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DEVANT EVOLUER DESORMAIS DANS SON PROPRE PARTI POLITIQUE
2023 : Moïse Katumbi Chapwe annonce ses couleurs
mercredi 11 décembre 2019

* Selon Moïse Moni Della, l'un des plus proches du président du TP Mazembe, tout est fin prêt pour la sortie officielle de cette formation politique.

Non partant pour la présidentielle du 30 décembre dernier, Moïse Katumbi considère cette séquence comme une page définitivement tournée. Désormais, le "manitou" du prestigieux club sportif de Lubumbashi, place le curseur sur l'horizon 2023 et s'y prépare le plus sérieusement du monde. Portant jusqu'à ce jour le brassard de commandant en chef de la plateforme "Ensemble pour le changement", Moïse Katumbi vient de créer son propre parti politique. Ceci explique cela.

S'exprimant hier mardi 10 décembre sur une radio privée émettant de Kinshasa, Moïse Moni Della, l'un des plus proches de l'ancien gouverneur de l'ex-province du Katanga, rassure que tout est fin prêt pour la sortie officielle de cette formation politique dont le nom n'a pas été révélé. "Le Règlement intérieur, les structures et les statuts du parti sont déjà prêts", précise le président national du parti des Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE).

Au sein de l'opinion publique dans la capitale congolaise, l'annonce de la création d'un nouveau parti politique dirigé par Moïse Katumbi, est diversement commentée. Certains analystes perçoivent la démarche de Katumbi comme une manière de se débarrasser de Martin Fayulu avec qui il semble ne plus partager la même vision. Secret de polichinelle, le chairman du TP Mazembe a opté pour une Opposition républicaine, alors que le président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), reste engagé au front de son combat pour la "vérité des urnes".

Par ailleurs, un autre point de divergence entre Moïse Katumbi et Marti Fayulu est celui de la désignation du porte-parole de l'Opposition. Ici aussi, les deux leaders, par leurs lieutenants interposés, semblent être aux antipodes. Si les Katumbistes se déclarent favorables à la démarche, les Fayulistes s'y objectent sans la moindre concession. Les partisans de Martin Fayulu qui continuent à le considérer comme le véritable vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018, arguent que ce dernier ne peut plus prétendre enfiler le sayon de porte-parole de l'opposition. Ce qui, à leurs yeux, serait une façon de vouloir à la fois une chose et son contraire.

"On ne peut pas être en même temps Président de la république élu et opposant", avait déclaré un proche de Martin Fayulu, membre de la Dynamique pour la vérité des urnes (DVU), dans une correspondance de cette plateforme, datée du 1er octobre dernier, adressée aux présidents des deux chambres du Parlement.

Dans leur contre-avis exprimé dans un communiqué rendu public vendredi le 18 octobre, les Katumbistes membres du Groupe parlementaire MS-G7, avaient rappelé que "la désignation du porte-parole de l'opposition procède du prescrit légal et non de la volonté d'un individu ou d'un groupe d'individus".

Toutefois, les lieutenants du camp Katumbi avaient reconnu volontiers aux sociétaires de la DVU, le droit de poursuivre leur combat au front de la vérité des urnes. En même temps, le MS-G7 s'était déclaré offusqué par ce qu'il avait qualifié d'attitude de la DVU qui, de manière délibérée, refuse de reconnaitre l'existence d'une Opposition légale. "La DVU, association informelle et sans statut légal, doit-être cohérente avec elle-même et admettre qu'elle n'est pas concernée par la désignation du porte-parole de l'Opposition", avait renchéri le MS-G7 dans son communiqué.

UNE STRATEGIE POLITIQUE

Si certains observateurs considèrent l'initiative de Moïse Katumbi, comme une passerelle que ce dernier place devant lui, d'autres la qualifient plutôt de stratégie politique. En d'autres termes, l'existence d'une coalition politique comme plate-forme, n'est pas antinomique à la liberté, au droit d'un membre de celle-ci de créer son propre parti politique. Car, une coalition ne vaut que par les partis qui la composent et de toute évidence, aucun parti politique ne saurait, dans le contexte actuel, prétendre faire cavalier seul et gagner les élections. L'équation est devenue de plus en plus difficile à partir du moment que la loi électorale en vigueur, fixe le seuil électoral à 1%. Dans ces conditions, on ne voit pas par quelle alchimie, une formation politique, fut-elle la mieux implantée, peut espérer remplier sans pour autant être dans une coalition.

Tout bien considéré, plus d'un considère les dissonances actuelles dans les milieux des sociétaires de la plateforme politique "Lamuka", comme des scènes de ménage qui ne devraient pas sacrifier l'essentiel. Comme qui dirait, le moment venu, tous devront faire chorus autour d'un même idéal. Celui de se mettre en ordre utile de bataille en 2023. Grevisse KABREL
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