LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION D’ENQUETE SUR LES EVENEMENTS DES 31 DECEMBRE 2017 ET 21 JANVIER 2018
Marie-Ange Mushobekwa et Georges Kapiamba s’accordent sur le bilan de 14 morts
lundi 12 mars 2018

*« Le rapport de la Commission 3121 sera envoyé au ministre de la Justice qui devra ordonner des poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes », promet la ministre des Droits humains.

Les premières conclusions de la commission d’enquête sur les événements des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 ont été révélées. Au total, 14 personnes ont été tuées : 7 à chacune des deux premières manifestations appelées par le Comité laïc de coordination (CLC). Au cours d’une conférence de presse conjointe à Kinshasa, la ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa et le rapporteur de la Commission Georges Kapiamba, représentant de la Société civile, se sont accordés sur ce bilan.

Des victimes, des témoins ainsi que des ayants droit, au total 122 personnes ont accepté de répondre à l’invitation de la Commission 3121. Les investigations ont donné 14 morts dont 12 tués par balles et deux personnes asphyxiées. On a relevé 65 blessés dont plusieurs par balles.
Au moins une quarantaine de cas d’arrestation, de détention, de tortures et de traitements cruels, inhumains ou dégradants sont également répertoriés pour les événements des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018. La Commission évoque aussi des attaques contre des lieux de culte. « Plusieurs paroisses ont été prises d’assaut dès les premières heures par des policiers, militaires et agents de sécurité lourdement armés », affirme ce rapport qui ajoute que certains chrétiens ont été empêchés d’accéder à des églises. D’ailleurs certaines églises ont été carrément scellées par des agents de la police sans aucune décision judiciaire.

QUE DES RECOMMANDATIONS

« Le rapport de la Commission 3121 sera envoyé au ministre de la Justice qui devra ordonner des poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes », a déclaré la ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa. La commission recommande au Président de la République de veiller à l’amélioration par les institutions publiques, de la protection et de la promotion des droits de l’homme.Ce rapport recommande également au chef de l’Etat de veiller à la poursuite de la mise en œuvre des mesures de décrispation politique.
Au Gouvernement de la République, le rapport demande la levée de l’interdiction générale des réunions et manifestations publiques et pacifiques d’autant plus que la RDC est à neuf mois de la tenue des élections et que les acteurs politiques et sociaux ne sauraient s’y préparer sans la jouissance de ces libertés. S’ajoutent à cela, la prise en charge des soins de santé de toutes les victimes des manifestations publiques, la mise à la disposition de la Justice de tous les moyens nécessaires pour mener des enquêtes judiciaires et la poursuite des auteurs de violations et atteintes aux Droits de l’homme en lien avec les manifestations publiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018.
Au Parlement d’adopter en urgence la loi portant fixation des modalités pratiques de l’exercice de la liberté des manifestations publiques conformément aux standards internationaux.
A l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’ouvrir une enquête devant déboucher sur des poursuites contre les auteurs de ces violations graves des droits de l’homme qualifiables de crimes contre l’humanité. Au procureur général de la République de mener des enquêtes indépendantes sur les faits allégués par la Commission provinciale de la Police notamment en rapport avec les décès des policiers lors des manifestations publiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018.
A la Police nationale congolaise de former et renforcer les capacités de tous les policiers en matière des Droits de l’homme et d’encadrement des réunions et manifestations publiques ; aux Forces armes de la RDC d’interdire formellement les unités des FARDC d’intervenir dans les missions de maintien et de rétablissement de l’ordre public comme les manifestations publiques, et ce sans réquisition préalable de la PNC.
Aux partis politiques d’inculquer la culture de tolérance politique et de coexistence pacifique à leurs militants et sympathisants, de bannir tout discours d’incitation à la haine et à la violence et de favoriser la prise et la conservation de pouvoir par les voies démocratiques. Rachidi MABANDU

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