SE CONFIANT A LA PRESSE UNE ANNEE APRES SA PRISE DE FONCTION
Hubert Miyimi livre le secret de la cure de jouvence administrée à la Sonahydroc
vendredi 14 septembre 2018

Directeur général de la Société Nationale des Hydrocarbures du Congo (SONAHYDROC), Hubert Miyimi vient d’accomplir une année à la tête du Comité de gestion de cette entreprise publique. Abordée par ‘‘Forum des As’’, il explique comment il procède pour relever cette entreprise qu’il a trouvée dans la léthargie. Interview.

Vous venez de totaliser un an à la tête de la SONAHYDROC. La tâche vous a-t-elle été facile ?

Je dirais que rien n’est facile quand on travaille dans un contexte de crise aiguë. Tout le monde sait que toutes nos entreprises traversent des moments difficiles. La tâche ne peut pas être facile pour le responsable d’une entreprise. L’état dans lequel nous avons trouvé cette société, il y a une année, ne pouvait pas nous laisser dormir. Surtout pas pour quelqu’un qui a une conscience tranquille. Encore moins pour une personne qui a trouvé des agents désespérés, un personnel avec des retards de paiements et des outils de travail dans un état de délabrement. Il y a donc de quoi prier le Ciel ! C’est ce que nous avons fait. Nous avons tourné les yeux vers le Ciel pour savoir ce que nous allons faire.

Par où avez-vous commencé pour que vos cadres et agents reprennent espoir ?

Nous avons d’abord commencé par dresser l’état de lieu qui était catastrophique. Et dans tous les plans. Nous avons trouvé une situation déplorable. Nous avons alors commencé par tonifier le personnel qui était démotivé, voire découragé. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ne venaient plus au travail ! Nous avons commencé par faire une sorte de bombardement spirituel de ce personnel que j’apprécie beaucoup. Cadres et agents de l’entreprise nous ont également fait confiance. Nous avons alors misé sur ces ressources humaines pour redémarrer. C’est ainsi que nous avons commencé à élaborer un plan de redressement, que nous avons présenté au Conseil d’administration, présidé par Luba Ntambu. Grâce à son œil vigilant, nous avons été orientés vers une stratégie. Celle qui repose sur les principes des trois C, à savoir la Crédibilité, la Compétence et le bon Caractère...

Quelle a été l’autre piste de solution ?
Evidemment ! Nous avons alors compris, en deuxième lieu, qu’il fallait donner du travail à notre personnel, d’autant qu’obtenir la crédibilité de gens ne suffisait pas. Il fallait également penser à l’outil de travail. C’est donc dans ce cadre que nous avons commencé, avec l’aide de notre partenaire Petrocam, à moderniser les stations-services. Puisque quand nous sommes arrivés, même la vente était médiocre. Mais, c’était plutôt dû à la société Nationale de Kinshasa. La vente ne pouvait ainsi pas refléter la Société Nationale. Nous avons alors essayé, avec l’aide de notre partenaire Petrocam, de mettre des produits de qualité, de moderniser les stations, de remettre l’outil de base en place…Je pense que vous connaissez comment étaient les stations de service en juillet 2017 ! Et comment elles sont devenues en juillet 2018 ! La différence ? Ce n’est pas à moi de vous le dire ! Nous avons alors paraphrasé notre chef de l’Etat qui parle régulièrement de la modernisation. C’est lui le père de la modernité. On n’a fait qu’obéir aux principes et exécuter.

Puisque vous parlez de la commercialisation, quelle garantie donnez-vous pour que la population soit convaincue que la SONAHYDROC lui offre du carburant de qualité ?

Nous sommes un outil de l’Etat, un outil du Gouvernement congolais ! Nous devons jouer notre rôle en aval dans la distribution du carburant. Mais aussi dans l’action d’étendre le réseau. Nous avons ainsi besoin de l’assistance de toutes les autorités de notre pays, puisque c’est une société nationale. La population ne peut que nous faire confiance et s’approprier (cette entreprise). D’ailleurs, la SONAHYDROC a un slogan qu’elle brandit : ‘‘Ya biso moko’’ (c’est la nôtre, en lingala, NDLR). C’est une manière pour nous de faire la différence avec les autres (entreprises) qui viennent opérer sur place, car le marché est ouvert. Nous sommes, certes, dans un secteur concurrentiel, libéral, mais notre entreprise reste la Société Nationale. Et c’est tout à fait normal !

Est-ce suffisant pour que la population soit rassurée ?

Nous ne pouvons qu’évoluer avec l’appui de la population qui doit s’approprier cette vision du chef de l’Etat. Nous devons disposer d’un réseau national de distribution des hydrocarbures. Les Kinois doivent donc être fiers de nous. Nous n’avons pas à leur demander plus, si ce n’est que d’apprécier ce que la Société Nationale fait. Nous leur disons quand même un petit secret : la Société Nationale est l’unique à vendre du carburant aux normes de l’Europe. Cela, beaucoup de personnes ne le savent pas ! Comparez la qualité, et même la couleur du produit vendu par la Société Nationale vis-à-vis de ce que les autres vendent. Mettez notre carburant dans une bouteille transparente et vous verrez la différence. Nous sommes donc la seule entreprise à vendre nos produits selon les normes européennes et au même coût.

N’avez-vous pas peur de perdre pédale ?
Nous, nous tenons à la qualité, et nous avons aussi un rôle social. C’est tout à fait normal ! Nous devons faire la différence selon notre appel, selon ce que le Gouvernement nous a fait comme recommandation, conformément à la loi en matière des hydrocarbures. Et sur ce, nous travaillons sous l’œil vigilant du ministre des Hydrocarbures à qui nous devons beaucoup de respect.

Avez-vous d’autres projets pour redynamiser cette entreprise ?
Ce n’est pas en une année qu’on peut redresser une société qui était déjà en état de délabrement avancé ! Que ce soit du point de vue technique, des outils du travail ou sur le plan humain ! Ce n’est pas facile ! La population a vieilli. La moyenne d’âge se situe entre 45 et 50 ans, et la bonne partie va en retraite. Si vous voyez bien, vous constaterez que, depuis 2010, jusqu’aujourd’hui, les gens ne sont pas partis en retraite, faute de moyens. S’il y a un projet à faire, je pense que c’est de mettre les gens en retraite d’une manière digne. Car, ce n’est pas possible de garder quelqu’un qui devrait être en retraite depuis 2011, avec un salaire d’attente. Tout cela fait gonfler la masse salariale…

Que faire alors ?

La première préoccupation que nous avons dans cette deuxième année d’exercice, c’est de faire partir, d’une manière digne, les gens en retraite. En commençant par les retraités de 2011 à ce jour. Il y en a même qui ont déjà 60 à 70 ans ! C’est donc bien qu’ils aient quand même le temps de se reposer, de jouir du résultat abattu pendant autant d’années. Propos recueillis par Christelle GIBEMBA

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