 24 mois d’attente, le procès en Appel de Jean-Pierre Bemba Gombo, a effectivement commencé hier à La Haye. Les parties en présence notamment l’Accusation, les parties civiles et la défense ont devoir à donner à cette dernière étape de l’affaire leurs observations sur le jugement de 18 ans de prison qui condamne le chairman du MLC au premier degré ainsi que l’appel qui s’en est suivi. La défense va naturellement s’atteler à démonter le fondement de cette lourde condamnation.

Dores et déjà, on sait que le Parquet près la CPI depuis le tout premier à savoir le Chilien Luis Moreno Ocampo à la Gambienne Fatou Bensouda n’est jamais parvenu à établir de manière inattaquable le lien entre Jean-Pierre Bemba Gombo, chef du MLC et les crimes internationaux supposés être commis par ses militaires déployés en Républicaine Centrafricaine (RCA). C’était bien à la demande expresse du Président démocratiquement élu, donc légitime, Ange-Félix Patasse.
Ce dernier était durement confronté à la rébellion de François Bozize qui occupait presque tout le pays en 2002-2003. De même le Parquet a toujours systématiquement évité d’aborder la question du rôle joué par le Président centrafricain d’alors Ange-Félix Patasse dans ces crimes de guerre supposés commis par les hommes de Jean-Pierre Bemba Gombo. C’est justement là où le bât blesse. C’est là le hic et c’est là le mystère que la CPI n’a jamais élucidé.
Comment comprendre que Ange-Félix Patassé, qui avait fait venir les hommes de Jean-Pierre Bemba en RCA ne les avait pas stoppés alors qu’ils commettaient des crimes de guerre depuis plus de trois mois. Si crimes il y a eu, il n’en a jamais porté la responsabilité alors qu’il a laissé faire. Il est co-auteur avec le chef du MLC.
Or la Cour n’a jamais daigné l’entendre même de son vivant lorsque plusieurs fois il avait demandé à Luis Moreno Ocampo de venir comparaitre pour donner sa version des faits mis à charge du chef du MLC. Celui-là même qu’il appelait "fils venu à sa rescousse". La vérité c’est que pendant cette période de guerre de rébellion de François Bozize contre l’Etat centrafricain, l’Etat-major général de l’armée avait mis en place une Coordination des opérations militaires.
Toutes les troupes engagées sur le front recevaient les ordres de cette structure de commandement. C’est cela la logique même. La CPI n’a jamais voulu explorer cette piste qui aurait abouti à la responsabilité du Président Ange-Félix Patasse ainsi que le commandement de son armée. Même lorsqu’à l’époque, le général français Legras, Expert militaire et Professeur émérite à Saint-Cyr, commis par la CPI elle-même.
Après s’être rendu en RCA, il a déposé devant la Cour qu’il y avait à l’époque des faits, une Coordination des opérations dirigée par le chef d’Etat-major général de l’armée centrafricaine, la Cour n’en a jamais tenu compte. Elle l’a superbement ignoré. Pourquoi alors ? Nouveau hic. Nouveau bât qui blesse. Qu’est-ce à dire ? En mars 1997, feu le maréchal Mobutu, alors Président de la République du ZaÏre fait appel aux commandos aguerris de l’UNITA de Jonas Savimbi pour monter un verrou infranchissable face aux troupes de l’AFDL dans l’agglomération de Kenge, à 250 km de Kinshasa.
Pour suivre la logique de la CPI, si les hommes de Savimbi avaient commis des crimes de guerre contre les populations civiles à Kenge, celui qui devrait en répondre ce n’est pas Mobutu Sese Seko qui les avaient fait venir mais bien Savimbi qui les a mis à sa disposition par cette notion alambiquée de responsabilité du chef hiérarchique. Alors que le chef hiérarchique comme donneur d’ordre, c’était bien le capitaine Kongulu Mobutu dit "Saddam" qui commandait alors toutes les troupes engagées sur le front de Kinshasa à Kenge. On comprend dès lors pourquoi au MLC hier, ils étaient plus qu’optimistes. Sur l’ « Avenue du Port » on ne jurait que sur un acquittement pur et simple de leur chairman, son dossier judiciaire étant, à leur yeux, vide.
KANDOLO M.

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