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CLIMAT DES AFFAIRES
J. Mabunda annonce une "lutte implacable contre la corruption"
mardi 17 mars 2020

*La présidente de l'Assemblée nationale affirme qu'à la suite du Chef de l'Etat, son institution fera de cette lutte, "son agir politique en vue d'incarner et de promouvoir la bonne gouvernance en RDC."

*Le Bureau de la Chambre invite par ailleurs le Dr Muyembe pour une séance académique ce mardi à l'hémicycle sur le sujet Ebola et la pandémie Covid-19.

Le go de la session ordinaire de mars a été donné par la Présidente de l'Assemblée nationale hier lundi 16 mars en présence de ses valeureux prédécesseurs et de plusieurs autres invités de marque. Dans son allocution, Jeanine Mabunda indique qu'au moment où s'ouvre la présente session, la Chambre a enregistré 20 propositions de lois venant des députés dont certaines ont déjà été soumises au Gouvernement pour ses avis éventuels. Ces initiatives législatives, précise la première d'entre les élus nationaux, cadrent toutes avec la bonne gouvernance.

La Speaker de la Chambre basse fait également savoir que 21 des 36 questions écrites ont été jugées recevables et pourront être posées dans les prochaines semaines auprès des concernés. Plusieurs autres lois seront examinées, a-t-elle indiqué. C'est le cas de la révision du code pénal sur le volet lutte contre la corruption du député Henri Thomas Lokondo et la loi sur les personnes avec handicap de l'élue de la Tshopo, Eve Bazaïba.

Au regard du contexte morose de l'économie mondiale, comme signifié lors de la récente réunion du Comité de politique monétaire (CPM), la Présidente de l'Assemblée nationale exhorte le Gouvernement à prendre des mesures qui s'imposent pour bien gérer le peu de ressources générées par les régies financières et autres. "La situation financière difficile appelle à une meilleure allocation des ressources, à une plus grande mobilisation des ressources internes, au maintien de la discipline budgétaire pour mettre fin au cycle des déficits…", déclare-t-elle.

C'est ainsi qu'elle a fait de la lutte contre la corruption le centre de l'action parlementaire de cette session de mars. "Notre chambre examinera, parmi ses priorités, la proposition de loi du député Pasi Zapamba ainsi que celle de loi organique portant création, organisation et fonctionnement de l'Agence nationale de lutte contre la corruption de l'honorable Henri Thomas Lokondo", confie Jeanine Mabunda. L'objectif visé, explique la speaker de la Chambre, est "le renforcement des dispositifs répressifs et la mise en place d'un cadre institutionnel en amont destiné à prévenir et à lutter contre la corruption et les infractions connexes."

Parlant du contrôle parlementaire, elle fait savoir que celui-ci sera renforcé. Mabunda souligne qu'il ne s'agit pas d'un harcèlement politique mais un devoir de redevabilité. C'est dans ce contexte qu'elle a appelé la commission économico-financière à faire le suivi régulier de l'exécution du budget en cours.

Elle fait savoir par ailleurs que la constitution congolaise, fruit du consensus et dépassement de soi de la classe politique, a totalisé 14 ans d'existence le mois passé. Jeannine Mabunda qui reconnait le travail abattu pour en arriver à "ce socle de la démocratie et de l'alternance politique actuelle" a tenu à honorer certains acteurs de cet acquis. Il s'agit entre autres d'Azarias Ruberwa, représentant les anciens vice-présidents de la République, mais aussi les anciens présidents de l'Assemblée nationale en l'occurrence Mgr Monsengwo Pasinya, Thomas Luhaka, Vital Kamerhe, Évariste Boshab, Aubin Minaku…associés à cette cérémonie solennelle.

Dans son adresse, Mabunda n'a pas oublié le domaine de la santé où le monde entier est sous la menace de la contamination et de la propagation rapide de la pandémie de coronavirus (Covid-19) qui a déjà fait des milliers de morts dans plusieurs pays. Elle exhorte le Gouvernement à prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour préserver la santé de la population. Et demande à cette dernière d'observer scrupuleusement les mesures sanitaires recommandées par le ministère de la Santé.

C'est dans ce cadre que le Bureau de la Chambre invite le Dr Muyembe pour une séance académique ce mardi 17 mars à l'hémicycle sur le sujet Ebola et la pandémie Covid-19. Mathy MUSAU

MOT D'OUVERTURE DE LA SESSION ORDINAIRE DE MARS 2020 PRONONCE PAR L'HONORABLE JEANINE MABUNDA LIOKO, PRESIDENTE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE CE LUNDI 16 MARS 2020

Distingués Invités, en vos titres et qualités;

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Conformément aux dispositions des articles 115 de la Constitution et 64 de son Règlement intérieur, l'Assemblée nationale ouvre, ce lundi 16 mars, sa première Session ordinaire de l'an 2020.

Au nom des Honorables Députés nationaux, du Bureau de l'Assemblée nationale et au mien propre, je vous souhaite à tous la bienvenue, et vous remercie d'avoir accepté d'honorer de votre présence cette cérémonie de rentrée parlementaire.

Comme vous l'avez sans doute suivi, le mardi 3 mars 2020, l'Assemblée nationale a perdu un de ses éminents membres, dans la province du Bas-Uélé, et Président du Groupe parlementaire MS-G7. Je vous prie, en sa mémoire, de bien vouloir observer une minute de silence.

Après la minute de silence…..

Je vous remercie.

Je saisis cette opportunité pour présenter les condoléances de l'Assemblée nationale, aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo, qui ont récemment perdu un de leurs valeureux Officiers, le Général-Major Delphin KAHIMBI, Sous-Chef d'Etat-major. Dans le même ordre, l'Assemblée nationale exprime sa compassion à notre administration pour le décès de son agent TIMILALO EWENA.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Il y a près d'un mois notre Constitution adoptée par référendum populaire et promulguée le 18 février 2006 a totalisé 14 ans d'existence. Notre loi des lois est désormais un acquis fondateur et une boussole essentielle de notre jeune démocratie que tous, nous citons pour défendre nos droits, affirmer nos devoirs républicains et que notre peuple Congolais protège jalousement.

Grâce à cette Constitution, nous avons assisté pour la première fois de notre histoire en tant qu'Etat souverain soit 60 ans en cette année, à une alternance apaisée entre un Président de la République sortant à savoir Son Excellence JOSEPH KABILA KABANGE et un Président de la République nouvellement élu, Son Excellence Félix ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO.

Ce long cheminement vers la démocratie et l'Etat de droit dans notre pays garanti par notre Constitution ne s'est pas fait sans atermoiements. Il a fallu un sursaut patriotique et un sens élevé du devoir républicain de plusieurs éminents compatriotes pour arriver à ce stade.

C'est ainsi qu'en cette séance solennelle, j'ai voulu honorer, en adressant une invitation spéciale aux anciens Vice-Présidents de la République et à mes prédécesseurs pour leurs efforts louables, de pacification, de réunification et d'adoption de la Constitution du 18 Février 2006. A un moment critique et fragile de notre histoire, en dépit de leurs diversités culturelles ou politiques face à la patrie en danger, ils ont accepté de se dépasser sinon … de se surpasser.

A présent, j'invite Monsieur Azarias RUBERWA MANYWA, Vice-Président Honoraire de la République, représentant les autres Vice-Président honoraires vivant et morts à se mettre débout afin de recevoir les hommages de l'auguste assemblée.

Je vous remercie et vous prie de vous asseoir.

J'ai par ailleurs associé à cette cérémonie solennelle, l'ancienne Présidente et les anciens Présidents de notre Chambre, pour l'héritage laissé à cette institution, socle sur lequel nous nous élevons aujourd'hui.

Chers Honorables Présidents Honoraires, vous avez jeté les bases de nos pratiques parlementaires et œuvré à la consolidation de notre jeune démocratie par votre leadership. La Nation toute entière et l'Assemblée nationale ne cesseront de compter sur vous et spécialement sur votre expérience et vos sages conseils. Ils ne sont ni des mêmes provinces, ni des mêmes partis, ils sont parfois hors des partis, mais ont eu en commun l'amour et le respect du Congo : Nous avons dans cette salle, Son Eminence Cardinal honoraire MONSENGWO PASINYA, les Honorables Présidents, Thomas LUHAKA LOSENDJOLA, Vital KAMERHE, Evariste BOSHAB et mon estimé prédécesseur Aubin MINAKU. Je les invite à se lever afin de recevoir les hommages de l'auguste assemblée.

A ces salutations premières, en ce mois dédié à la femme, j'aimerais aussi honorer avec ferveur les 50 femmes députées de l'Assemblée nationale soit de 10% de l'hémicycle mais aussi rendre hommage à leur chers collègues députés hommes qui ont accepté l'idée d'avoir plus de 2 femmes bureau de l'Assemblée nationale et qui nous rappellent chaque jour que les droits de la femme ne s'arrêtent pas qu'au 08 mars.

De même, au terme de nos itinéraires et pour rappeler que le monde rural existe, hors de Kinshasa, nous saluons les délégations des Assemblées provinciales du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu conduites par leurs présidents ainsi que celles de l'Ituri et de la Mongala sous la supervision de leurs membres du bureau.

Honorables Députés et Chers Collègues,

La présente session s'ouvre dans un contexte particulier sur les plans sécuritaire, social et économique.

Au plan sécuritaire, sous l'autorité du Président de la République, Chef des armées, le Gouvernement vient de signer un accord de paix avec le FRPI, un des groupes armés qui opérait dans la province de l'Ituri.

Tout en saluant cet accord, ayant été moi-même sur terrain, j'invite le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour qu'une paix durable règne dans la partie orientale de la République où ces atrocités ont assez duré et j'encourage le Gouvernement à poursuivre l'offensive militaire pour délivrer enfin nos frères et sœurs de ces conflits.

Ainsi, certains points d'insécurité nouveaux et d'autres récurrents doivent bénéficier d'une attention soutenue du Gouvernement, et ce notamment, dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, dans la ville de la RDC, Lubumbashi dans le Haut-Katanga, dans le territoire de Nyunzu dans la Province du Tanganyika tandis que le Bas-Uélé et le Haut-Uélé attendent des mesures plus décisives face au phénomène des éleveurs " Mbororo " ainsi qu'à l'insécurité subséquente dans les territoires de Djugu, Mambasa, Irumu et Mahagi en Ituri.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Pour me rendre compte de cette complexe situation de guerre asymétrique et terroriste, je me suis rendue avec quelques Collègues que je remercie solennellement ici, à Béni, spécialement à Oicha au Nord-Kivu, épicentre malheureux d'une insécurité persistante. Nous réaffirmons la compassion et l'entière solidarité de tous les élus de cette Chambre à ces populations meurtries. J'ai appelé la population à soutenir son armée car aucune armée ne peut gagner sans le soutien de sa population.

Ici, j'ai une pensée émue pour ce jeune blessé de guerre, soldat FARDC, rencontré sur son lit d'hôpital à Beni, me fixant avec flegme et me disant : " MAMAN, JE SUIS BLESSE MAIS J'AI JUSTE BESOIN DES SOINS APPROPRIES POUR RETOURNER AU COMBAT AFIN DE DEFENDRE NOTRE PAYS ET PROTEGER NOTRE POPULATION". Il manque un hôpital pour blessés de guerre à Beni ? L'Etat doit-il alors rester si indifférent ?

Le patriotisme courageux de ce jeune soldat doit tous nous rendre humble et nous appeler à soutenir, sans réserve, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, c'est le gage de notre unité nationale. Honorables Députés et Chers Collègues,

Face à la détresse que j'ai rencontré dans ces zones, je demande avec insistance au Gouvernement d'élargir et renforcer son intervention humanitaire auprès de ce grand nombre des déplacés internes généralement, des femmes et des enfants.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Dans le domaine de la santé, le monde entier est sous la menace de la contamination et de la propagation rapide de la pandémie de coronavirus (COVID- 19), qui à ce jour compte près de cent cinquante mille personnes infectées et plus de Cinq mille morts dans près de 130 pays. Comme vous l'avez appris, notre pays, la République Démocratique du Congo n'a malheureusement pas échappé à cette pandémie avec à ce jour, trois cas déclarés.

L'Assemblée nationale exhorte le Gouvernement à prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour préserver la santé de la population.

En effet, les conséquences sanitaires, économiques et financières, des suites de la propagation rapide du virus à l'échelle mondiale, suscitent des inquiétudes.

A cet effet, j'invite nos compatriotes à observer scrupuleusement les mesures sanitaires recommandées par le Ministère de la santé.

En outre, je salue l'action menée par le Comité national multisectoriel de la riposte contre la maladie à virus Ebola, qui amorce la dernière ligne droite en vue de l'éradication de cette grave épidémie dans notre pays. En effet, plus aucun cas confirmé d'Ebola n'a été enregistré depuis la sortie, le mardi 3 mars dernier, de la dernière patiente hospitalisée à Béni.

Dès lors, bravo au Docteur MUYEMBE TAMFUM et à toute son équipe ainsi qu'aux différents partenaires impliqués.

Chers Collègues,

C'est dans ce cadre que votre Bureau a invité le Docteur MUYEMBE pour une séance académique demain, ici même, à l'hémicycle sur le sujet Ebola et la pandémie Coronavirus.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Dans cette suite, notre séance s'ouvre dans un contexte socio-économique morose.

En effet, selon les récentes données de la Banque Centrale du Congo, l'activité économique a reculé par rapport à l'année dernière, notre taux de croissance économique est projeté en recul de 4,6% face à 5,8%, l'an dernier. La dépréciation de la monnaie nationale par rapport à l'année dernière a un impact négatif direct sur le pouvoir d'achat de nos populations, ce qui accroit sa douleur sociale.

En RDC, si notre cadre socioéconomique fragile est significativement soutenu par notre production minière, il subit actuellement les effets négatifs du marché international avec une baisse sensible des prix des métaux tels que le cobalt ou le cuivre stratégiques pour la RDC : [La tonne de cobalt est passée de 99.000 (quatre- vingt-dix-neuf mille) USD à près de 37.000 (trente-sept mille) USD soit le tiers et de plus 7.000 (sept mille) USD à près 6.000 (six mille) USD pour la tonne du cuivre].

Faut-il se rappeler que notre économie est extravertie avec une prépondérance du secteur minier. Celui-ci représente près de 90% de nos exportations dont 40% en direction de la Chine, notre premier partenaire commercial. Ce pays est actuellement frappé, par la pandémie coronavirus et donc en ralentissement économique avec un probable effet de DOMINO sur notre économie : La baisse des recettes extérieures entrainant une baisse des recettes publiques fiscales. Cette baisse pourra ouvrir la voie à un déficit accentué des finances publiques avec comme corollaire une pression sur le marché des biens et services ainsi que sur le marché des changes.

Cette dépendance de l'économie congolaise aux chocs externes NE NOUS INVITE-T- ELLE PAS à procéder enfin à un changement de modèle économique? N'est-il pas temps de construire cette économie diversifiée qui répond aux besoins sociaux élémentaires des Congolais d'abord et permettrait un développement durable de notre pays ?

Au regard de cette menace économique, la situation financière difficile appelle donc à une meilleure allocation des ressources, à une plus grande mobilisation des ressources internes, au maintien de la discipline budgétaire pour mettre fin au cycle des déficits favorisé par une lutte implacable contre la corruption dont je parlerai spécifiquement plus loin. L'Assemblée nationale envisage dans ce cadre d'inviter le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget et celui des Finances pour plus de clarté face à cette menace.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Le vendredi, 13 décembre dernier, en application des dispositions de l'article 77 alinéa 3 de la Constitution, le Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence Félix ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO s'est adressé aux deux Chambres du Parlement réunies en Congrès, pour son premier discours sur l'état de la Nation.

A cette occasion, il interpellait les deux Chambres du Parlement, notamment, sur l'urgence de doter le pays des lois nécessaires à la mise en œuvre du programme du Gouvernement et d'assurer le contrôle en vue de l'amélioration de la gouvernance. A titre de rappel, Son Excellence le Président de la République a évoqué aussi certaines réformes qu'il comptait impulser.

En attendant que le Gouvernement nous transmette ses projets de lois pour la mise en œuvre de son programme et de nos engagements internationaux, l'Assemblée nationale va accorder la priorité à l'examen des propositions de lois jugées nécessaires au renforcement de l'autorité de l'Etat, à l'amélioration du climat des affaires, à la lutte contre la corruption, à la protection des droits humains et à l'exercice des libertés publiques.

Honorables députés et Chers collègues,

Au moment où s'ouvre la présente Session, votre Bureau a enregistré près de 20 propositions de lois, émanant des honorables députés nationaux. Certaines de ces initiatives législatives ont déjà été soumises au Gouvernement pour ses avis éventuels en application de l'article 130 de la Constitution.

D'autres propositions font encore l'objet d'analyse approfondie conformément à l'article 248 de notre Règlement intérieur. Nous les soumettrons, le moment venu, à l'Auguste Assemblée, au fur et à mesure, celles jugées recevables.

Honorables Députés et Chers Collègues,

De mes tournées ou rencontre avec le congolais ordinaire, celui-ci attend, des Institutions de la République, un effort incarné et réel en matière de la lutte contre la corruption : ce sera une des priorités de la présente Législature.

Ainsi, la corruption sape la démocratie et l'état de droit, entraîne des violations des droits de l'homme, fausse le jeu des marchés publics, prive le congolais " du bas " de la démocratie économique au profit d'un club de puissants tandis qu'elle handicape profondément le développement de notre pays.

Pour cette raison, à la suite du Président de la République, l'Assemblée nationale fera de cette lutte, son agir politique en vue d'incarner et promouvoir la bonne gouvernance en République Démocratique du Congo et mieux satisfaire nos populations à ce sujet.

Ainsi, notre Chambre examinera, parmi ses priorités, la proposition de loi modifiant et complétant le Code pénal relative à ce sujet émanant de l'Honorable PASI ZAPAMBA ainsi que la proposition de loi organique portant création, organisation et fonctionnement de l'Agence nationale de lutte contre la corruption de l'Honorable HENRI THOMAS LOKONDO présentée à la session antérieure.

L'objectif visé est le renforcement des dispositifs répressifs et la mise en place d'un cadre institutionnel en amont destiné à prévenir et à lutter contre la corruption et les infractions connexes.

Chers Collègues,

Pensez-vous qu'un congolais est disposé à payer plus de taxes si le fruit de son effort est dilapidé dans des pratiques dommageables pour l'intérêt commun ?

Honorables Députés et Chers Collègues,

La protection des droits des personnes vulnérables demeure un défi majeur dans notre pays. A cet égard, leur protection retiendra aussi notre attention au cours de cette session.

La Constitution de la République dispose, en son article 49, que la personne avec handicap dispose de droit.

A ce sujet, il est important de signaler que notre pays a signé et ratifié la Convention des Nations Unies pour la promotion et la protection des droits de la personne vivant avec handicap. Force est de constater que, jusqu'à ce jour, notre législation n'a toujours pas été adaptée à ces exigences.

C'est dans ce cadre que votre Bureau a reçu et soumettra à l'auguste Assemblée, la proposition de loi organique pour la promotion et la protection des droits de les personnes vivants avec handicap de l'Honorable EVE BAZAIBA ainsi que la proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection et à la promotion des droits des peuples autochtones pygmées de l'Honorable RASHIDI BUKANGA Rubin. Chers Collègues,

La République Démocratique du Congo fait du secteur privé le moteur de sa croissance. Le Gouvernement, du Premier Ministre, Sylvestre ILUNGA s'est engagé non seulement à mobiliser le financement des infrastructures indispensables, mais aussi à poursuivre les réformes nécessaires à l'amélioration du climat des affaires.

Au cours de la présente Session, l'Assemblée nationale va débattre des réformes dans ce domaine notamment la proposition de loi modifiant et complétant le Code pénal de l'Honorable LUCAIN KASONGO MWADIAVITA, aux fins de déterminer les peines applicables aux infractions prévues par les Actes uniformes de l'OHADA.

Il en est de même de la proposition de loi modifiant et complétant la Loi n°11/022 du 24 décembre 2011 portant principes fondamentaux relatifs à l'agriculture de l'Honorable MUTIRI WA BASHARA Elvis.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Sur ce même plan, le contexte mondial actuel laisse présager une sévère récession dont il importe d'anticiper les effets dévastateurs dans nos pays africains en évitant d'y ajouter la fuite ou la méfiance des investisseurs par des procédures légitimes mais parfois expéditives et des questionnements sur notre système financier interne. Il est important que nous préservions une cohérence entre notre appel sincère aux investisseurs et certaines actions parfois isolées et marginales qui contredisent notre parole publique politique et ont un effet repoussoir de notre crédibilité en tant que destination d'investissement.

A cet effet, je salue la démarche proactive du groupe de 19 pays amis auprès des acteurs publics congolais pour présenter et partager amicalement leurs expériences et suggestions pour une amélioration effective de notre climat des affaires, gage d'une attractivité plus grande de la destination d'affaire de la République Démocratique du Congo.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Comme je ne cesse de le dire, le contrôle parlementaire est l'une de nos missions essentielles. Les principaux objectifs visent l'affermissement de la bonne gouvernance, la promotion des libertés et la consolidation du bien-être de la population.

A cet égard, nos compatriotes ont des exigences bien ancrées et toujours croissantes en termes de moralité de la vie publique, et de redevabilité par une meilleure justice distributive.

Pendant les vacances parlementaires qui s'achèvent, les Honorables députés nationaux n'ont pas manqué à ce devoir de contrôle de l'action du Gouvernement, des entreprises publiques ou des établissements et services publics.

A ce propos, votre Bureau a enregistré 36 Questions écrites, dont 21 jugées recevables et transmises aux membres du Gouvernement et aux mandataires publics concernés. Je salue en outre l'initiative de certains députés de Kinshasa qui sont descendus sur terrain pour vérifier l'effectivité des travaux du programme dit des 100 jours.

Au cours de cette session, les Honorables députés nationaux vont continuer sans atermoiements, à assumer cette prérogative, en faisant un usage responsable des moyens d'information et de contrôle prévus par la Constitution et notre Règlement intérieur.

Ce contrôle ne peut être interprété comme un harcèlement politique ou des ciblages partisans ou personnalisés. Au contraire, il apparait comme la preuve du devoir de rendre compte de sa gestion.

En effet, l'histoire parlementaire nous renseigne qu'au cours de précédentes Législatures, les Elus de notre Chambre ont eu à initier des missions d'enquête parlementaire, conséquence et du devoir de redevabilité imposés à toute personne investie de charges publiques.

Ainsi, pendant la Transition post-Conférence nationale souveraine, on se souviendra de l'interpellation du Premier ministre Léon KENGO WA DONDO par l'Honorable MAYAY NKUMU.

On se souviendra également :

1- du rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur les contrats conclus pendant le conflit armé, dite " Commission LUTUNDULA " ;

2- du rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur la gestion des entreprises publiques (BAKANDEJA).

On peut se souvenir enfin de la Question orale avec débat adressée par l'Honorable Crispin MBINDULE au Premier ministre Augustin MATATA, pour l'évaluation à mi-parcours du Programme de son Gouvernement.

Chers Collègues, élus légitimes de notre peuple,

Ce que les Congolais attendent de ces initiatives, ce n'est pas le nombre de contrôle utilisés, mais plutôt leur impact sur l'amélioration de la gouvernance, l'augmentation des recettes de l'Etat, et l'éradication progressive de la corruption et des détournements des deniers publics.

Chers Collègues,

La situation économique de notre pays au regard du contexte économique international, exige un suivi assidu et responsable de l'exécution de la Loi de finances de l'exercice 2020.

C'est pourquoi, j'invite notre Commission économique, financière et contrôle budgétaire, à systématiser son calendrier, pour user pleinement des prérogatives que lui confère l'article 210 de notre Règlement intérieur. Concrètement, les membres de cette commission, doivent désormais, assurer trimestriellement un suivi strict de l'exécution de la Loi de finances de l'année.

De même, nous veillerons à ce que notre Commission de suivi et évaluation assure, avec l'efficacité et la diligence voulue, notamment, la supervision effective de la mise en œuvre des recommandations formulées à l'exécutif par ses élus.

La même rigueur devra prévaloir sur l'évaluation du sort réservé aux recommandations des contrôles parlementaires.

Chers Collègues,

Je ne peux terminer ce chapitre de contrôle sans rappeler que nous allons examiner les rapports des institutions d'appui à la démocratie, dont la Commission Electorale Nationale Indépendante, arrivée à fin mandat, qui a déposé, le 31 octobre 2019 son rapport général sur le processus électoral. Il en va de même pour la Commission des Droits de l'Homme.

Pareil examen entraînera le renouvellement des animateurs de ces deux Institutions d'appui à la démocratie.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Je voudrais souligner qu'au cours de cette session, l'Assemblée nationale va mener une intense activité dans le domaine de la diplomatie parlementaire, sous réserve de l'évolution de l'éradication rapide de la pandémie Covid 19.

Ainsi qu'il en a été décidé lors de la 27ème Session de l'Assemblée Régionale Afrique de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie tenue à Rabat, au Royaume du Maroc en mai 2019, le Parlement de la République Démocratique du Congo devrait abriter, en mai 2020, la 28ème Session de l'Assemblée régionale Afrique de l'APF. En plus, notre pays a été retenu pour abriter, en juin 2020, l'Assemblée plénière du Forum parlementaire de la SADC.

Le succès de ces deux évènements prévus à Kinshasa contribuera, à coup sûr, au renforcement de la confiance en nos institutions et à l'amélioration de la compréhension de l'image du nouveau Congo post-électoral.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Nous avons été à l'écoute de nos électeurs pendant ces vacances parlementaires aux fins de continuer de bénéficier de leur confiance et de nous impliquer dans la recherche des solutions aux multiples problèmes qui les assaillent.

Pour la première fois dans l'histoire de l'Assemblée nationale à la demande de nos députés, votre Bureau a initié des visites sur site et conduit les délégations parlementaires dans quelques provinces où se posent des problèmes spécifiques, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et à la Mongala en vue de nous rendre compte de la situation sanitaire, sociale et sécuritaire de nos compatriotes de ces provinces.

Notre itinérance ne s'arrêtera pas là. Force est de constater à chacune de ces étapes, que la situation socio-économique dans ces entités décentralisées reste préoccupante.

Ainsi, en application des dispositions des articles 38 et 137 du Règlement intérieur, il nous revient de déposer et exploiter les rapports des vacances parlementaires en vue de rendre compte des préoccupations et attentes exprimées par nos compatriotes et rendre plus efficace la décentralisation par des outils concrets en vue de renforcer le sentiment d'appartenance à un Etat et une nation commune.

Chers collègues,

Avant de terminer cette allocution, à la lumière des défis et des dangers qui se dressent devant nous, l'Assemblée nationale invite le peuple Congolais et ses Institutions à préserver ce qui nous réunit et relativiser ce qui nous divise.

Il devient donc urgent de demeurer plus attentif à la cohésion nationale, loin des discours de haine et de méfiance ethnique.

Sur, je déclare ouverte la Session ordinaire de Mars 2020.

Que Dieu unisse et bénisse la République Démocratique du Congo. Je vous remercie.
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