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Kinshasa : la route Cecomaf abandonnée à …un Indien
mardi 19 novembre 2019

Lorsqu'en janvier 2016, une belle pancarte était plantée à l'entrée du quartier I dans la commune de N'djili, annonçant la réhabilitation du tronçon Q1- Cecomaf, les nombreux usagers de ce tronçon routier n'ont pas hésité de pousser un ouf de soulagement. Quatre ans après, cette route, longue d'une dizaine de kilomètres, n'est toujours pas praticable. Mini-enquête.

L'Office des routes devant la réhabiliter l'a ''confiée'' à un Indien qui jette quelques bennes de moellons à certains endroits délabrés.

Nos tentatives de chercher à savoir pourquoi le tronçon est resté dans cet état ont achoppé aux caprices des agents, qui nous ont fait marcher pendant trois jours. Dans l'entre-temps, le seul leitmotiv des usagers

Pour se rendre à la place Cecomaf, partant du quartier I - à une dizaine de kilomètres de là - on est obligé de faire un détour qui conduit du quartier I en passant par la station Engen du quartier 8 pour le boulevard Luemba avant de rejoindre la route de Cecomaf.

La raison de ce détour : à ce jour, il est pratiquement difficile d'aller à Cecomaf sans emprunter ce détour, la partie entre la station Engen au quartier 8 est impraticable avec deux grands trous qui se transforment en lacs lorsqu'il a plu. C'est précisément de l'avenue Fabiesa à la boucle (virage), en face du bistrot Couloir Kilo Moto, sur environ 800 mètres.

AU RISQUE ET PERIL DES VEHICULES

La partie comprise au niveau de ''Libulu ya Ambassade'' au ''Wenze ya 6'' (petit marché du quartier 6) est quasiment praticable. Mais les automobilistes éprouvent quelques soucis à la place ''Ndunga-Ndunga', sur l'avenue Zamba. On atteint Cecomaf sans beaucoup de difficultés en temps sec, mais les choses se présentent autrement après une pluie.

Ce tronçon, généralement très fréquenté par des véhicules - voitures-taxis, mini-bus et autres ''207'', est aujourd'hui déserté. Ne s'y hasardent que quelques chauffeurs intrépides et des motards, au risque et péril de leurs engins.

Par conséquent, aux heures de pointe, il est difficile d'attraper un moyen de transport, sinon une moto. Nous en avons fait la triste expérience ce mercredi 13 novembre. Plantés depuis 11 heures, au virage, à la place où se joignent le tronçon Q.I-Cecomaf et la boucle Sainte Thérèse-Cecomaf, nous n'avons pu trouver un taxi qu'après près de trois quarts d'heure. Le taxi n'arrive qu'au ''Wenze ya 6'', à quelques mètres seulement. Pas donc de taxi pour nous conduire à Cecomaf !

UN INDIEN POUR SAUVER CECOMAF

Jeancy, le taximan qui nous conduit au petit marché du Q.6 raconte le calvaire rencontré par les conducteurs sur cette route. "Nous éprouvons beaucoup de difficultés pour exercer notre métier sur cette route, car en mauvais état. Nous nous demandons pourquoi elle n'a pas été retenue dans le Programmée d'urgence de 100 jours du chef de l'Etat. C'est grâce à l'intervention d'un entrepreneur Indien, propriétaire d'une carrière à N'djili Brasserie, que cette route est devenue quelque peu praticable. Cet Indien est considéré par les habitants du coin et les usagers de cette route comme leur Moïse", nous confie le taximan.

Papitcho, un agent de l'ACCO (Association des chauffeurs du Congo, NDLR) salue les services rendus par cet Indien. "La route est praticable grâce aux moellons que cet entrepreneur Indien déverse sur cette artère, lui qui détient une carrière à N'djili Brasserie", a-t-il déclaré.

QUE LA REHABILITATION SOIT CONFIEE A UNE SOCIETE EXPERIMENTEE

Le vice-président de l'ACCO, Moïse Tabala, plaide pour la réhabilitation de cette voie, car son mauvais état empêche les véhicules d'arriver à Cecomaf. Et à l'unisson, les 7 agents de l'ACCO rencontrés sur place ont demandé que la réhabilitation de la route soit confiée à une société expérimentée et capable de bien faire le travail.

"Qu'on réhabilite les routes qui produisent. Nous regrettons que les autorités soient plutôt prêtes à réhabiliter les routes non productives ", plaident-ils.

En effet, cet entrepreneur Indien - dont on ne nous a pas communiqué le nom - s'affaire à boucher les nombreux nids-de-poule et autres trous béants qui jonchent le tronçon, en y versant quelques bennes de moellons.

Malheureusement, cette intervention, du reste salutaire, est contreproductive dans la mesure où ces moellons ne permettent pas aux véhicules, encore moins aux taxis et motos, de rouler convenablement. En roulant dessus, les engins font face à un cahotement peu heureux, dénoncé par le chauffeur Gaël qui nous conduit au retour.

PAS DE VEHICULE PENDANT 6 HEURES

A 12 heures, lorsque nous arrivons à Cecomaf, nous sommes devant une scène pitoyable : un groupe de marchandes avec leurs colis de légumes, (feuilles de manioc), attendent depuis six heures un véhicule qui ne vient toujours pas. Nombre de véhicules de passage refusent de les transporter au marché de Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu, où elles vont vendre leurs marchandises.

"Que l'Etat réhabilite cette route, car nous souffrons pour aller vendre nos marchandises à Gambela. Nous sommes ici depuis six heures et nous ne trouvons pas de véhicule", se lamentent-elles.

Dès qu'un véhicule arrive, les femmes se mettent à crier: "Gambela ! Gambela ! " Mais aucun véhicule ne veut les prendre, les chauffeurs préférant appliquer le très décrié système de ''demi-terrain''.

"LES VEHICULES TOMBENT SOUVENT EN PANNE "

Gaël, un des chauffeurs contactés plaide pour la réhabilitation de la route " car, explique-t-il, les véhicules tombent souvent en panne et nous enregistrons beaucoup d'accidents. " Les pannes les plus récurrentes, selon le chauffeur qui nous ramène, sont les pneus, les amortisseurs, l'épave...

Gaël justifie le système de demi-terrain par le mauvais état de la route. "Nous refusons de transporter les colis des marchandes à cause des agents de transport qui se mettent à nous tracasser lorsqu'ils aperçoivent des colis sur la carrosserie. En outre, les moellons placés sur la route ne facilitent pas le transport", se défend-t-il.

En attendant la restauration de cette route qui tarde à venir, les usagers doivent prendre leur mal en patience. Et pourtant, la route est d'une importance économique évidente. Beaucoup de produits agricoles proviennent de ce coin, en l'occurrence des légumes de toutes sortes, des fruits, du manioc, des arachides, du maïs… Sur place, c'est un véritable commerce qui s'y pratique : produits vétérinaires, de volaille, différentes graines de légumes, etc.

Pourquoi est-elle abandonnée, alors que sa réhabilitation a été confiée à l'Office des routes? Kléber KUNGU & Dina BUHAKE
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