SUITE A L’ARRET DES TRAVAUX DE REHABILITATION
Avenue de l’Université : des particuliers font louer des bottes pour traverser les mares de boue
mercredi 25 avril 2018

Rouler sur l’avenue de l’Université, impose un double reflexe. Si au départ du Boulevard Lumumba jusqu’à Kapela, la route est praticable, le tronçon Kapela II-Petit pont, ressemble à une véritable mare du diable. Couverte de nids-de-poule béants, cette partie de l’avenue de l’Université est de plus en plus impraticable. Pour les usagers, un véritable calvaire surtout après une forte pluie sur la ville. Reportage.

Une épaisse couche de boue en terre jaune, tient lieu de bitume disparu depuis des lustres. Des trous de plus d’un diamètre, et couverts d’eaux sales, couvent la surface à rouler. C’est le décor qu’offre l’avenue de l’Université, dans sa partie comprise entre le quartier Kapela II de Yolo-Nord à Kalamu et le petit pont, à la frontière avec la commune de Ngaba. A la base, l’arrêt brusque et inexpliqué des travaux de réhabilitation, pourtant entrepris sur cette route.
Cette grande artère, qui traverse les communes de Kalamu, Makala et de Ngaba, connaît un trafic intense. Depuis plus de six mois, les travaux de réhabilitation, débutée sur cette route, l’une des principales, de la ville de Kinshasa, traînent en longueur.
Avec le temps, la couche de terre jaune jetée sur cette artère au début des travaux, forme à présent une mare de boue sur le tronçon compris entre l’arrêt « Petit pont » et le rond-point Ezo. Selon les habitants environnants, la boue en permanence sur cet axe, résulte du débordement des eaux du ruisseau qui coule sous le petit pont faute de canalisation.

LOCATION DE BOTTE OU CHARIOT POUR TRAVERSER LA ROUTE

"Le ruisseau qui coule sous le petit pont qui traverse la commune de Makala et celle de Ngaba. Les eaux usées, provenant des ménages et des rigoles, stagnent sous le pont. Et comme cette rivière est bouchée, l’eau est refoulée sur la chaussée. C’est ainsi que la terre jaune qui a été recouverte sur l’artère au début des travaux s’est transformée en une sorte de terre marécageuse. Cette boue nous empêche de traverser la chaussée d’un bout à l’autre " explique M. Noël Kawaya, un habitant du coin.
Le tronçon Petit pont et rond-point Ezo, sur l’avenue Université, s’est transformé en mare de boue. Les glissades sont courantes. Il n’est pas rare de voir les motocyclistes imprudents glisser et se sont retrouver dans cette gadoue. Ce qui provoque des rires et des moqueries de la part des passants. Face à cette difficulté, trois pratiques sont devenues monnaie courante dans cette partie de la ville.
Cette situation a créé une source de revenus pour certains. Pour traverser la route, les usagers ont le choix entre la location de botte qui revient à 100 FC, se faire transporter dans un charriot (pousse-pousse) au même prix, ou encore sur le dos des jeunes gens, moyennant 200 FC.
A en croire les témoignages, l’activité est rentable. "Les gens ne savaient pas comment faire pour traverser la route sans se salir les chaussures ou les vêtements à cause de la boue. C’est ainsi que l’idée m’est venue de faire louer des bottes à 100 fc afin de permettre aux usagers de quitter un coin pour un autre sans se salir les pieds ou mouiller son pantalon. Je gagne au-delà de 5000 fc par semaine. En cas d’imminence de pluie, vive les enchères. Louer la paire de bottes revient à 200 fc", confie Jonas, âgé de 15 ans.
Quand dame la pluie s’invite à la « fête », la situation empire. Des rues parallèles à l’avenue Université deviennent impraticables. Les populations qui y résident, vivent un véritable calvaire. "Quand il pleut, on ne quitte pas nos maisons, parce que la situation s’aggrave. Les eaux du ruisseau débordent, et la rue est inondée. Pour sortir dans la rue, il nous faut d’abord porter des sachets, ensuite les babouches, parce que l’on est obligé de marcher dans ces eaux sales de pluie. C’est lorsque nous arrivons sur la grande route que nous pouvons nous chausser. Ces eaux stagnantes sont source de beaucoup de maladies. Nous vivons dans un environnement malsain. Nous lançons un appel aux autorités pour que les travaux entamés sur l’avenue de l’Université puissent reprendre et arriver à terme, cela permettra de décanter notre situation," explique un habitant de l’avenue Kama, la cinquantaine révolue.
Les conducteurs des véhicules et motocyclistes qui empruntent cette route ne passent pas inaperçus, la couleur jaune de leurs pneus démontrent la route qu’ils ont empruntée : la chaussée Université. Une situation difficile pour les automobilistes qui desservent cet axe.
"Il nous est pratiquement impossible d’emprunter cette route de bout en bout. Avec les pluies qui se succèdent, nous sommes obligés de contourner en passant par le quartier Camp-Pinzi ou Mombele. Ce qui rend le transport difficile, parce que beaucoup de chauffeurs ne veulent plus desservir les itinéraires qui passent par l’avenue de l’Université " déclare, un chauffeur de taxi-bus. Fyfy Solange TANGAMU et Tanya MUBUADI

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