DANS SON OUVRAGE « POUR LA DIGNITE PAYSANNE »
Deogratias Niyonkuru invite les paysans africains à se coaliser pour influencer les politiques agricoles
jeudi 13 septembre 2018

Auteur du livre « Pour la dignité paysanne », Deogratias Niyonkuru, plaide pour l’aide des pays africains aux petits paysans. Il invite, par ailleurs, les paysannes, à reprendre confiance en elles et dans leur métier d’agriculteur, afin de retrouver leur dignité. Dans le même régistre, Deogratias Niyonkuru demande aux organisations paysannes de s’organiser afin d’influencer les politiques agricoles.

A l’initiative du Centre national d’Appui au Développement et à la participation Populaire (CENADEP) en collaboration avec le Centre Wallonie-Bruxelles, Deogratias Niyonkuru a procédé le mardi 11 septembre en cours, à Kinshasa, à la présentation de son ouvrage intitulé : « Pour la dignité paysanne ». Il s’agit d’essai qui a suscité un débat houleux dans une assistance mosaïque, composée d’étudiants, de délégués d’organisations paysannes et autres des chercheurs.
Deogratias Niyonkuru souligne dans ce livre que, si les pays africains veulent développer l’agriculture dans leurs pays respectifs, la première chose est de renforcer l’estime de soi des paysans, leur redonner de la confiance dans leur métier d’agriculteur. Ce, avant de les aider à s’organiser pour qu’ils puissent, non seulement travailler sur des aspects économiques, mais également influencer les politiques agricoles de manière à pousser les politiques à apporter un appui au développement de l’agriculture familiale en lieu et place de privilégier l’agribusiness. L’auteur du livre « Pour la dignité paysanne » déplore le fait que personne ne croit en l’agriculture et que le travail de terre soit considéré comme dégradant. « les gens sont convaincus qu’être paysan est une sorte de malédiction à cause de la pauvreté ». La question des importations des produits agricoles n’a pas été oubliée. Selon lui, cette pratique constitue un frein au développement de l’agriculture locale.
Pour que les organisations paysannes puissent jouer pleinement leur rôle, Deogratias Niyonkuru estime qu’elles doivent renforcer leurs capacités et se structurer. « Elles ne doivent pas être des structures vides, mais des organisations qui mobilisent des moyens propres et qui ne dépendent pas uniquement de l’aide. Les organisations paysannes doivent surtout développer une réelle vision sociopolitique qui propose un modèle de changement sociétal dans lequel le paysan joue son principal rôle. Si les organisations paysannes travaillent en synergie, elles peuvent avoir une plus value ».
Le livre propose également une réflexion et des stratégies pour arriver à la couverture sanitaire universelle en milieu rural, en combinant à la fois des politiques de gratuité pour les populations les plus faibles vis-à-vis à des populations nanties et des contributions des populations les plus riches.
« Tant que les organisations paysannes n’auront pas pris conscience que c’est seulement en influençant les politiques agricoles, les choix politiques que les choses vont changer, il est inutile de continuer à injecter de l’argent dans le développement agricole parce que les importations massives, la mondialisation est en place pour, justement, faire en sorte que la part des marchés deviennent multinationales. C’est le principal combat de l’Afrique », note l’auteur du livre
Pour Deogratias Niyonkuru, l’argent n’est pas le vrai problème pour développer l’agriculture. « Le problème n’est pas d’abord l’argent, mais plutôt l’engagement des jeunes. Il existe de l’argent. Si les organisations paysannes étaient capables d’influencer certains partenaires qui dépensent autant d’argent et que le même pactole soit injecté selon les besoins des paysans, en privilégiant l’agriculture familiale, les choses changeraient petit à petit ». Les organisations doivent pousser les politiques à secteur dans tel ou tel autre investir en priorité ».
Pour le Directeur du CENADEP, son centre a de bonnes raisons de soutenir cet ouvrage « parce qu’il croit en la valeur du livre qui vaut partout en Afrique et dans le monde ».
Cet ouvrage de 520 pages, a été édité par le GRIP(Bruxelles) avec le soutien de Wallonie-Bruxelles internationale et de la Fondation Roi Baudouin.
Dina BUHAKE

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