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D’Etsou à Ambongo en passant par Monsengwo
mercredi 26 décembre 2018

Lâché par le Cardinal Frédéric Etsou à l'occasion des élections de 2006, le concept " vérité des urnes" n'a pas pris la moindre ride depuis. Lors de la présidentielle de 2011, le successeur du Cardinal Archevêque, le non moins Cardinal Monsengwo remettra sur le tapis cette formule coupe-gorge. Voilà que son successeur à la tête de l'Eglise catholique de Kinshasa reprend à son compte la déjà légendaire "la vérité des urnes". "La vraie paix aujourd'hui, c'est aussi que les résultats qui seront publiés puissent réellement refléter la volonté du peuple exprimée dans les urnes" souligne Mgr Fridolin Ambongo dans son homélie de Noël. Nous voici prévenus. Le tout nouveau patron de l'Eglise catholique dans la capitale rd congolaise fera de la sempiternelle "vérité des urnes" son cheval de bataille. Reste que " la conformité des résultats à la volonté exprimée dans les urnes " peut s'avérer, à certains égards, une usine à gaz. D'abord, parce que selon un tropisme très kinois, la tendance est souvent d'extrapoler les résultats de Kinshasa-bastion de l'opposition- sur l'ensemble de ce pays-continent. Dans ce pays aux mille et un visages, cet exercice est trompeur. Les ressorts du vote obéissent à des logiques différentes selon que l'on soit dans les grandes villes cosmopolites comme Kinshasa et Lubumbashi, ou dans les territoires essentiellement ruraux où vit la majorité des Congolais. La circonscription électorale pour la présidentielle étant l'ensemble du territoire national. Ensuite, fort du vieux référentiel mobutien, l'inclinaison à penser que l'opposition incarne forcément la vertu et le…peuple, et le pouvoir le vice pousse nombre de hiérarques catholiques à être plus près de la première que du second. Pourtant, à y regarder de plus près, les choses ne sont pas aussi manichéennes. Enfin, ce qu'on dit dépendant de ce que l'on entend, "la vérité des urnes" sonne dans les oreilles des Congolais comme la victoire inéluctable de l'Opposition. Or, la logique démocratique postule que, dans un scrutin présidentiel à un tour, c'est celui qui recueille le plus de voix qui gagne. Il n'est donc pas exclu que le vainqueur soit de la Majorité sortante. {{José NAWEJ}}
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