La part du droit et celle de la politique
mardi 4 septembre 2018

La Cour constitutionnelle a tranché. Définitivement. Du point de vue du droit, il n’y a plus de débat susceptible d’infléchir les données. Et même la donne.
A moins que de jouer les prolongations pour la forme dans les conversations de salon. A moins aussi d’alimenter la polémique bien de chez nous, en mettant à contribution tous nos juristes-politiciens.
Sinon, juridiquement, alea jacta est. Les arrêts de la Haute cour étant irrévocables et opposables à tous. En s’en remettant à la Cour constitutionnelle, les candidats à la présidentielle recalés par la CENI savaient parfaitement ce à quoi ils s’engageaient.
Pour Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito…la pilule est évidemment amère. Dans le palais de l’un comme de l’autre, elle pourrait même avoir un arrière-goût d’injustice, ou même de règlement des comptes.
Il n’en demeure moins que c’est bien cela la loi. Elle peut paraître dure ou même mauvaise, mais elle est la loi. Dura lex, sed lex, renseigne un vieux dicton latin qui n’a pourtant pas pris la moindre ride.
Voilà pour la part du droit. Reste le versant politique de l’exercice. Il n’aura échappé à personne qu’avec Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito ce sont deux grandes figures de l’opposition qui sont sevrées d’éligibilité à la magistrature suprême.
Deux compétiteurs majeurs qui auraient contribué notablement au nécessaire caractère inclusif des élections. D’autant que le leader du MLC et le premier ministre honoraire sont issus de deux de grands ensembles sociologiques du pays dans l’Ouest rd congolais. Si on ajoute Moïse Katumbi sur la liste des absents -qui lui n’a même pas pu déposer sa candidature-, cela fait quand même beaucoup du côté de l’Opposition. Cela pose un problème politique.
Le hic, c’est que le droit et la politique ne font pas toujours bon ménage. Celle-ci est l’expression des rapports de force, celui-là se limite à la rigueur des textes en vigueur.
C’est pourquoi, il est des circonstances qui requièrent le juste milieu, voire des accommodements raisonnables. D’où l’expression " nécessité fait loi ". Nous n’avons rien dit. José NAWEJ

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