La rançon de l’extraversion
mardi 29 mai 2018

Le porte-parole du Gouvernement congolais a mille fois raison lorsqu’il dénonce la propension -pas nouvelle- de certaines puissances à régenter la RDC. En somme, à perpétuer l’esprit de Berlin avec un Congo "conçu" comme juste un vaste comptoir ou un coffre-fort dans lequel tous les usufruitiers occidentaux pouvaient se servir comme ils l’entendaient. Le ministre de la Communication et Médias n’a pas du tout tort quand il rappelle à ceux de dirigeants africains, alléchés par la sous-traitance, le sort fort peu enviable du sous-traitant en chef que fut le Maréchal Mobutu.
La dialectique développée hier par Lambert Mende peut, mutatis mutandis, s’appliquer à toutes les périodes du Congo…indépendant. De Lumumba à Kabila fils, en passant par Mobutu et Mzee, l’histoire est pleine de séquences d’ingérences extérieures dans les affaires congolaises.
La faute à Berlin ? Sans nul doute. Mais pas que. Car, le drame de ce pays est que l’élite -politique surtout - a trouvé son confort dans le coaching extérieur. La fameuse extraversion.
Hier comme aujourd’hui, qui veut accéder au pouvoir s’adosse d’abord à certaines capitales occidentales. Normal que ces dernières demandent des comptes une fois l’objectif atteint. Cela s’appelle "retour sur investissement". A l’exception notable de Patrice Emery Lumumba, les différents régimes ont eu pour acte fondateur la bénédiction, la caution ou encore l’adoubement des puissances extérieures.
Ce malheur originel se nourrit aussi de cette inclinaison à solliciter constamment l’arbitrage de l’extérieur dans quasiment toutes nos bisbilles internes. A l’instar d’un couple incapable de régler le moindre différend sans l’implication de la famille ou des amis.
Cette incapacité à trouver des solutions consensuelles à l’interne ouvre la voie à toutes les interventions et…à toutes les ingérences. Y compris de nos voisins. Nos malheurs faisant le bonheur de certains d’entre eux. Pas besoin d’être prestidigitateur pour deviner les pays limitrophes qui font de difficultés congolaises leur fonds de commerce.
Dans cet univers international où l’intérêt guide l’action, il appartient à nous, Congolais, d’intégrer enfin cette quasi loi d’airain. A savoir : personne ne fera notre bonheur à notre place. Encore moins sans nous.
José NAWEJ

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