Steve Mbikayi : un plaidoyer pertinent, mais partiel
mercredi 27 juin 2018

*La nécessaire croisade du ministre de l’ESU pour la revalorisation du diplôme d’Etat gagnerait en efficacité si l’intéressé privilégiait une approche holistique.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), plaide pour la revalorisation du diplôme d’Etat en RD Congo. Steve Mbikayi considère l’Enseignement dans son pays comme un malade assailli de toute part. Et, tel un médecin spécialiste, le patron de l’ESU y est allé de son diagnostic. Le bilan "médical" de Steve Mbikayi atteste que les pourcentages obtenus par les finalistes des humanités sont fantaisistes. Ils ne reflètent donc plus le niveau réel des bacheliers rd congolais. D’où, l’impératif des états généraux de l’Enseignement.

"Ça fait cinq ans que j’ai toujours plaidé pour la suppression de l’Examen d’Etat. La fraude a vidé de toute sa substance le diplôme qui le sanctionne. 80% des détenteurs du diplôme d’Etat ne le méritent pas. Scandaleux", écrit Steve Mbikayi dans un Tweet. Voici un ministre en fonction qui se livre à une autocritique. Vu de la forme et du fond, le jugement de Steve Mbikayi n’admet la moindre restriction quand on sait qu’en interne comme au-delà des frontières du pays, tout le monde reconnait que depuis quelques décennies, le niveau de l’Enseignement en RD Congo a sensiblement baissé. Tout le monde sait aussi que le système actuel de l’Examen d’Etat est entaché de plusieurs irrégularités qui entament sa crédibilité. Moralité, les rues de principales villes du pays sont emplies de milliers de diplômés d’Etat et d’universitaires à peine lettrés. Pour si peu que cela paraisse un oxymore, il n’y a pas cependant, une autre manière qui traduirait mieux cette triste réalité.

VIVEMENT UNE APPROCHE HOLISTIQUE
Pour un ministre qui, dans son secteur, fait montre de beaucoup de dynamisme, le tout ne peut qu’être à son honneur. Chapeau bas donc à Steve Mbikayi.
Cependant, nombre de chercheurs du secteur de l’Enseignement en RD Congo pensent que l’analyse du ministre de l’ESU est partielle. Fragmentaire, parce que le hiatus entre les connaissances de nos bacheliers et les pourcentages généralement très élevés qu’on leur « attribue » est un indicateur sur la situation qui concerne un seul secteur de la vie.
Le problème, c’est qu’il faille envisager une approche holistique. On ne peut pas prétendre envisager une réforme efficace du système de l’Enseignement en RD Congo qui ne tienne pas compte de la situation sociale de l’enseignant. Parce que c’est lui qui, finalement met en pratique toute réforme, l’enseignant doit être au centre de celle-ci. Malheureusement, les différents changements tendent vers un Pédocentrisme mal pensé et souvent exagéré. Tout est concentré sur l’enfant au point que le sort de l’enseignant semble au mieux,relégué à l’arrière-cour et au pire, ignoré. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la situation de l’Enseignement est demeurée statique. Que de colloques, de séminaires, de journées de réflexion, d’ateliers organisés dans le secteur. Des "malles" de recommandations sanctionnant la clôture de ces différentes rencontres sont généralement lettre morte.
Par rapport à la thérapie que l’on compte prescrire à l’Enseignement en RD Congo pour le guérir des maux qui le rongent, d’aucuns soutiennent que son efficacité est tributaire de la santé de l’enseignant. En d’autres termes, la réussite de toute réforme de l’Enseignement en RD Congo passe d’abord par la requalification, l’amélioration des conditions de vie de l’enseignant. Sinon, c’est du vernis. Car, l’enseignant n’est pas que transmetteur des connaissances. Il est avant tout parent. Donc, père de famille. Alors, comment peut-il mener consciencieusement une réforme, quand il est lui-même incapable de faire face aux besoins incompressibles de sa progéniture ? Serait-il réaliste d’exiger le respect de la déontologie et de l’éthique professionnelle à un enseignant dont les enfants ne fréquentent pas la bonne école ? Est-ce à ce même enseignant qu’on doit attendre un bon encadrement des enfants des autres, quand il sait lui-même que les siens n’ont pas mangé et ne sont pas allés à l’école ?

LA FIEVRE N’EST PAS DANS LE THERMOMETRE

"Casser le thermomètre n’est pas la meilleure façon de faire baisser la température", disait feu José Artur, célèbre animateur radio et précurseur de la mythique émission "Pop Club" de France Inter. Le système de l’enseignement décrié à ce jour en RD Congo est le même qui a produit un nombre important de dirigeants actuels du pays, quelques années après le départ des Belges. Jusque fin des années 70 et même début de la décennie 80. Des témoignages concordants reconnaissent la bonne qualité du système éducatif dans l’ex-République du Zaïre. Et, en ce qui concerne particulièrement le déroulé de l’Examen d’Etat, on se rappelle la rigueur qui le caractérisait à cause de la fermeté du Belge Marcott, alors Inspecteur général de l’Enseignement. Des sources qualifiées de l’Inspection générale n’ont de cesse de dire que la flèche avait commencé à baisser à La fin de la décennie 80.
Revenons à ce qu’autrefois fut l’Enseignement sous l’autorité de Marcott, pour dire que le succès récolté dans ce secteur fut tributaire de la situation socioéconomique de l’enseignant. Ce dernier fut compté parmi les catégories d’employés vivant à l’abri du besoin. Par conséquent, l’enseignant avait de la dévotion pour son métier. C’est donc ce bien-être social de l’enseignant qui était le facteur de son meilleur rendement qui se traduisait par une meilleure formation des élèves. Comme qui dirait, l’élève du Zaïre de ces années-là, fut le reflet de son enseignant, comme celui d’aujourd’hui est celui de son enseignant ou de sa société en général.
Ce qui est dit pour les enseignants, vaut pour toutes les autres catégories socio-professionnelles en RD Congo. En se livrant à une analyse critique du système de l’Enseignement en RD Congo, Steve Mbikayi fait un procès de l’ensemble de la société. On ne peut pas, par exemple, aspirer à une Administration publique de qualité avec des fonctionnaires et agents de l’Etat éprouvant toutes les difficultés du monde pour payer ne serait-ce que le loyer.
Comment peut-on demander à un magistrat de dire le bon droit quand ce dernier sait que son salaire mensuel ne reflète pas son statut social ? Comment les médecins respecteraient-ils le serment d’Hippocrate et les infirmiers, celui de Florence Nightingale, quand la société qui les emploie ne les met pas en situation de s’émanciper économiquement ? De l’échantillon de ce questionnement qui résume la problématique de la situation sociale de l’employé congolais, on peut dès lors, conclure que le plaidoyer de Steve Mbikayi doit s’étendre à tous les autres secteurs de la vie sociale en RD Congo. Laurel KANKOLE

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