CRI DU COEUR ET COUP DE GUEULE DU SENATEUR ELU DU KASAÏ A LA SUITE DU SOS DE L’UNICEF
Modeste Mutinga : " On tue à petit feu le peuple du Kasaï "
mardi 15 mai 2018

Le Grand Kasaï, terrain de graves violences depuis 2016, a besoin d’une grande mobilisation tant nationale qu’internationale pour panser ses plaies. Les atrocités qui ont opposé les forces loyalistes aux miliciens du grand chef Kamuina Nsapu ont conduit à un grand désastre humanitaire. Outre les déplacés du Kasaï aussi bien en Angola qu’à l’intérieur de la RDC, qui se comptent par milliers, 770.000 enfants du Kasaï souffrent de malnutrition aiguë. C’est la très sérieuse Unicef qui lance l’alerte. Sénateur, élu du Kasaï, président du Parti des démocrates pour la bonne gouvernance (PDG) et de la plateforme électorale Alliance pour l’alternance démocratique (AAD), Modeste Mutinga n’est pas resté indifférent face au drame qui s’abat sur sa province d’origine. Il appelle, dès lors, à une grande mobilisation nationale et internationale pour redonner vie à ce peuple du Kasaï, condamné presqu’à l’extermination.

Sénateur, élu du Kasaï, Modeste Mutinga Mutuishayi, n’a pas perdu ses origines. De Kinshasa où il réside, il suit de très près tout ce qui se passe dans son Kasaï natal. Un rapport publié récemment par l’Unicef, cet organisme spécialisé des Nations Unies pour l’enfance, lui a mis la puce à l’oreille. Face au drame que dépeint l’Unicef pour lequel les enfants sont les principales victimes, Modeste Mutinga n’a pas hésité à rompre le silence.
C’est un homme à la fois triste et révolté que notre rédaction a rencontré à sa résidence de Ma Campagne. Il tenait entre ses mains ce communiqué accablant de l’Unicef qui fait état d’au moins 770.000 enfants dans la région du Kasaï qui souffrent de malnutrition aiguë, dont 400.000 sont gravement dénutris et menacés de mort. Dans son communiqué, l’Unicef prévient que si des mesures urgentes ne sont pas prises pour renforcer la réponse humanitaire, le nombre de décès d’enfants pourrait monter en flèche.
"Ce qui se passe dans le Grand Kasaï est inacceptable. C’est un peuple qui est tué à petit feu. Je ne m’explique pas cette situation. Ailleurs, on aurait assisté à une grande mobilisation pour créer une chaîne de solidarité nationale afin de compatir avec le peuple du Kasaï. Ce qui n’est pas le cas chez nous. J’ai l’impression qu’il y a un plan d’extermination du peuple du Grand Kasaï qui est en marche. C’est révoltant !", lance Mutinga. Il est plus révoltant lorsque, note-t-il, l’alerte doit venir de l’Unicef, alors que chez nous, le gouvernement fait preuve d’une indifférence inouïe.
Modeste Mutinga ne cache pas non plus son dépit face à l’indifférence de Kinshasa : "770.000 enfants menacés par la malnutrition, c’est grave comme événement. Mais, à Kinshasa, c’est un fait isolé qui n’a éveillé l’attention d’aucune autorité. Pas un communiqué du gouvernement pour se mettre aux côtés de ce peuple du Kasaï. C’est comme si on leur disait : mourez en silence ! Je ne lève pas ma voix parce que c’est ma province du Kasaï. Je pense qu’on devrait à un certain moment respecter la vie et faire honneur à tous ces compatriotes du Kasaï, condamnés à l’errance pour un mal qu’ils ignorent totalement. Qu’est-ce que ces pauvres enfants ont fait pour subir un tel traitement ? "
Il veut, dès lors, voir la RDC se mobiliser comme un seul homme pour secourir le peuple meurtri du Kasaï. " L’appel de l’Unicef doit interpeller nos dirigeants. Il y a des moments où on doit mettre de côté nos sentiments, nos clivages idéologiques en nous disant que ceux qui meurent au Kasaï sont avant tout des Congolais qui ne demandent qu’une chose : recevoir l’assistance de ceux qui les dirigent ", note Mutinga ".
" Je m’attends donc à ce qu’une grande chaîne de solidarité se crée à l’échelle nationale pour venir en aide à ces enfants en détresse dans le Kasaï. Certes, le gouvernement a refusé, en marge du sommet humanitaire de Genève, la main tendue de la communauté internationale. Mais, devant l’urgence, je ne vois pas pourquoi Kinshasa doit fermer la porte à tous ceux qui veulent lui apporter leur aide pour soulager son peuple, particulièrement celui du Kasaï", clame Mutinga. Et de conclure : " Mobilisons-nous, un génocide se passe au Kasaï ".
En effet, selon l’Unicef, depuis 2016, lorsqu’un violent conflit a éclaté au Kasaï, des centaines de milliers de personnes ont été chassées de leurs foyers et de leurs communautés. Malgré l’accalmie observée depuis plusieurs semaines, quelque 3,8 millions de personnes, dont 2,3 millions d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire, note l’organisme spécialisé des Nations Unies.

KASAÏ : 770 000 ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS SOUFFRENT DE MALNUTRITION AIGUË

Au moins 770.000 enfants dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo souffrent de malnutrition aiguë, dont 400.000 sont gravement dénutris et menacés de mort - a indiqué l’UNICEF dans un rapport publié aujourd’hui. L’organisation prévient que si des mesures urgentes ne sont pas prises pour renforcer la réponse humanitaire, le nombre de décès d’enfants pourrait monter en flèche.
"Les conflits et les déplacements continuent d’avoir des conséquences dévastatrices pour les enfants du Kasaï" a déclaré Fatoumata Ndiaye, Directrice générale adjointe de l’UNICEF, de retour d’une mission dans la région du Kasaï. "Des milliers d’enfants déplacés ont passé des mois sans accès aux services dont ils ont besoin - comme les soins de santé, l’eau potable et l’éducation - et leur bien-être a énormément souffert. Maintenant que leur accès s’améliore, le Gouvernement et les partenaires humanitaires, avec le soutien de la communauté internationale, doivent intensifier les interventions vitales pour les enfants avant qu’il ne soit trop tard".
L’insécurité alimentaire au Kasaï a été aggravée par une forte baisse de la productivité des terres liée au déplacement, selon le rapport Kasaï : les enfants, premières victimes de la crise. De nombreuses familles chassées de leurs maisons ont été incapables de planter et de récolter, ce qui a entraîné une augmentation des niveaux de malnutrition. Dans certaines régions, trois saisons de récolte ont été manquées.
Le rapport apporte des conclusions supplémentaires : un enfant sur 10 au Kasaï souffre de malnutrition aiguë sévère ; plus de 200 centres de santé ont été pillés, brûlés ou détruits pendant le conflit ; plus de 400 écoles ont été attaquées ou utilisées à des fins militaires et 100 écoles ont été détruites ; 440 000 enfants ont été incapables de terminer leur année scolaire en 2017 ; des milliers d’enfants ont été recrutés dans des groupes armés et des milices ; 60 % des miliciens de la région sont des enfants ; la vaccination des enfants a été interrompue par la violence et la région fait maintenant face à des flambées de choléra et de rougeole.
"Maintenant que les populations retournent dans leurs communautés, des milliers d’enfants peuvent être atteints avec l’aide humanitaire. Depuis le début de l’année 2017, l’UNICEF et ses partenaires ont soigné 71.500 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère", a déclaré Gianfranco Rotigliano, représentant de l’UNICEF en République démocratique du Congo.
L’UNICEF intensifie la distribution d’aliments thérapeutiques dans les centres de santé et les hôpitaux pour le traitement des enfants souffrant de malnutrition et intensifie ses activités de formation pour les agents de santé communautaires, afin de promouvoir les meilleures pratiques nutritionnelles.
Le rétablissement de la violence dépend également de la réintégration familiale et de la scolarisation des enfants associés aux milices. L’UNICEF et ses partenaires ont jusqu’à maintenant obtenu la libération de plus de 1.700 enfants issus des milices et leur ont apporté un soutien psychosocial et une aide à la réinsertion au sein de leurs communautés. L’UNICEF a également mis en place et réhabilité 314 salles de classe dans la région du Kasaï pour aider les enfants à réintégrer la salle de classe.
Le Potentiel

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