Dernière minute :
PLUS D’UN MOIS APRES LA QUARANTAINE
Les habitants de N’Djili et Kimbanseke entre la paeur du Covid-19 et le manque d’argent
jeudi 23 avril 2020

A peine quelques semaines depuis que le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décrété l'état d'urgence en République démocratique du Congo, on se sent comme étouffés, emprisonnés. Crise financière, restriction des libertés, claustrophobie, immobilité, sédentarisme, inactivité, lassitude… on est sur le point de ''craquer''. Le tout, dans la peur d'être contaminé au COVID-19. Commerçant, agent soignant, politicien, technicien… chacun vit le confinement à sa manière.

Ce jour-là, lorsque je le rejoins chez lui, je le rencontre debout, m'attendant devant le portail de sa parcelle, quelques minutes après avoir envoyé d'abord son fils se renseigner sur ma présence ou non chez moi, ensuite, son chauffeur me prendre à domicile

" Mon cher, je risque de craquer. N'as-tu pas un endroit où aller nous distraire un peu, question de changer de décor? Aide-moi à trouver un endroit de ce genre, s'il te plait, fais quelque chose pour moi, sinon je vais craquer ", se lamente José Mambwini Kivuila-Kiaku, député provincial du Kongo Central.

Cet enseignant de l'Université pédagogique nationale (UPN), venu en mission officielle dans la capitale congolaise, a été surpris par les mesures de prévention contre la pandémie de coronavirus, annoncées par le Président de la république, Félix Tshisekedi le 18 mars, ainsi que l'état d'urgence décrété le 24 mars dernier.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, José Mambwini s'est résolu à se calfeutrer dans sa maisonnette sise au quartier 7, l'un des meilleurs de la commune de N'djili, pour corriger pendant plusieurs semaines son livre en chantier que j'aide à relire.

" Heureusement, ce livre m'aide à passer mon temps à Kinshasa pendant cette longue période ", me confie cet élu de la circonscription électorale de Mbanza-Ngungu, au Kongo Central, à l'ouest de Kinshasa.

" ON CRAQUE PARCE QU'ON N'A RIEN A FAIRE "

" Nous sommes incapables de supporter cette situation. On craque parce qu'on se sent comme des étrangers à Kinshasa. On craque parce qu'on n'a rien à faire, parce que nous avons tout laissé à Matadi. Ici, on est comme dans une petite prison qui ne dit pas son nom. Nous sommes venus en mission. Nous ne nous sommes pas préparés à cette situation. Voilà que nous sommes bloqués ici à Kinshasa ", se plaint ce député provincial.

Il déplore d'être dans la même situation que ses collègues dans d'autres provinces. " Mais, puisque le confinement est la seule voie pour éviter la pandémie, nous sommes obligés de faire avec", lâche-t-il, fataliste. Cette situation est d'autant plus stressante que l'élu de Mbanza-Ngungu loge le diable dans sa poche, avec quelque huit mois d'arriérés d'émoluments. "Une situation, qui n'est pas différente de celle d'autres provinces", me souffle-t-il.

Comme ce député, les enseignants vivent aussi le calvaire, à leur manière. Mariée, mère de trois enfants, Mansukina Marie-Louise, "Mans" pour les intimes, est intendante à l'Institut Kibala, au quartier 3, dans la commune de N'djili.

Confinée dans le quartier Maviokele, l'un des plus populeux de la commune de Kimbanseke, elle passe son confinement en aidant sa fille aînée mariée à vendre quelques denrées alimentaires.

UNE ANNEE BLANCHE EN PERSPECTIVE

" Le confinement nous a apporté beaucoup de difficultés, car il y a des parents qui ont payé la totalité des frais scolaires, alors que les écoles sont fermées. Que doivent-ils faire ? Nous enseignants sommes dépaysés, car nous sommes démunis de moyens substantiels : rien à manger, rien pour nous faire soigner durant cette période de confinement ", se lamente-t-elle.

L'enseignante septuagénaire se plaint de la situation des enfants qui ne vont plus à l'école. Bon nombre d'entre eux, pris dans l'inactivité, ont perdu quelques leçons apprises. " Les écoles fermées, les enfants ne vont plus à l'école certains d'entre eux ont même oublié certaines leçons. Ils sont plongés dans une sorte d'oisiveté en étant en permanence à la maison. Or, quand ils sont à l'école, les parents sont déchargés de quelques soucis. C'est un calvaire. Tout compte fait, nous redoutons une année blanche. Et en cas d'une année blanche, les parents risquent de se décourager". "Eux qui ont déjà pris une belle allure emportés, par le vent nouveau de la gratuité de l'enseignement de base", se plaint Mans

LE CORONAVIRUS A DEJA SEVI EN RDC D'OCTOBRE 2019 EN JANVIER 2020

Chez le personnel soignant, le confinement n'est pas vécu de la même manière. Propriétaire d'un centre de santé situé sur la très grouillante rue Kisantu, au quartier Maviokele, commune de Kimbanseke, Blaise Malelama, assistant médical est serein. Son centre, dit-il, continue à accueillir des malades, comme s'il n'y avait pas de confinement dû à la crise sanitaire. Les activités se déroulent normalement.

Blaise Malelama croit dur comme fer que "la pandémie de coronavirus a déjà sévi en République démocratique du Congo, à Kinshasa en particulier, d'octobre 2019 à janvier 2020". En effet, durant cette période, son centre avait accueilli un grand nombre de malades présentant les mêmes symptômes que ceux dont souffrent actuellement les personnes atteintes du COVID-19 : maux de tête, des fièvres atteignant les 39 degrés voire 40 degrés, des courbatures…Mais, se rappelle-t-il, aucun malade soigné dans son centre médical n'est mort.

LES PRIX NE FONT QUE FLAMBER AU JOUR LE JOUR

Pour sa part, Nsumbu Ngoma King, opérateur économique qui tient une petite boutique sur la même avenue, affirme que les effets de la pandémie n'ont pas épargné ses activités commerciales. "Les prix ne font que flamber du jour au jour, impactant les activités des détaillants".

"Parce que les populations sont déjà sans moyens, nous, détaillants consciencieux, refusons d'augmenter les prix de nos marchandises, alors que certains grossistes auprès de qui nous nous approvisionnons s'adonnent à la spéculation. Ainsi, nous ne vendons plus beaucoup, car les consommateurs boudent, n'ayant pas de moyens suffisants pour faire face aux nouveaux prix. Nous connaissons donc de la mévente ", dénonce-t-il, amer.

L'ETAT DOIT CONSCIENTISER LES OPERATEURS ECONOMIQUES

Face à cette situation, l'implication de l'Etat est fort requis, estime cet ancien enseignant reconverti en commerçant. " Que doit faire l'Etat devant cette situation ? Il doit arriver à conscientiser les opérateurs économiques véreux et spéculateurs. Ces grossistes avaient leurs marchandises en stock lors de l'annonce des mesures de prévention contre la propagation du COVID-19. Alors pourquoi doivent-ils augmenter les prix de leurs marchandises ? Ils profitent donc de ces mesures pour faire de la spéculation ", se demande-t-il en proposant à l'Etat de sévir contre ces commerçants véreux après leur conscientisation.

Un autre Kinois vit pratiquement la même situation que M. Nsumbu Ngoma. C'est un technicien qui évolue dans le domaine de l'électroménager. Il tient une petite maison installée au bout du boulevard Luemba, au quartier 7, dans la commune de N'djili où sont vendus du matériel et autres accessoires électroniques et électriques.

L'ingénieur Edouard Bankazi déplore le manque de recettes en ce temps de confinement car l'argent ne circule pas.. " Les gens préfèrent acheter seulement des produits alimentaires. Ils vivent dans le doute, dans la peur du lendemain. Avant la survenue de la pandémie, fait-il remarquer, la crise économique existait déjà. Mais le coronavirus l'a renforcée. Surtout dans un milieu comme le nôtre où la population est déjà pauvre ".

Lorsqu'on s'entretient avec des Congolais sur la situation sanitaire actuelle, qui a occasionné le confinement, l'on n'hésite pas à évoquer la peur, l'angoisse d'être contaminés par le COVID-19. L'immobilité, l'inactivité, la lassitude, envahissent tout Congolais confiné, le tout sur fond d'une crise financière. Mais, on n'a aucun choix : la santé est à ce prix. Kléber KUNGU
Pascal Mpia Mena Zambili : « La reprise des enseignements, c’est pour aujourd’hui »
mercredi 8 juillet 2020

Après avoir suivi avec une attention soutenue les réponses de Son Excellence Monsieur le ministre d’Etat, ministre de d’Enseignement primaire, (...)
lire la suite
Mme Muhila Matapisi Garce, victime d’un enlèvement à Kinshasa
mercredi 8 juillet 2020

Communiqué Je dénonce mon enlèvement ce samedi 4 juillet 2020. Au moment de l'enlèvement, je descendais d'un taxi à l'arrêt Kin Mart situé sur le (...)
lire la suite
L’ACOFEPE lance la campagne « Rappel des Gestes barrières » 
mardi 7 juillet 2020

Les cas de Covid-19 continuent à se multiplier à Kinshasa. Aussi pour y faire face, les autorités exhortent la population à respecter les mesures (...)
lire la suite
Le « Marché de samedi », un véritable grenier des gammes de produits made in DRC
mardi 7 juillet 2020

Ouvert depuis un mois à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin), « le marché de samedi » poursuit son cours normal à la grande satisfaction des (...)
lire la suite
Le Pcr Kabasele Bea Jonas condamné à 3 ans de servitude pénale principale
mardi 7 juillet 2020

Qu’un policier de circulation routière (PCR) soit arrêté et condamné pour tracasseries routières, les faits rappellent l'époque du général Célestin (...)
lire la suite
Le Japon parmi les plus grands partenaires dans la riposte à travers l’INRB
lundi 6 juillet 2020

"C'est dans le malheur qu'on connaît les amis", dit Ewipide, célèbre dramaturge de la Grèce antique. Et le Japon figure parmi les plus grands (...)
lire la suite
FORUM DES AS
Ban_pub
Copyright © FORUM DES AS 2013 - Design by MConsulting