CANDIDATURE COMMUNE DE L’OPPOSITION A LA PRESIDENTIELLE
La confrontation des programmes passe par-dessus un choix mécanique
mercredi 15 août 2018

Après clôture, mercredi 8 août, du dépôt de candidatures à la présidentielle et aux législatives nationales, l’heure est au traitement de différents dossiers. Déjà, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), annonce la publication des conclusions de sa délibération le samedi 25 du mois en cours. Il s’agira des listes provisoires sur base desquelles les différents partis et regroupements politiques pourraient introduire leurs recours, en cas d’éventuelles disconvenances.

Autant dire qu’après la publication des listes provisoires, l’étape suivante consiste à l’analyse des requêtes éventuelles par la Cour constitutionnelle. C’est à l’issue de ce travail de la justice que les listes définitives seront rendues publiques. Comme pour dire, les différents dossiers déposés à la Centrale électorale sont des candidatures à la candidature. Surtout pour la présidentielle. Comme qui dirait, rien n’est encore totalement acquis pour les différents prétendants. Du moins au stade actuel des choses. Car, une chose est de déposer son dossier. Et une autre, la plus importante d’ailleurs, est que celui-ci soit retenu.
Entre-temps, au niveau de l’Opposition, l’heure est aux conciliabules pour dégager un consensus autour d’une candidature commune. D’avance, le choix semble ne pas être facile. L’embarras tient au fait que les différents candidats les plus en vue de l’Opposition ont, chacun, leurs atouts. Qu’il s’agisse d’Adolphe Muzito, de Jean-Pierre Bemba, de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi ou de Vital Kamerhe, pour ne citer que ceux-là, chacun surfe sur un capital qui lui parait comme une fortune pour rempiler au prochain scrutin. Et, dans cette perspective de la candidature commune, trois de ces quatre candidats devront nécessairement se désister au profit d’un postulant devant résulter du consensus. Mais qui ?

TRANSCENDER LES EGO

Après que le candidat du Front commun pour le Congo (FCC) est connu, l’Opposition n’a donc plus droit à l’erreur. A l’UDPS, des langues se délient. Pour les Tshisekedistes, ce sont les autres qui doivent faire bloc autour du président de leur parti, Félix Antoine TshilomboTshisekedi. En tout cas, à la 10ème rue du quartier résidentiel de Limete, on verrait mal une candidature commune de l’opposition qui ne serait pas celle de Tshisekedi junior.
Fatshi, on le sait, a hérité d’un patrimoine inestimable de son défunt père et historique opposant feu Etienne Tshisekedi. Ce capital se traduit par une base constituée d’inconditionnels militants et sympathisants du parti éparpillés à travers le pays avec des pics à Kinshasa et dans l’espace Kasaïen. Face aux enjeux à venir, Fatshi, fils de son père, va-t-il donner l’impression de prodiguer cette « richesse » acquise de son père, sur l’autel d’une candidature commune ? Toute la question semble être celle-là.

LE CAS JEAN-PIERRE BEMBA
Principal concurrent de Joseph Kabila aux présidentielles de 2006, le président national du MLC en liberté provisoire, a été investi candidat de son parti au scrutin présidentiel à venir. Après dix ans d’emprisonnement ferme du chairman à La Haye, le MLC surfe sur l’enthousiasme, l’effervescence qui a caractérisé, non seulement l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, mais aussi et surtout, la liesse qui a marqué son arrivée à Kinshasa. C’est donc un Jean-Pierre Bemba qui, après une décennie vécue en prison, sort auréolé et voudrait bien transformer cette sympathie en victoire électorale. Par conséquent, le président national du MLC aurait sans doute du mal à digérer l’option d’une candidature commune sans lui.
En ce qui concerne Vital Kamerhe, l’histoire des élections de 2011 renseigne qu’il fut au 3ème rang, sur un total de Onze postulants. Soit, immédiatement après Etienne Tshisekedi. A Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, le nom de Vital Kamerhe ne sonne pas creux. Et dire que c’est principalement dans ce coin du pays que le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), avait obtenu le plus de suffrages en 2011.
Pour sa part, le Premier ministre honoraire, Adolphe Muzito, a lui aussi, un capital non négligeable. A savoir la base du Parti lumumbiste unifié (PALU) qui, selon lui, l’a encouragé à postuler à la Magistrature suprême du pays. Pas seulement. Car, grâce à son Université populaire, ce digne fils Pende (cette ethnie de souche Lunda), élu de Kikwit, a pu sillonner à travers le pays, pour une vision partagée de la gestion de la chose publique. De ce point de vue, d’aucuns pensent qu’un consensus autour d’Adolphe Muzito ne serait pas un mauvais choix.

VIVEMENT LA CONFRONTATION DES PROGRAMMES
Face aux enjeux politiques en présence et ceux à venir, l’Opposition n’a donc point d’alternative contraire, que de marcher ensemble. Pas facile, certes, mais l’impératif d’un destin commun les y oblige. Par rapport à la problématique centrale soulevée ci-dessus, il y a lieu de souligner ici que la candidature commune de l’Opposition n’est pas une question de casting. Elle n’est pas à l’arrivée. Plutôt au départ. A ce sujet, des analystes avertis estiment qu’il va falloir que les candidats présidentiables se réunissent. Ce qui est évident.
Cependant, le bon sens admet que le choix soit opéré après confrontation de différents projets de société ou programmes des candidats. Incontestablement, l’assemblée tablera sur le profil, l’ancrage sociologique de tel candidat ou de tel autre. Mais toujours est-il que le programme passe par-dessus tout. Car, l’élection en démocratie, est aussi et essentiellement le moment de confrontation des projets de société. Moralité, le projet de candidature commune de l’Opposition doit se dégager à l’issue de ce processus. A savoir la comparaison des programmes des postulants.
Laurel KANKOLE

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