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JEAN-PIERRE KAMBILA TIRE LA SONNETTE D’ALARME
Gouvernement : Il est temps d’agir
lundi 15 juillet 2019

"La sagesse voudrait que, sans précipitation, l'on sorte rapidement de cette léthargie, que l'on quitte sans délai cette zone grise propice à toutes les spéculations, à tous les doutes et à tous les mensonges et même à certains profits personnels", fait remarquer cet analyste battant pavillon FCC-CACH.

Dans cinq jours, cela fera deux mois jour pour jour depuis la nomination de Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre. Depuis, le successeur de Bruno Tshibala n'a toujours pas pris ses fonctions. Le Gouvernement, le sien, tardant à voir le jour. Cette période d'attente exaspère de plus en plus l'opinion et ne renvoie pas forcément une bonne image du pays à l'extérieur. L'analyste Jean-Pierre Kambila se fait l'écho de cette longue attente. Et y va de sa sonnette d'alarme.

FCC/CACH : Où est le gouvernement ?

Après une longue attente de plus de trois mois, le Premier Ministre qui devra conduire le gouvernement FCC/CACH a été présenté par l'autorité morale du FCC, groupe majoritaire à l'Assemblée Nationale, et officiellement nommé par le Président de la République conformément à la législation congolaise.

Nous voici au mois de juillet 2019, c'est-à-dire plus d'un semestre après les élections du 30 décembre 2018, l'Etat congolais ne dispose toujours pas d'un gouvernement légalement installé et au bénéfice d'une légitimité incontestable. Le Premier Ministre Tshibala, après avoir accompli l'essentiel du mandat qui était le sien, à savoir l'organisation des élections, a convié ses Ministres et amis à une soirée d'adieu puis présenté sa démission au Président de la République.

En place depuis le 20 mai, le nouveau Chef du gouvernement ne peut cependant pas légalement exercer sa fonction tant que son équipe gouvernementale n'est pas formée et que son programme de gouvernement n'a pas été approuvé par l'Assemblée Nationale. En effet, l'article 90 de la Constitution est suffisamment explicite quant à ces conditions.

Objectivement, l'absence d'un gouvernement à la tête d'un Etat ne signifie pas forcément l'arrêt de toutes les activités d'intérêt général. Il est évident que beaucoup d'actes nécessaires au bon fonctionnement de la République se prennent à des échelons inférieurs ; de plus la RDC dispose encore d'une équipe expédiant les affaires courantes, et comme chacun peut le constater certaines décisions engageant l'avenir du pays sont actuellement traitées à la Présidence de la République.

C'est justement cette pratique qui risque de conduire, consciemment ou inconsciemment, la Coalition FCC/CACH dans un piège qu'elle se serait elle-même tendu ou qu'auraient placé, sur son chemin, certains de ses propres cadres. Eh oui ! Ceci est souvent arrivé dans l'histoire de notre pays !

Il faut rappeler que la loi fondamentale, en son article 91, veut que la politique du pays soit définie par le gouvernement, certes en concertation avec le Président de la République. Le même article, en son alinéa 2 précise que c'est le gouvernement qui conduit la politique de la nation. La Constitution indique également que le gouvernement est responsable de ses actes devant l'Assemblée Nationale selon les conditions prévues aux articles 90, 100,146 et 147. C'est dire que, sans réduire, en quoi que ce soit, les prérogatives présidentielles, en considérant ce rôle décisif que le gouvernement assume dans le fonctionnement de notre Etat ; si des courtes périodes d'incertitudes, dues à l'absence d'un gouvernement, sont tolérables, il faut tout mettre en œuvre pour les limiter au strict nécessaire. Or, voilà que des sources non négligeables affirment qu'il n'y aura pas de gouvernement avant le mois de septembre prochain. Comment comprendre ce manque d'empressement des négociateurs FCC/CACH ?

Il faut avertir les uns et les autres, tant ceux du FCC que du CACH, que ce temps d'incertitude envoie à l'opinion publique congolaise et internationale une image négative de fragilité de la coalition. Cette nonchalance est affligeante, ce manque de résultat apporte de l'eau au moulin de Lamuka.

D'ailleurs, les semeurs de zizanies ne dorment pas ! Les réseaux sociaux fournissent, chaque jour, à qui les consultent, le fruit de la fertile imagination de nos compatriotes opposants. Pour un groupe, le retard s'expliquerait par l'exigence de certains caciques du FCC de prendre le contrôle des principaux leviers du gouvernement en préparation. Pour d'autres, le retard serait entretenu par certains cadres du CACH, positionnés à la Présidence, et heureux de profiter du vide qu'occasionne la prolongation. La sagesse voudrait que, sans précipitation, l'on sorte rapidement de cette léthargie, que l'on quitte sans délai cette zone grise propice à toutes les spéculations, à tous les doutes et à tous les mensonges et même à certains profits personnels.

Partout dans le monde, ce genre de situation arrange quelques-uns, mais les éventuelles conséquences éclaboussent tout le monde. Si nous voulons sincèrement sauver la coalition, il est temps d'agir.

A ce stade, il faut aller un peu plus loin et affirmer qu'entre le FCC et le CACH, il n'est plus seulement question d'une simple coalition. Ceux qui ont entendu et écouté les récentes déclarations du Président de la République lors de son interview sur RFI, ont noté que les deux branches socio-démocrates de la politique congolaise constituent désormais une seule et unique famille politique. Il y a des lustres que Joseph Kabila pense ainsi, et travaille au rassemblement de tous. Et c'est d'ailleurs, en tant que telle, c'est-à-dire "famille politique" que les extrémistes de Lamuka considèrent les partisans de leurs Excellences Félix Tshisekedi, Joseph Kabila et Vital Kamerhe comme des adversaires à éliminer au plus vite.

Il faut donc rappeler que la "fraternité politique" ne doit pas s'exprimer seulement à l'occasion des festivités, lors des victoires, comme à la suite du vote du bureau de l'Assemblée nationale, ou alors pour sceller des réconciliations suite à des brouilles, ainsi que nous l'avons récemment vécu après l'altercation consécutive aux propos d'un député FCC lors d'une plénière à la Chambre basse du Parlement. La nouvelle famille politique doit se mettre dès maintenant au travail et dans des dispositions pouvant lui permettre de défendre efficacement son bilan lors de l'épreuve de 2023. Il n'est jamais trop tôt pour préparer l'avenir.

Dès lors, il devient indispensable que les partisans, tant du Président Félix Tshisekedi, du Sénateur à vie Joseph Kabila, que ceux du Député National Vital Kamerhe, évitent les pièges et demeurent lucides. Il faut que les élites politiques déconstruisent les illusions qui empêchent de se rapprocher les uns des autres, et se soumettent aux exigences politiques du moment. Les tâches sont immenses et ne sauraient attendre davantage.

Le Premier Ministre entreprend actuellement des consultations ; il faut l'encourager dans cette délicate et essentielle démarche. Seul l'aboutissement heureux de cette épreuve ouvrira des perspectives prometteuses pour la nation.

Jean-Pierre Kambila

Cadre de la coalition FCC/CACH, Membre du PPRD
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