PRESIDENTE DE LA NOUVELLE CHAMBRE DE COMMERCE NATIONALE
Caroline Poncelet Lokemba : "Nous devons dépasser l’étape festive du 8 mars pour nous focaliser sur les problématiques posées"
jeudi 8 mars 2018

Le monde célèbre ce jeudi 8 mars la Journée internationale de la femme. Placée sous le thème ’’L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes’’, cette journée interpelle les consciences de plusieurs dames qui s’évertuent à contribuer au développement du pays. Présidente de la Nouvelle Chambre de Commerce Nationale en République démocratique du Congo (NCCN - RDC), Mme Caroline Poncelet Lokemba fait le point ici des efforts menés pour booster les activités économiques des milliers de femmes entrepreneurs œuvrant au pays. Interview.

Mme Caroline Poncelet Lokemba, c’est quoi la Nouvelle Chambre de Commerce Nationale ?
La NCCN-RDC que j’ai initié est un groupement d’intérêt économique. Il encadre aussi bien des micros que de très petites entreprises. On y trouve de petites et moyennes entreprises (PME), de petites et moyennes industries, des artisans et de Grandes Entreprises. Ensemble, nous travaillons pour une économie réellement inclusive et plurielle.
Qu’est-ce qui vous a personnellement stimulée à créer cette Chambre de Commerce ?

Je suis premièrement femme entrepreneure.C’est à ce titre que, depuis plus de dix ans, je dirige Poncelet Market SARL, une entreprise qui a pour activités l’import et export, le commerce des bois, la distribution de divers produits de consommation, et particulièrement des vivres frais et secs de la RDC. J’ai aussi presté comme trieuse de diamant.Au regard donc de ma propre démarche d’entrepreneure, il s’est avéré nécessaire d’intégrer un regroupement professionnel pour bénéficier de renforcement des capacités et de mise en relation d’affaires. Il était, dès lors, risquant de travailler en solitaire. J’ai ainsi compris que les synergies entrepreneuriales nous amènent, nous les entrepreneurs, à mutualiser nos points forts et à minimiser nos faiblesses.
Etait-ce facile de passer d’entrepreneure solitaire en coordonnatrice d’opérateurs économiques ?

Vous savez, malgré les difficultés d’accès aux ressources, passer d’un "petit business" à un business plus ambitieux demande de la vision, de l’audace et surtout de la détermination, éléments qui contribuent à la réussite. Cette volonté, je l’ai forgée dès mon jeune âge, parce que la valeur de l’effort est ma tasse de thé quotidienne. Chaque jour en effet, nous devons décider de faire un pas, petit soit-il, puisqu’il faut toujours avancer. Nous devons ainsi sortir du sommeil pour faire de notre rêve une réalité. Nous devons conjuguer au jour le jour le verbe vouloir par le "Je veux" que par le "Je souhaite".
Jusque-là, combien de membres avez-vous déjà intégrés dans la NCCN-RDC ?
La NCCN-RDC fédère plus d’un millier d’entrepreneurs. Et chaque jour, nous enregistrons de nouvelles adhésions. Aujourd’hui en effet, nous avons une nouvelle race d’entrepreneurs congolais, qui sont conscients qu’il faut constituer une force et se doter d’un capital national. Des milliers des Congolais s’engagent ainsi à créer des pôles de métiers innovants, et ceux qui intégrent la NCCN-RDC sont déterminés à user de la liberté commerciale, garantie par les lois du pays. Chaque fois, nous incitons donc nos gouvernants à des facilités, et nous les en remercions des mesures d’application.
Sur l’effectif total de vos membres, quelle est la proportion des femmes entrepreneurs qui se sont affiliées à la NCCN-RDC ?

Les femmes constituent la majorité des membres de la NCCN-RDC. Elles sont détentrices des micros entreprises et d’entreprises performantes… Pour nous donc,"les femmes représentent le premier marché émergent de la RDC".Elles portent un potentiel économique important. Hier, la majorité des femmes dépendaient presque entièrement des hommes pour leur subsistance. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat féminin connaît un essor considérable. A la conjoncture économique difficile, les femmes déracinées, démunies et manquant de tout sont devenues les premiers leviers de développement dans notre pays, parce qu’elles montent facilement un petit commerce.
Que vous inspirent les thèmes annuels du mois de la femme ?

Il sied d’abord de rappeler que deux thèmes ont été retenus pour ce mois de mars. Sur le plan international, le thème retenu est formulé comme suit : ’’L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes’’. Sur le plan national, le thème est plus restrictif : ’’Investir dans la force productrice de la femme rurale : priorité de la RDC’’.Ces deux thèmes mobilisent plus la NCCN-RDC. Ils renforcent notre engagement dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire que subissent la majorité des femmes. Une situation qui les pousse à faire un entrepreneuriat de subsistance, avec peine et non pérennité.Les thèmes de ce 8 mars 2018 nous encouragent d’autant plus que la NCCN-RDC travaille à améliorer l’accès durable de ces femmes aux marchés. En effet, une partie très substantielle de la nourriture qui est importée en RDC pourrait être produite sur place avec, sans doute, des effets collatéraux positifs, non négligeables sur la qualité de l’alimentation.
Comment jugez-vous alors la manière dont les femmes célèbrent généralement la journée du 8 mars en RDC ?

Permettez-moi, d’interpeller nos consciences. Nous devons dépasser l’étape festive du 8 mars pour nous focaliser sur les problématiques posées à chacun des thèmes, et travailler pour qu’à la prochaine journée du 8 mars, nous puissions parvenir à analyser des indicateurs des résultats atteints. Les présents thèmes du 8 mars 2018 constituentun objectif du développement du programme d’accompagnement de la femme transformatrice des produits agricoles de la NCCN-RDC. Une contribution indispensable pour la sécurité alimentaire et surtout l’autonomisation économique de la femme, tant pour les producteurs ruraux que pour les consommateurs.
Quelles sont les activités que prévoit la NCCN pour célébrer ce mois de la femme ?
Dans la lignée de l’autonomisation économique des femmes, la NCCN-RDC a initié, sous mon impulsion, des programmes de renforcement des capacités des femmes, parce qu’elles constituent la majorité de nos membres. Pour elles, nous avons planifié des formations en vue du développement des chaines de valeurs des femmes transformatrices des produits agricoles. Nous avons aussi voulu les regrouper en un réseau de femmes opérant dans la distribution des biens de consommation.
Outre les activités du mois de mars, la NCCN-RDC projette-t-elle d’autres actions pour la promotion des femmes au courant de cette année ?

Bien sûr. Nos actions ne se limitent pas qu’au mois de mars. Le samedi 23 juin 2018, la Nouvelle Chambre de Commerce Nationale va organiser la deuxième édition du Salon des Femmes Entrepreneures en RDC. Dénommé ’’Entr’elles’’, cette rencontre aura lieu au Salon Okapi de l’Hôtel Venus, à Kinshasa. Il s’agit concrètement d’un Salon des Femmes Entrepreneures œuvrant en RDC. C’est un reflet du dynamisme entrepreneurial des femmes dans notre pays. Il permet de mettre au grand jour ces dames qui militent pour un esprit collaboratif entre elles par le renforcement de leurs capacités financières et leurs compétences managériales. Conforme aux thèmes annuels, le Salon’’Entr’elles’’ permettra d’inciter les femmes entrepreneures et, plus particulièrement, les femmes vivant en milieu rural et périurbain à formaliser leurs activités et à se professionnaliser.
A quels types de femmes est destiné ce Salon ?

Le Salon ’’Entr’elles’’ est ouvert à toutes les femmes entreprenantes, aux chefs d’entreprises, aux femmes politiques, aux diplomates, aux animatrices d’ONG ou ASBL, aux responsables des services publics ou privés… Bref, à toutes les couches susceptibles de mobiliser des volontés et des ressources. Des catégories dont nous pourrons renforcer les capacités, particulièrement les femmes détentrices des micros et de très petites entreprises (TPE).D’ici une dizaine d’années, notre économie devra engendrer des milliers d’emplois de manière à fournir un travail à tous. Et la meilleure manière de relever ce défi est d’encourager l’entrepreneuriat au féminin. Les femmes pourraient ainsi créer des milliers d’emplois si leurs entreprises croissaient au même rythme que celles des hommes. C’est donc une initiative à soutenir, car nous avons tous à y gagner. Propos recueillis par Yves KALIKAT

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