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CONSEILLER PRINCIPAL AU COLLEGE COMMERCE INTERNATIONAL A LA PRESIDENCE
Désiré Muwala : "Ne pas négliger la coopération avec la Chine"
jeudi 27 juin 2019

* Présent en Chine dans le cadre de suivi des accords du sommet du FOCAC 2018, le chef de la délégation congolaise qualifie d'une aubaine les relations avec la Chine, tout en soutenant que le pays a besoin de tous ses partenaires pour émerger

A la tête de la délégation de la République démocratique du Congo en République populaire de Chine, dans le cadre de la réunion de la mise en œuvre des actions de suivi du Forum sur la coopération sino-africaine et de la première exposition économique et commerciale sino-africaine, le Conseiller principal à la Présidence chargé du Commerce international a salué les effets bénéfiques de la coopération entre la Chine et l'Afrique, avec à la clé un pactole de 60 milliards US pour soutenir la croissance économique en Afrique. Il a en outre indiqué que cette coopération demeure une aubaine pour la RDC qui peut en tirer profit en présentant des projets bancables pour la réduction de la pauvreté des populations congolaises. Interview.

M. Le Conseiller, vous venez de participer à la réunion des coordinateurs Chine-Afrique sur le suivi des accords du sommet du FOCAC 2018. Quelles sont les retombées de ces assises?

La première chose que je voudrais souligner d'entrée de jeu, c'est que j'ai constaté l'unanimité autour de cette coopération entre la Chine et l'Afrique. Donc les participants ont souligné les effets très bénéfiques de la coopération chinoise qui, il faut se le dire, tranche nettement avec la coopération que nous avons dans le passé avec les autres pays. Et on pourrait même dire que la Chine confucéenne est entrain de donner à l'Occident chrétien, une leçon de charité. Parce que vous imaginez ca fait un pactole de 60 milliards de dollars étendus sur trois ans qui sont mis à la disposition des Etats africains. Et dans la salle, je n'ai pas entendu un Etat africain dire que c'est peu. Bien au contraire, ils ont tous loué cette cagnotte.

Beaucoup d'analystes estiment que les Etats africains, notamment la RDC, manquent des stratégies pour bénéficier de ces fonds au profit de leurs pays respectifs?

Le problème majeur qui se pose pour l'utilisation de ces fonds se trouve au niveau du coût des études de faisabilité. Donc l'argent est là, les projets sont là, mais l'argent ne peut pas être débloqué parce que le coût des projets n'est pas connu. Et la Chine ne peut pas débloquer des fonds tant que le coût des travaux à réaliser n'est pas connu. C'est ainsi que la partie congolaise qui s'était concertée avec la partie sénégalaise, avait estimé que ce problème devrait être évoqué. Et la partie sénégalaise, qui assure la co-présidence de ce sommet, a eu l'honneur dans la salle d'exposer ce problème qui a été pris en compte. Ca, c'est le premier.

Le second problème, c'est le délai de remboursement. Vous savez la plupart de ce prêt, c'est 20 ans. Et on constate que dès qu'on débloque les fonds, les intérêts doivent être payés dès la première année. Alors les pays africains ont demandé à la Chine d'examiner si possible une stratégie pour octroyer un moratoire par exemple de cinq ans avant de commencer à rembourser. La partie chinoise a pris en compte cet élément mais en disant qu'il n'y aura pas une solution globale mais cela sera examiné au cas par cas, comme le fait un peu la Banque mondiale.

D'après vous qu'est-ce qui fait que la RDC ne puisse pas bénéficier de ce financement?

Le vrai problème de la RDC, c'est d'avoir présenté 21 projets dans le cadre de ce plan d'action de Beijing, qui est estimé à 60 milliards de dollars. Il y a même un projet qui m'a tiqué par exemple la construction d'un parc agro industriel dans la province du Maniema à 2 milliards US, alors qu'avec ce montant, on peut construire une centaine de parcs agroindustriels à disséminer à travers le pays.

C'est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle nous demandons aux Chinois de nous aider à bien évaluer les projets à présenter. On a proposé une enveloppe de 10 milliards US pour des études, ce qui pourra permettre à l'Afrique de présenter des projets bancables.

Nous avons des experts au pays, nous avons l'ANAPI par exemple et d'autres structures qui mènent des études sur différents projets. Est-ce que vous avez consulté ces organisations pour relever des projets en souffrance?

Je vous donne un exemple. Pour construire Inga III, les études de faisabilité nous ont pris combien d'années et cela a englobé combien de ressources humaines et financières? Le pays n'a pas les moyens de financer tout ca. Donc il faut qu'il y ait un "Big Push" pour épauler ces recherches.

Dans les "100 jours" du Chef de l'Etat, y-a-t-il pas un projet qu'on peut insérer dans le plan d'action du sommet de Beijng?

Ce que je dois dire c'est que les projets par exemple que la République démocratique du Congo a financés, comme le programme de 100 premiers jours du président Félix Antoine Tshisekedi a donné une idée sur d'énormes projets à financer. Et je le disais tout à l'heure dans mon intervention, du besoin d'un "Big Push". Il faut que les gens viennent financer et nous pensons que la Chine vient vraiment à point nommer pour nous aider en ce moment où cette coopération entre la Chine et le Congo se trouve à un tournant.

Le tournant, c'est que nous venons d'avoir un nouveau président, le tournant c'est que ce nouveau président a été élu sur un programme focalisé sur la lutte contre la pauvreté et qui dit la lutte contre la pauvreté dit production, création d'emplois pour redistribuer le revenu. Cela ne peut se faire pour un pays qui a de vastes potentialités agricoles, énergétiques, minières, etc. au point qu'on parle d'un scandale géologique, sans qu'il y ait primo la finance, le capital; secondo la technologie pour exploiter ces ressources; et enfin le savoir-faire. Vous avez beau avoir l'argent et la technologie mais il faut savoir utiliser cette technologie. Donc voilà ce sont là les enjeux qui se posent.

Et nous constatons que les projets par exemple que la RDC a financés correspondent ou peuvent s'inscrire facilement dans les huit initiatives du président Xi Jinping, qui couvrent tous les secteurs des infrastructures jusqu'à la formation. Donc je vous dis que c'a été une grande messe pour la communion entre l'Afrique et la Chine pour arriver à ce que tout le monde espère une communauté de destin.

Depuis l'avènement de l'actuel pouvoir en RDC, nous constatons une absence totale du pays ou encore une faible représentation dans les discussions entre la Chine et l'Afrique. La RDC a été par exemple absente du 2ème Forum sur la ceinture et la route. Comment justifiez-vous cela?

C'est vrai quand on regarde, on constate que la RDC n'a pas bénéficié des crédits disponibles durant la période 2015-2018. Le Congo n'avait rien présenté. Nous sommes à la troisième étape, le FOCAC a commencé en 2012, puis 2015 pour le deuxième sommet, nous parlons maintenant du troisième sommet de 2018, dont les actions sont prévues pour la période de 2019 à 2021.

La RDC effectivement est un peu à la traine. Mais pour le moment, pour ce sommet, la raison est simple. Je ne dis pas que nous ne méritons pas à ce niveau de représenter le pays. Mais le Gouvernement est démissionnaire. Nous attendons un nouveau Gouvernement, c'est ce qui explique cela.

En marge de ces assises, vous aviez visité la Chine et aperçu le grand travail mené par les Chinois, notamment dans le développement des infrastructures et autres secteurs de la vie. Quelle idée allez-vous ramener au pays?

C'est vrai quand on réalise que la Chine est en train de fêter les 70 ans de sa longue marche, nous constatons que l'Empire du milieu a fait un bond en avant. Voilà un pays qui était sous-developpé, - en 1949 des millions des chinois mourraient de faim chaque année- aujourd'hui exporte le surplus. Donc c'est une expérience qui nous inspire. Nous voulons nous inspirer du modèle chinois qui est un pays du Sud comme nous et dont nous partageons les mêmes expériences.

Il a fallu 25 ans de réformes à la Chine pour atteindre son niveau actuel. Les gens sont en train de louer la voie chinoise du développement qui est une voix lente par opposition à la voix "Big band" de la BM et du FMI. Pour les institutions de Bretton Woods, la réforme de l'économie doit se faire en trois ans. Alors que l'Afrique, comme le disent beaucoup d'experts, a manqué du temps pour décoller. C'est pourquoi depuis les années 80 nous pataugeons. Tout ce que le FMI et la BM ont tenté n'ont pas marché parce que c'était des réformes extrêmement rapides et qui ne pouvaient pas être facilement acceptées par les populations. D'où la révolte de la faim qu'on a enregistrée un peu partout dans les pays africains.

Avec tout ce que vous avez appris de la Chine, après votre passage à Beijing et à Changsha, qu'allez-vous conseiller au président Félix Tshisekedi à votre retour au pays?

Le conseil que je vais donner au président Félix Tshisekedi, c'est de ne pas négliger cette coopération avec la Chine parce que c'est une aubaine pour le pays. Rappelez-vous nous venons de passer 59 ans et ca patauge. Pour avoir du capital, vous savez la conditionnalité qu'on nous impose. Je voudrais vous dire ce que le président Museveni a dit tout à l'heure. Il a envoyé ces gens pour aller chercher l'argent à la Banque mondiale pour construire le chemin de fer, la BM a dit rentrez chez vous et trouvez l'argent vous-même.

Alors moi je dirai au Président ce que son père, Etienne Tshisekedi, d'heureuse mémoire me disait que nous devons développer le pays en faisant appel aux capitaux du monde entier. Que les Chinois, les Américains, les Japonais, les indiens, les brésiliens viennent investir dans notre pays parce c'est un pays vaste de 2.345.000 Km2, avec beaucoup de ressources. Et un seul pays ne pourra pas répondre aux besoins du Congo. C'est pourquoi, je vous ai parlé d'un "Big Push". Le "Big Push", c'est un plan. Il faut un plan Marshall pour développer le Congo. Et c'est dans ce sens que le président Tshisekedi a parlé d'un programme décennal dans son programme de campagne. Il a une vision à long terme pour le développement du Congo. Voilà pourquoi nous le soutenons. Propos recueillis par MOLINA, depuis la Chine.
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