PROCES KAMWINA NSAPU
Le Ministère public rappelle à l’ordre les avocats de la défense
vendredi 13 avril 2018

Le Tribunal militaire de garnison Kinshasa/Gombe poursuit l’instruction au fond de l’affaire des présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu aile Kinshasa. Dans sa réplique à l’audience d’hier jeudi 12 avril, l’officier du ministère public a mis en garde les avocats de la défense contre ce qu’il qualifie des propos graves prononcés à l’encontre des institutions et services de sécurité de la République.

Ce rappel à l’ordre est consécutif aux propos tenus par un défenseur judiciaire, membre du collectif des avocats du prévenu Kalala Luketa Calvin, qualifiant ce procès de « cabale montée par la République contre leur client ». Des propos qui ont été rejetés avec véhémence par l’officier du ministère public, avant d’attirer l’attention de la composition sur le caractère grave de ces allégations. Il sollicite du Tribunal d’exiger de ce collectif des détails quant aux individus qui seraient derrière cette présumée « cabale ».
« Ce sont des propos graves que les avocats de la défense se hasardent à prononcer devant le tribunal. C’est un manque de respect criant contre les institutions de la République et les services de sécurité. Quel est le patrimoine dont dispose le prévenu Kalala susceptible d’attirer la convoitise de la RDC qui, du reste, est dotée d’énormes ressources naturelles et financières ? », a tonné le lieutenant colonel Alpha Limbaya.

UNE IMPUTATION DOMMAGEABLE
Ces propos de Me Koko ont aussi suscité de la consternation côté avocats de la partie civile RDC. Abondant dans le même sens, le bâtonnier Frédéric Djamano a demandé au tribunal de se saisir de ces allégations formulées devant le perchoir, en poursuivant son auteur par « délit d’audience ». Pour apaiser les esprits, le juge président a demandé au conseil du prévenu Kalala de retirer ses propos.
« Ce n’est pas parce qu’on est plaideur, qu’on est couvert par l’immunité de parole devant l’auguste juridiction que l’on doit se permettre de commettre des infractions. Dire que la République a monté une cabale contre un individu est très grave. C’est constitutif de plusieurs infractions dont l’imputation dommageable. Nous mettons en garde la défense. Si ces genres d’imputation se répètent, nous allons demander au président du tribunal de transformer leurs auteurs en prévenus, de les juger et de les condamner sur le champ conformément à la loi », a martelé le bâtonnier Frédéric Djamano.
Attaquant les procès verbaux, la défense du prévenu Kalala a, par la suite, décrié le fait que leur client, arrêté le 31 mars 2017, est poursuivi pour des faits qui sont antérieurs à son arrestation.
Le bâtonnier national, Matadi Wamba, a précisé à ce propos qu’il s’agit des infractions de participation à une association terroriste. « Dès lors qu’il est établi que vous êtes membres d’un mouvement insurrectionnel, que vous soyez déjà aux arrêts, toutes les attaques perpétrées par ta bande vous engagent », a-t-il rappelé.
« Cela s’explique en Droit. Il faudra que la défense se souvienne que leur client est poursuivi pour participation à un mouvement terroriste et pour association des malfaiteurs. Lorsqu’une personne a fait partie d’un tel mouvement, même si elle ne participe pas aux actes ou à tout ce que les membres de cette association commettent comme infraction conformément à leurs objectifs, elle est poursuivable et condamnable », a renchéri le bâtonnier Djamano.
Pour sa part, l’organe de la loi a, côtes à l’appui, démontré que le prévenu Kalala Luketa Calvin est bel et bien celui qui recrutait les motards au sein du mouvement terroriste Kamwina Nsapu branche Kinshasa.
Lors de son audition sur PV, explique-t-il, il a avoué avoir été sacrifié deux fois. La première, par le prévenu Bakenga et c’est à la deuxième fois qu’il a été investi du pouvoir gérer le « Tshyota », qui signifie dans le jargon de la bande « une cellule qui s’occupe du recrutement des adeptes, de leur initiation mystique et de la planification des attaques ».

DEUX RESPONSABLES DE CELLULES À LA BARRE

Au total, deux prévenus qui se trouvent, par ailleurs, responsables de deux grandes cellules du mouvement terroriste Kamwina Nsapu à Kinshasa ont été entendus à l’audience d’hier à la prison de la Ndolo, dans la commune de Barumbu. Il s’agit respectivement de Kalala Luketa Calvin et de Tshimbombo Lukula Simon. D’après l’organe accusateur, ces cellules, appelées « Tshyota », constituaient les deux pôles de recrutement et de planification des attaques.
L’audience s’est clôturée avec la comparution du prévenu Tshimbombo Lukula Simon, considéré au regard des dénonciations et aveux d’autres prévenus sur PV, comme le responsable de la cellule de Mikondo du mouvement. C’est dans l’enceinte de sa parcelle que les adeptes de ce mouvement habitant la partie Est de la capitale tenait des réunions et s’adonnaient aux initiations fétichistes en perspectives des attaques, rapportent les PV.
Interrogé, le prévenu nie en bloc les huit préventions à sa charge. Il le justifie par son âge avancé. « Comment voulez-vous qu’un vieillard de 75 ans comme moi puisse commettre des tels actes », a-t-il plaidé. S’opposant à l’idée de le présenter comme l’un des responsables du mouvement insurrectionnel Kamwina Nsapu, ses avocats promettent de s’étendre sur l’entendement que la partie République a du concept « Tshyota » qui, expliquent-ils, est un vocable qui a une sémantique précise en Tshiluba.
« L’impression que nous avons eue tout au long de l’instruction du dossier de notre client est plutôt bonne. Car, nous avons compris que le Tribunal a été saisi plutôt pour un certain Tshibobua Simon Lukula et non pour mon client qui s’appelle Tshimbombo Lukula Simon. Il s’agit en Droit de deux personnes différentes. C’est ce que nous démontrerons à l’audience prochaine », a indiqué Me Gustave Kemu.
Le président du tribunal militaire de garnison Kinshasa Gombe a levé la séance faute de temps, en promettant de revenir sur l’instruction du dossier du prévenu Tshimbombo Lukula Simon, à l’audience du mardi 17 avril prochain.
Orly-Darel NGIAMBUKULU

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