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FACE A LA TEMPETE DU CORONAVIRUS SUR L’ECONOMIE MONDIALE
Il est possible de stabiliser la monnaie, le prix et le pouvoir d’achat en RDC*
jeudi 16 avril 2020

I. INTRODUCTION

Au sortir de la pandémie du COVID-19, la tentation sera grande d'aborder, en ordre disparate, les problèmes multiples et urgents qui se posent à notre pays. Sous la pression d'un peuple affamé et les contraintes financières, le gouvernement ne saurait prendre les mesures qui s'imposent.

D'où, la nécessité de mener, pendant l'état d'urgence, une réforme majeure, une véritable révolution de la pensée économique, en ce qu'elle permet de stabiliser la monnaie nationale, les prix et le pouvoir d'achat sans recourir aux solutions classiques : - gestion budgétaire sur base caisse, - mobilisation accrue des recettes, -lutte contre la fraude et les détournements des deniers publics, -politique budgétaire de sous-emploi, , -politique monétaire restrictive (hausse de taux d'intérêt et de refinancement, -bon BCC, -bon trésor, -réserve obligatoire, -intervention sur le marché des changes…)

Une réforme dont la mise en œuvre ne requiert ni préalables, ni mesures d'accompagnement. Une réforme d'une étonnante simplicité et d'une stupéfiante efficacité.

Le ralentissement de l'activité économique mondiale, la baisse de cours des produits de base et l'indiscipline budgétaire, qui avait déjà creusé un déficit de 350 milliards de francs congolais, vont aggraver davantage les déficits publics.

Le financement monétaire de ces déficits, la dépréciation continue du franc congolais et la hausse conjoncturelle des prix des produits alimentaires à forte consommation, ainsi que d'autres articles liés aux gestes-barrières vont entrainer la baisse du pouvoir d'achat de la population et partant, les remous sociaux.

Les conséquences néfastes du COVID-19 sur la santé, les taux de change et d'inflation, la production, l'éducation, les circuits d'approvisionnement, la construction, l'emploi, la sécurité…ont consacré le principe de la totalité des faits sociaux et la prééminence des solutions interdisciplinaires.

La grandeur de notre pays, la sécurité et la défense de notre vaste territoire, le respect de notre souveraineté et de notre indépendance, l'affirmation de notre identité sont tributaires de la croissance, de la prospérité de notre économie.

La dépréciation du franc congolais, l'inflation et la perte de pouvoir d'achat constituent de véritables hypothèques, qu'il convient de lever.

II. LES REFORMES MONETAIRES ANTERIEURES

2.3. Evolution de la valeur faciale la plus élevée de 1998 à ce jour.

Le 30 juin 1998, la coupure de 100 F avait la valeur faciale la plus élevée en 1998. En 20 ans, la valeur faciale est passée à 20.000 FC, soit un indice d'évolution de 1 à 200 ou en moyenne annuelle, un indice d'évolution de 1 à 10.

Cet indice d'évolution traduit la perte du pouvoir d'achat de la monnaie. Les billets à forte valeur faciale sont émis pour adapter les moyens de paiement à la hausse des prix, à l'inflation ou à l'hyperinflation.

Si, l'on avait adapté la valeur faciale au taux de dépréciation du franc congolais, la plus forte coupure serait de 100 000 FC, soit 59,35 $ au taux de change du 31 décembre 2019 (1 $ = 1685 FC). Et, l'indice serait de 1 à 1000 !

III. LA REFORME MONETAIRE TECHNIQUE

3.1. Différence avec les réformes antérieures

1. Contrairement à toutes les réformes monétaires antérieures, la réforme monétaire technique ne donnera lieu, (i) ni à une modification de la parité et du régime des changes, (ii) ni à un changement d'unité monétaire, (iii) ni à l'émission immédiate de nouveaux signes monétaires, (iv) ni à un changement de modes d'utilisation des instruments de paiement et de gestion de la liquidité, (v) ni à une restriction de la circulation de devises étrangères.

2. La seule innovation de la réforme monétaire technique réside dans l'adoption et l'introduction d'une unité de compte scripturale, dans le système financier et monétaire national.

3.2. Unité scripturale de compte

1. Hypothèses de base

La création de l'unité scripturale de compte repose sur un certain nombre d'hypothèses de base : (i) les taux de change flottants, (ii) la forte dollarisation de l'économie, (iii) la parité de pouvoir d'achat, (iv) les taux d'intérêts débiteurs, (v) la stabilité des prix en dollars américains, (vi) l'effet anticipation, (vii) la pénurie de coupures à faible valeur faciale.

1. Le régime des taux de change flottants.

Appliqué en 2001, après la libre circulation de devises étrangères décrétée le 30 janvier 2001. C'est le seul régime des changes, qui garantit la parité de pouvoir d'achat et le libre transfert de la fonction de "réserve de valeur du dollar américain " au franc congolais via l'unité de compte scripturale.

2. La forte dollarisation de l'économie congolaise.

La circulation fiduciaire du dollar est plus forte que celle des autres devises, d'une part, et le dollar est la principale devise de règlement des exportations congolaises, d'autre part. D'où l'alignement de l'unité monétaire scripturale sur les cours de change du dollar américain.

3. La parité de pouvoir d'achat.

Sur le marché congolais des biens et services, un dollar américain permet d'acquérir aujourd'hui le même panier des biens, qu'il y a 22 ans.

4. La stabilité des prix en dollars américains.

Pour préserver leur capacité de réapprovisionnement et assurer leur marge bénéficiaire, les commerçants calculent et fixent les prix en dollars américains. 5. Les taux d'intérêts débiteurs CDF et USD.

Même en période de stabilité monétaire, les taux d'intérêts débiteurs CDF sont supérieurs aux taux d'intérêts débiteurs USD. De 2013 à 2018, l'écart moyen a été de 5,6%, avec un pic de 9% en 2018.

6. L'effet anticipation.

A chaque paie, tous les salariés en monnaie nationale se ruent, sur les marchés interbancaire et parallèle des changes, pour acquérir les dollars et se prémunir contre la dépréciation.

Les bailleurs, quant à eux, ont réglé la question en fixant les loyers en dollars américains.

7. La pénurie de monnaie divisionnaire.

Celle-ci a conféré le pouvoir libératoire aux bonbons et entrainé d'énormes manques à gagner pour les ménages. Et, les prix ont toujours été arrondis à l'unité supérieure. L'unité de compte scripturale (UCS) vaut 100 centimes. Les cartes bancaires en UCS vont freiner l'usure des billets et suppléer au manque de petites coupures.

3.3. Dénomination et valeur monétaire de l'unité scripturale de compte.

1. Le franc fiscal est l'unité scripturale de compte de la RDC. Le franc fiscal est l'expression monétaire des comptes de tous les agents économiques.

2. A ce titre,

" les budgets de l'Etat (pouvoir central et provinces), seront exécutés en FF ;

" la comptabilité sera tenue en FF ;

" les prix seront affichés en CDF et FF ;

" les rémunérations seront fixées et payées en FF;

" le capital social, les amendes et les pénalités seront libellés en FF ;

" l'épargne, le crédit et l'investissement seront effectués en FF ;

Toutes les transactions, toutes les opérations seront réalisées en FF.

3. La valeur monétaire du franc fiscal est déterminée en fonction de taux de change flottants (vente et achat) du dollar américain.

Le franc fiscal sera vendu et acheté aux mêmes taux du jour que le dollar américain. 4. Par convention, le franc fiscal est au singulier, il n'a pas de pluriel, il est invariable.

5. Sur les opérations en FF, les banques commerciales réaliseront une différence de change entre les taux de change vente et achat. Et, cette différence de change sera répartie de la manière suivante : - TVA (16%), -boni de change (50%), -recapitalisation de la BCC (30%) -droits d'auteur & honoraires (4%) 3.4. Objectifs.

Outre, l'objectif fondamental de plein emploi, les objectifs poursuivis sont :

1. Stabiliser la monnaie nationale, le niveau général des prix et le pouvoir d'achat;

2. Baisser les taux d'intérêts débiteurs en monnaie nationale ;

3. Augmenter les réserves de change ;

4. Epargner et investir en monnaie nationale ;

5. Augmenter le taux de bancarisation et de scripturalisation des paiements ;

6. Assurer la transparence, la traçabilité et la fiscalisation des transactions ;

7. Mener une politique économique, monétaire et budgétaire de l'offre.

3.5. Mise en œuvre technique

1. Introduire dans les logiciels et programmes de la Banque Centrale et des banques commerciales, la parité 1 USD = 1 FF.

2. Exprimer et enregistrer tous les mouvements des comptes en FF.

3. Appliquer à toutes les opérations effectuées en CDF, les taux de change (vente et achat) du dollar américain.

Exemple

En date du 08/04/2020, sur le marché interbancaire, les taux de change USD étaient de :

1 USD = 1790 CDF (vente) et de 1 USD = 1750 CDF (achat)

Un versement en CDF serait crédité en FF au taux de change vente (1790 CDF), et un retrait en CDF serait débité en FF au taux de change achat (1750 CDF).

4. Informatisées, les opérations 1 et 2 ne prendront que quelques minutes.

3.6. Modalités institutionnelle, juridique, financière et communicationnelle.

1. Modalité institutionnelle

Etant donné, que la Banque centrale a la responsabilité exclusive de la définition et de la mise en œuvre de la politique monétaire ; que le franc fiscal est une unité monétaire scripturale créée par les banques, et que l'auteur de la réforme a pris soin, d'envoyer au Gouverneur de la Banque centrale et à l'Association congolaise des banques, la note synthèse y relative, l'adoption de la réforme monétaire technique sera pilotée par la Banque centrale.

2. Modalité Juridique

Le parallélisme de forme suggère, que la circulation concomitante de la monnaie nationale et des devises étrangères ayant été instituée par décret-loi (no 04/2001 du 30 janvier 2001), la réforme monétaire technique, première du genre dans le monde, soit ordonnée par le Président de la République. Et, en raison de l'état d'urgence, la signature d'une ordonnance-loi, sur proposition de la Banque centrale, serait indiquée. La juridiction compétente pourrait être consultée pour avis.

Une instruction de la Banque centrale en fixerait les modalités techniques.

3. Modalité financière

Le coût de la réforme monétaire technique comprend essentiellement les droits d'auteur et les honoraires.

4. Modalité communicationnelle.

La connaissance du dollar, la parité " franc fiscal = dollar " et un exemple sur le salaire payé en franc fiscal, emporteront facilement l'adhésion de la population. Les calamités causées par la dépréciation et l'inflation sont encore fraiches dans notre mémoire collective!

IV. CONCLUSION

Au cours de trente dernières années, la dépréciation monétaire, l'inflation, l'hyperinflation et la perte de pouvoir ont ruiné, paupérisé et tué des millions des congolais !

Instituer la réforme monétaire technique, c'est protéger le Congo qui travaille, c'est assurer la paix sociale, c'est favoriser l'épargne et l'investissement, socles de la croissance économique.

La RMT permet à la Banque centrale d'atteindre, sans préalable ni effort, l'objectif principal lui assigné, à savoir : la stabilité du niveau général des prix.

La dépréciation récurrente du franc congolais, la hausse généralisée des prix et la perte du pouvoir d'achat sont les principaux goulots d'étranglement, qu'il fallait supprimer. La RMT l'a fait ! Et, l'arme qui a servi est purement monétaire.

La réforme monétaire technique est le premier maillon d'une politique monétaire d'innovation, qui va fournir à l'économie nationale, les liquidités suffisantes et nécessaires à son fonctionnement optimal et sa croissance endogène.

Puisse CHRIST ressuscité, écarter les résistances diaboliques, qui empêchent l'accomplissement de sa souveraine volonté, traduite par les immenses richesses potentielles dont notre pays est béni.

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