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SELON HONORINE BOKASHANGA DE L’UDPS
Le faible pouvoir économique de la femme congolaise est un obstacle à sa participation politique
lundi 13 janvier 2020

La participation politique de la femme congolaise demeure un défi. Comment donc gagner le pari de la représentativité de la gent féminine congolaise dans les différentes institutions du pays? Voilà une problématique récurrente que posent plusieurs organisations féminines locales et internationales pour aider les femmes à s'engager dans la gestion de la res publica et aussi, avoir plus de candidates et plus d'élues lors des prochains scrutins de 2023.

D'ores et déjà, d'aucuns estiment que la femme n'a pas suffisamment de moyens financiers pour s'engager à la politique. Cela constitue un frein pour son épanouissement.

Honorine Bokashanga, membre du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) explique d'abord que la femme politique est celle qui s'intéresse à la gestion de la chose publique. Mais la femme qui s'engage en politique est butée à plusieurs problèmes ne lui permettant pas d'aller loin. Cette militante des droits de la femme et experte en genre, postule que les responsables des partis politiques n'alignent pas souvent les femmes sur leurs listes nominatives et électives.

Bien que la femme ait des ambitions, voire une base plus que son partenaire homme, elle ne voit pas son nom sur la liste. Pire, elle ne sait même pas exprimer ses ambitions.

Un autre problème évoque Honorine Bokashanga, est le faible pouvoir économique de la femme. "Si la femme était économiquement forte, elle chercherait à créer son parti politique. Mais la création des partis politiques et leurs agréments exigent beaucoup d'argents au ministère de l'Intérieur", explique-t-elle. Le défi économique est l'un des obstacles pour les femmes de créer les partis politiques, payer la caution et faire face à d'autres charges pour la viabilité du parti politique.

Cependant, Honorine Bokashanga indique qu'on ne peut pas assumer une responsabilité politique ou un poste de commandement si on n'est pas membre d'un parti politique. Car, le pouvoir se partage au sein des formations politiques. En dehors de ce cadre, c'est difficile.

"Nous saluons la volonté politique manifeste du Chef de l'Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui a pesé de tout son poids pour avoir un pourcentage quoique faible, mais élevé 17% des femmes aujourd'hui au sein du Gouvernement, en imposant à tous les chefs des partis politiques d'aligner sur leurs listes plus de femmes", se réjouit-elle. Et d'ajouter: "Nous lui remercions pour ce geste. Nous voulons qu'il fasse plus pour les postes nominatifs dans les portefeuilles de l'Etat". "Notre souci est que le Président de la République puisse combler l'article 14 de la constitution, car les femmes compétentes existent en RDC dans tous les secteurs même en dehors des plateformes politiques, dans la société civile... Nous encourageons la méritocratie et les compétences".

Pour sa part, Anaclet Mboloko, taximan de son état est d'avis que la femme et l'homme ont les mêmes ressources pour faire la politique et donner le meilleur d'eux-mêmes. "La différence se situe au niveau du sexe". "Moi, en 2011 comme en 2018, j'ai voté pour les femmes. Malheureusement, elles n'étaient pas élues". "J'ai toujours donné la chance à la femme pour la gestion des institutions". Le problème est que les femmes n'ont pas d'argent pour circuler et convaincre sa base dans une circonscription.

"Nous sommes mal habitués avec des candidats qui viennent avec des biens, sans aucun projet de société réel pour qu'ils soient votés. Nous devons changer de paradigme. Quelques fois, nous nous retrouvons avec des femmes qui ont un programme cohérent, mais qui n'ont pas d'argent. Au lieu de la voter, nous les sacrifions au profit du candidat friqué. qui nous a remis des présents.

Cela handicape les femmes", explique-t-il.

Face à cette triste réalité de nos us et coutumes en période de campagne électorale, Anaclet Mboloko propose aux femmes candidates d'être en contact avec la base. Non seulement pendant la campagne mais bien avant pour consolider les liens.

Anaclet Mboloko invite les partenaires de la RDC à soutenir les femmes candidates pour leur donner de nouvelles stratégies afin de contourner la donne censitaire du vote. "Les femmes ont leur façon de gérer. Si elles sont nombreuses à l'Assemblée nationale, elles pourront changer beaucoup de choses, en prenant pour exemple la Secrétaire générale du parti Mouvement de libération du Congo (MLC)". Pour ce taximan professionnel, Mme Eve Bazaïba a donné un autre souffle à ce parti dirigé depuis sa création par des hommes qui ont pour la plupart échoué. "Dans sa gestion, Eve Bazaïba a pu s'imposer et incarner un leadership absolu par sa ténacité", renchérit-il.

"Nous sommes au XXIème siècle. Les choses évoluent. Nous devons suivre ce rythme", s'exclame Mme Patience, fruitière à Gombe. Elle souligne que la femme doit avoir l'estime de soi. "Je soutiens les femmes à faire la politique pour défendre nos intérêts surtout au Parlement. J'ai voté pour des hommes en 2006 au niveau national et provincial. Ils ne nous regardent plus. Ils ont même déménagé pour aller vivre ailleurs, soi-disant que nous sommes devenus une charge pour eux". "Faire de la politique exige beaucoup de moyens surtout pour nous les femmes. Les hommes ne nous aident pas. Ils veulent toujours nous mettre à l'écart". En 2018, j'avais adhéré un parti politique, et ce n'était pas facile pour moi. Les heures de réunions ne me permettaient pas de faire mon travail et de satisfaire les besoins de mon ménage. On nous exigeait la disponibilité pendant que nous devrions en même temps cotiser. C'était compliqué pour moi. C'est pourquoi je m'étais retirée", renseigne-t-elle.

Si les partenaires traditionnels de la RDC tels que ONUFEMMES et le Canada peuvent aider les candidates en leur dotant de moyens nécessaires leur permettant d'être en contact permanent avec leurs bases avant les échéances électorales, cela pourra accroitre le nombre de femmes élues à tous les niveaux. Mathy MUSAU
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