Double nationalité : un sénateur honoraire fustige la violation de la Constitution
mercredi 18 avril 2018

La question relative à la double nationalité suscite une vague de réactions au sein de la classe politique. Interpellé par ce sujet sensible, le sénateur honoraire Crispin Kabasele Tshimanga n’y va pas par le dos de la cuillère. "J’ai toujours été contre la double nationalité qui n’est prévue nulle part dans la Constitution de la République démocratique du Congo", tempête-t-il, de prime abord.

Le président de l’Union des démocrates socialistes (UDS) demande aux uns et aux autres de sortir ce débat du cadre politique et de le traiter loin des émotions. "Dépassionnons le débat très juridique. Ne le politisons pas".
Le Coordonateur du Groupe des partis indépendants (GPI) estime que tous ceux qui ont violé la Constitution congolaise en matière de nationalité, doivent être sanctionnés et punis. "Personne n’est au dessus de la loi", a-t-il aussitôt indiqué.
Crispin Kabasele rappelle à ces derniers les notions élémentaires sur cette question. "Quand on perd la nationalité congolaise après avoir acquis la nationalité d’un autre Etat, on ne la recouvre pas automatiquement. Cela devient un parcours de combattant ", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, précise ce sénateur honoraire, la législation congolaise prévoit deux naturalisations : la grande et la petite. Il illustre cette dernière par le cas de Moïse Katumbi. "La petite naturalisation, c’est le cas dans lequel se retrouve Moïse Katumbi".
Dans tous les cas de figure, révèle ce politicien Rd-congolais, "en se présentant trois fois aux élections, tout en étant étranger au moment des faits, Moïse Katumbi est impardonnable. Il avait fait usage de faux documents d’identité congolaise ".
Aux dires de Crispin Kabasele, quand on veut occuper le poste de chef de l’Etat, on doit être "clean ".
Le lundi 16 avril dernier, devant les députés de la MP, le président de la République, s’est prononcé sur des sujets brûlants de l’heure notamment sur la question de double nationalité. A ce sujet, Joseph Kabila a réaffirmé son attachement au respect de la Constitution du pays.
Le Chef de l’Etat a révélé, que le moratoire décrété, en son temps, à l’Assemblée nationale, n’avait aucune base légale. Il a, sans ambages, demandé aux personnes qui s’en tiennent à la double nationalité, "d’envisager la modification de la Constitution, seule option ". Dina BUHAKE

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