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RENDEZ-VOUS MANQUE DE MIKE POMPEO EN RD CONGO
Peter Pham : "Nous avons un autre agenda qui n’est pas celui des Congolais "
vendredi 14 février 2020

Invité de l'émission Face à face de Top Congo FM d'hier jeudi, l'Envoyé spécial de Donald Trump pour la région des Grands lacs soutient que la visite du chef de la diplomatie américaine à Kinshasa n'a pas été officiellement annoncée par le Département d'Etat.

Pourquoi le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo ne viendra pas à Kinshasa ? Comment les Etats-Unis jugent-ils la gouvernance Tshisekedi? Pourquoi n'aident-ils plus RD Congo dans la lutte contre l'instabilité dans l'Est de son territoire ? Voilà donc, les grands axes de l'entretien hier jeudi 13 février, de notre confrère Christian Lusakweno, patron de la radio Top Congo FM, avec J. Peter Pham, Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands lacs en Afrique, en visite officielle en RD Congo. Forum des As publie ci-dessous, l'intégralité de ce face à face et présente ses excuses anticipées pour d'éventuelles coquilles dues aux aléas du décryptage. Grevisse KABREL

C. L. : Vous êtes à votre troisième visite en RD Congo pour un partenariat privilégié. Où en sommes-nous ?

Peter Pham : Nous sommes en bonne place après moins d'une année de ce partenariat lancé en avril dernier, lors de la visite du Président Tshisekedi à Washington. Ce partenariat complexe, comprend des volets politique, économique, sécuritaire et de bonne gouvernance. Et cette relation entre nos deux pays a connu une bonne progression au cours des deux derniers mois.

Commençons par la bonne gouvernance. On a beaucoup parlé de lutte contre la corruption. Le Président Tshisekedi a même fait de grandes annonces à Washington. Où en est-on ?

Ah oui. Je pense que le climat politique a changé. Les mentalités à la tête du Gouvernement aussi. Nous avons une vision d'un Etat de droit. Un Etat dans lequel nul n'est au-dessus de la loi. Un Etat dans lequel l'impunité n'existe plus. Bien sûr, c'est un chemin de longue durée. Mais en même temps, nous avons constaté une volonté de changement voulu par le peuple congolais. Et, à cette aspiration, les Etats-Unis sont prêts et ont déjà apporté leur appui. Pas seulement avec des paroles, mais avec une assistance technique aux ministères ayant dans leur mission, la responsabilité de travailler pour atteindre cet idéal. A titre d'illustration, j'ai eu une réunion avec le ministre des Finances et nous avons abordé les possibilités d'une assistance technique et la formation du personnel à cette lutte contre la corruption.

Vous dites qu'on sent un changement. Quantitativement, en quoi le sentez-vous ?

Oh mais il y a cette volonté de mettre fin à l'impunité. Je puis dire qu'avant, ce n'était pas la même mentalité. Avant, on niait que la corruption existe, même si tout le monde le savait. Mais maintenant, on a constaté et admis que c'est un problème. Et, la première étape de la lutte contre une maladie, c'est d'abord admettre, reconnaitre que celle-ci existe. C'est de cette manière qu'on peut lutter contre le mal.

Bonne gouvernance, lutte contre l'impunité...C'est toujours dans le cadre de la corruption ?

Bien sûr, dans ce sens que personne n'est au-dessus de la loi. La loi est pour tout le monde, que l'on soit Chef de l'Etat ou citoyen lambda.

Et là aussi, vous avez constaté de changement?

Oui. Je ne veux pas entrer dans la politique intérieure de la RD Congo. C'est la responsabilité et le droit du peuple congolais. Mais on constate aussi des personnes qui savent d'où ils viennent et où ils vont.

Vous n'entrez pas dans la politique intérieure du Congo, pas d'ingérence…Mais des sanctions qui ont une forme d'ingérence, même si cela se passe chez vous ?

Les sanctions sont prises pour des personnes coupables. Tous les Congolais que j'ai rencontrés, soit au cours de cette visite, soit lors de mes visites précédentes, ont réclamé des sanctions pour permettre au pays d'avancer, parce que nos sanctions apportent un appui soit au changement, soit à la bonne gouvernance pour que les personnes sanctionnées ne puissent pas trouver refuge dans le système financier international.

Vous dites qu'il y a des progrès, mais vous menacez toujours d'autres personnes de sanctions…

Oui. C'est pour que toute personne qui fait obstacle à l'aspiration du peuple congolais au changement, soit sur le plan politique, de la démocratie, la paix ou sur le plan de la sécurité…soit attentive.

Sécurité justement. L'Est, véritable couloir qui correspond aussi aux gros gisements de matières premières, fait l'objet d'instabilité. On ne vous sent pas en RD Congo, on ne vous sent pas dans l'Est du continent…

Oui. Dans l'Est de la RD Congo, ce sont des conflits…Je puis dire le lieu mal gouverné ou pas du tout gouverné où l'on retrouve des groupes armés. Malheureusement, malgré notre préoccupation pour le peuple congolais pour lequel nous sommes le plus généreux donateur, soit humanitaire, soit sanitaire, malgré notre préoccupation pour la paix et la stabilité dans la Région, nous sommes limités dans ce que nous pouvons faire dans le cadre sécuritaire et militaire, parce que les personnes sanctionnées, même les généraux, restent encore dans les Forces armées de la RD Congo. Et, le fait que ces personnes y restent, nous sommes limités dans la collaboration possible.

Vous auriez voulu que le Président Tshisekedi relève de leurs fonctions, les sanctionnés qui ont toujours des postes de responsabilité à l'Est ?

Je voudrais dire en d'autres termes que si ces personnes aiment réellement leur pays, s'ils veulent une collaboration militaire, qu'ils puissent aller à la retraite et laisser la place à d'autres personnes qui ont des mains propres.

Là, vous exonérez le Président Tshisekedi de sa responsabilité ? Ce n'est pas à lui de les relever de leurs fonctions ? C'est à eux de prendre la retraite?

Non. Il en a le droit. C'est lui le Chef de l'Etat. Rome ne s'est pas construite en un jour. De même qu'un Etat de droit. Nous constatons un progrès et nous appuyons la vision du Président Tshisekedi. Je suis patient.

Il vous a dit qu'il ne peut pas les relever de leurs fonctions ?

Je ne parle jamais des choses que j'ai dites dans un entretien privé avec le Chef de l'Etat.

Conclusion…il y a encore du chemin ?

Oui. Toujours.

Que vont faire les Etats-Unis d'Amérique pour aider le Président Tshisekedi ?

Je vous ai déjà dit. Notre position est très claire. Parce que je vais m'exprimer publiquement, tout le monde connait les limitations du Droit américain. Nous avons des lois sur l'assistance sécuritaire et militaire qu'il faille respecter et tout le monde connait ce qui doit être fait.

Est-ce que tant que tout cela n'est pas fait, même s'il y a eu la signature d'un accord avec la GE (General Electric), valeur estimée avoisinant le milliard de dollar…le climat des affaires version américaine ne sera pas meilleur ?

Le climat des affaires s'est amélioré. C'est mieux aujourd'hui que l'an dernier. C'est pourquoi, le «General Electric» est la première compagnie américaine à venir investir en RD Congo, avec le chiffre que vous avez-vous-même avancé.

Y en aura-t-il d'autres ?

Je l'espère bien. Mais il faut voir la lutte contre la corruption se poursuivre. La combattre pour un Etat de droit. On a certes, constaté le progrès, mais il faudrait encore plus.

«General Electric» vient du fait du partenariat privilégié ou du fait des opportunités de la RD Congo ?

Le partenariat privilégié, comme je l'ai dit tantôt, est assez complexe. Bien sûr, le GE est venu en cherchant les opportunités. Il va commencer le travail. Il faut de financement. Et, en même temps, nous avaons de grands problèmes avec l'Agence Developpment Fitness Corporation et les autres qui peuvent l'aider dans le financement du projet.

GE, sur ce projet, est appuyé par ces agences-là?

Toutes les sociétés américaines qui cherchent à aller au-delà des Etats-Unis, surtout en Afrique, bénéficient de l'appui du Gouvernement américain. Il faut attendre, quant aux détails.

Pour le moment, vous ne pouvez rien nous annoncer sur le GE ?

Je vous conseille d'adresser des questions spécifiques, soit au GE, soit au ministère congolais des Ressources hydrauliques ou à celui de la Santé. Bref, toutes les parties signataires dudit accord.

C'est toujours un plaisir d'avoir l'Envoyé spécial du Département d'Etat américain pour la Région des grands Lacs d'Afrique. C'est votre troisième visite en RD Congo qui arrive un peu avant une autre, celle qu'on attendait aussi du Secrétaire d'Etat Mike Pompeo. Le Président Tshisekedi l'avait annoncé.

Non. Ecoutez. Cette visite n'avait pas été officiellement annoncée par le Département d'Etat.

Le Président Tshisekedi pourtant en avait parlé. Donc, il en avait été question quelque part.

Ce n'était pas annoncé officiellement. Le secrétaire d'Etat doit toujours annoncer. Ce dernier temps, le ministre américain des Affaires étrangères est très sollicité et parfois, on change de programme un jour avant. Malheureusement, le temps pour un voyage en Afrique, le tout premier comme chef de la diplomatie américaine, était accroché. Il faut faire de choix. Ce choix n'est pas contre le Congo., parce que c'est notre appui au Gouvernement Tshisekedi à changer. Je ne serai pas ici. Ne me mets pas devant le micro pour le parler de notre appui. Ici, nous parlons du partenariat. Comme je l'ai dit tantôt, nous avons opéré le choix et, en ce moment, le Secrétaire d'Etat a jugé que l'Angola, votre voisin, qui traverse des moments très critiques dans la lutte contre la corruption, avec la poursuite des membres de famille de l'ancien Président, c'est pourquoi nous avons jugé prompt d'y apporter l'appui des Etats-Unis. Mais, je voudrais ajouter pour dire que notre partenariat est quelque chose de continu. Vous avez noté que c'est ma troisième visite en tant qu'Envoyé spécial des Etats-Unis pour la Région des grands lacs d'Afrique. Notre ministre de la Santé, le chef de notre Centre de lutte contre les maladies, notre Ambassadeur itinérant pour la lutte contre le trafic de l'être humain étaient déjà venus ici. C'est donc, un rythme continu. Et nous avons aussi accordé au Président Tshisekedi, le privilège de venir trois fois aux Etats-Unis depuis le début de son mandat. Tout ça constitue les indications de partenariat privilégié.

Il n'y a pas comme une sanction derrière le non-passage par Kinshasa, il va en Ethiopie, on peut comprendre, le Sénégal un peu moins…L'Angola, c'est juste à côté. Il n'y a pas de sanction. Certains disent qu'il n'y a pas assez de signes.

L'unique signe est que l'Angola, en ce moment, nécessite cet appui particulier. Les autres signes sont l'arrêt de fake-news des personnes peut-être malintentionnées. Nous avons un autre agenda qui n'est pas celui du peuple congolais.
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