LA RD CONGO ETANT EN RETARD PAR RAPPORT AUX OBJECTIFS 2030
Le Dr Charles Mbendi pour une politique nationale de lutte contre l’hépatite
mercredi 15 août 2018

{{ {*Par ailleurs, cet expert de l'OMS et du PNLS encourage la population au dépistage } }} {{L'hépatite est une tueuse silencieuse, très peu connue de la population. Selon le Dr Charles Mbendi, spécialiste en médecine interne aux Cliniques universitaires de Kinshasa, environ 90 % des enfants contaminés peu après la naissance, 30 % de ceux infectés dans la petite enfance et 6 % de ceux qui contractent l'infection après l'âge de cinq ans développent une hépatite B chronique. La RD Congo étant en retard par rapport aux objectifs d'éradication des hépatites B et C en 2030, cet expert de l'OMS et du Programme national de lutte contre le VIH/Sida (PNLS) plaide pour la mise en place d'une politique nationale de lutte contre l'hépatite des types B et C, réputées les plus nocives. Interview.}} { {{Forum des As : Parlons de l'hépatite, célébrée mondialement le 27 juillet de chaque année. Quel est l'état des lieux de cette maladie en RD Congo ? }} } Dr Charles Mbendi : Oui. Il faut souligner tout de suite que la pathologie d'hépatites virales est courante, voire même très fréquente dans notre pays. Malheureusement, il s'avère qu'elle n'est pas suffisamment diagnostiquée. Cette situation est due au manque de politique nationale et du faible niveau socioéconomique de la population. {{ {Quels sont les types d'hépatite que l'on rencontre dans notre pays ? }}} Il existe plusieurs types d'hépatites. D'une part, l'hépatite infectieuse (bactérienne, virales, mycosiques, parasitaires), et de l'autre, les hépatites toxiques et médicamenteuses. Parmi tous ces types, ce sont les hépatites virales qui sont le plus régulières du fait de leur lourd tribut dans la morbidité ou mortalité au niveau mondial. Il existe 5 types de virus classés selon l'ordre alphabétique : A, B, C, D, E. Ces types de virus se retrouvent dans notre pays bien que les types D et E ne soient pas recherchés dans la routine. { {{Quelles sont les spécificités de chaque type d'hépatite virale? }} } Les virus de l'hépatite A et E sont souvent transmis aussi bien par les aliments et que par l'eau. Le virus de l'hépatite A fait même partie des virus le plus souvent en cause dans les infections d'origine alimentaire, transmis soit par voie fécale-orale, soit par contact interpersonnels, soit encore par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés.L'infection à virus de l'hépatite E sévit tant sporadiquement que par épidémie, causant une morbidité et une mortalité importantes et de nombreux décès des femmes enceintes. L'exposition au sang contaminé lors d'injections pratiquées avec du matériel non stérilisé ou la transfusion de produits sanguins contaminés, sont des causes courantes et évitables d'infection par les virus de l'hépatite B, C et D. Il en est de même des rapports sexuels non protégés et de la transmission materno-fœtale. Les hépatites A et E ne se présentent que sous forme aiguë tandis que les trois autres peuvent être soit aiguës, soit chroniques. { {{Comment évolue la maladie lorsqu'elle est contaminée tôt ? }} } Contractée à un âge précoce, l'infection par le virus de l'hépatite B présente le plus grand risque d'atteinte chronique. Dès lors, l'infection chronique risque d'évoluer en cirrhose et en cancer primitif du foie. En termes de proportions, on peut dire qu'environ 90 % des enfants contaminés peu après la naissance, 30 % de ceux contaminés dans la petite enfance et 6 % de ceux qui contractent l'infection après l'âge de cinq ans développent une hépatite B chronique. La probabilité d'évolution vers une atteinte chronique est la même, qu'il s'agisse de l'infection symptomatique ou asymptomatique (dans la majorité des cas, c'est-à-dire silencieuse).L'hépatite D ne peut survenir que chez quelqu'un souffrant déjà d'hépatite B sous forme de surinfection par le virus de l'hépatite D et de co-infectionhépatite B/hépatite D qui ont des conséquences plus graves que l'infection par le seul virus de l'hépatite B. { {{De ces types d'hépatite, lequel est plus nocif ? }} } Les virus de l'hépatite B et C sont des agents causaux majeurs de morbidité grave et de décès. La charge de morbidité mondiale due à l'hépatite B et à l'hépatite C aiguës, ainsi qu'au cancer et à la cirrhose du foie déjà élevée (environ 2,7 % de l'ensemble de décès) est appelée, d'après les prévisions, à grimper encore dans le classement des causes de décès au cours des vingt ans à venir. {{ {L'hépatite figure-t-elle sur la liste des maladies incurables ? Sinon, par quels moyens peut-on soigner cette maladie ? } }} (Sourire). L'hépatite n'est pas une maladie ou infection inguérissable. Bien au contraire. Il existe des traitements médicamenteux pour soigner les formes chroniques. A cela s'ajoutent, bien entendu, des mesures hygiéno-diététiques. { {{Est-il possible de prévenir l'hépatite ? Comment ?}}} Oui. La répartition mondiale et les modes de transmission des virus de l'hépatite A, B, C, D et E n'étant pas les mêmes, les stratégies de prévention doivent être ajustées en conséquence. Soit, par vaccination et sécurité sanitaire des aliments et de l'eau pourprévenir l'hépatite A, soit par la sécurité sanitaire des aliments et de l'eau pour prévenir l'hépatite E, soit par la vaccination contre les infections à virus de l'hépatite B. Les autres moyens de prévention sont, entre autres, les soins de santé sûrs évitant la transmission des virus de l'hépatite B et C ; la mise en évidence et le traitement de l'hépatite B et de l'hépatite C chroniques pour éviter l'évolution vers la cirrhose et le cancer du foie. Menez-vous des actions de sensibilisation pour prévenir la population contre l'hépatite virale ? Si oui, pouvez-vous nous fournir le plus de détails possible ? (Air détendu). Naturellement, nous travaillons en amont dans le sens de sensibiliser la population. La sensibilisation est l'un des moyens efficaces de la prévention. Cela passe d'abord à titre individuel lors de chaque consultation. L'année dernière, par exemple, une campagne de sensibilisation soutenue par l'OMS,a été menée auprès des médecins généralistes de certains hôpitaux de la ville de Kinshasa et dans certaines églises concernant l'hépatite B. Une nouvelle campagne de sensibilisation et de dépistage est prévue dans les jours à venir, grâce à la collaboration entre les Cliniques Astryd - HJ Hospital et moi-même. { {{Avez-vous un message particulier aux autorités et à la population? }} } Oui bien sûr. Aux autorités, je leur demande de vite mettre en place une politique nationale, un programme local de lutte contre l'hépatite pour mieux encadrer toutes les activités et faire de notre mieux pour approcher, tant soit peu, les objectifs d'éradication des hépatites B et C en 2030. Par rapport à ce but, il faut reconnaitre que notre pays, la RD Congo, est en grand retard. En ce qui concerne la population, en ma qualité de médecin, je l'exhorte à participer massivement aux différentes campagnes de sensibilisation et de dépistage et d'être notre fidèle courroie de transmission des messages auprès des autres. {{Votre conclusion…}} Je vous remercie d'avoir pensé à ma modeste personne. Mon plus grand souhait est que cette sensibilisation par la voie de votre journal Forum des As, puisse atteindre le maximum de personnes. {{Propos recueillis par Christelle GIBEMBA}}
Felix Tshisekedi d’accord pour une coopération fondée sur le respect mutuel
lundi 18 février 2019

Le Président rdcongolais Félix-Antoine Tshisekedi se dit favorable à la relance des relations diplomatiques e