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INTERDICTION DES VEILLEES MORTUAIRES
Les Congolais favorables au maintien des mesure sur les obsèques
jeudi 14 mai 2020

Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, le président de la République, Félix Tshisekedi, a pris une série de mesures le 18 mars 2020. Parmi celles-ci, "l'interdiction d'organiser des deuils dans les salles et domiciles. Les dépouilles mortelles doivent être conduites directement de la morgue jusqu'au lieu d'inhumation et en nombre restreint d'accompagnateurs". Interrogés, plusieurs Congolais, et même ceux de la diaspora, sont favorables au maintien de cette mesure après le confinement. Pour eux, le moment est venu pour que l'Etat mette fin à ces funérailles qui ont appauvri des familles éprouvées. Les dépenses astronomiques, les démonstrations, mieux, les compétitions vestimentaires, le déshonneur fait aux morts par la dépravation des mœurs, les pratiques avilissantes (chants et danses obscènes, rencontres amoureuses…) auxquelles les Congolais se sont accoutumés lors des funérailles ont été évoqués comme raisons principales pour le maintien de cette mesure. Mini-enquête.

José Nkuna, ministre provincial des Finances honoraire du Kongo Central, trouve une aubaine pour l'Etat de maintenir cette mesure après le confinement. Il évoque ainsi les aspects financier, sanitaire (la manipulation des cadavres, par exemple), socioculturel qui, pour lui, militent en faveur du maintien de cette mesure. "L'organisation des obsèques est, de nos jours, un véritable parcours du combattant. Ce sont des sommes astronomiques qui sont dépensées avec l'organisation des funérailles pendant plusieurs jours, la location de la salle qui va de 500 dollars pour les plus modestes à 5.000 dollars pour les plus huppées, sns compter la boisson et la nourriture pour ceux qui viennent assister…) et la dépravation des mœurs que nous observons tous lors des veillées mortuaires et le jour d'inhumation, y compris les pratiques avilissantes", dénonce-t-il.

LE CONGOLAIS NE RESPECTE PAS LES MORTS ET N'A AUCUNE CONSIDERATION POUR LES VIVANTS

Des preuves pour lui que le Congolais ne respecte pas les morts et, par conséquent, n'a aucune considération pour les vivants.

"Bref, un peuple qui n'honore pas ses morts ne pourra jamais considérer les vivants. La banalisation des morts fait que personne, même pas les enfants, n'a plus de respect pour la vie. En effet, explique-t-il, quand on se familiarise avec la mort, la vie n'a plus rien de sacré. C'est donc est loin d'être une partie de plaisirs en raison des frais exorbitants qu'ils exigent.

Nsimba Mpezo Lody, enseignant, la soixantaine, présente quasiment les mêmes arguments. Il évoque, pour cela, les dépenses astronomiques que l'organisation des funérailles occasionne. "Tu peux marier ton enfant, tu peux faire soigner ton proche, mais organiser des obsèques est devenue une grande fête en ce moment. Si bien que les dépenses sont devenues supérieures aux soins (frais d'hospitalisation, morgue, funérailles (location de la salle), dépenses pour ceux qui assistent aux obsèques, levée du corps de la morgue, (sécurité, fanfare), groupe théâtral, bain de consolation (boissons et restauration), location corbillard, frais de transport au cimetière…. Ainsi en raison de toutes ces dépenses faramineuses, bien des Congolais sont favorables que les dépouilles mortelles soient désormais acheminées de la morgue au cimetière" sans des funérailles somptueuses, soutient cet enseignant qui a déjà vu des funérailles de toutes sortes.

LES MORTS NE SONT PLUS VALORISES

Mais lorsqu'il évoque l'aspect culturel et coutumier qui exige l'honneur à rendre aux morts, il s'interroge si ceux-ci sont encore honorés. "La coutume veut qu'on honore les morts. Est-ce qu'à Kinshasa, les morts sont honorés, valorisés ? Non". Pour lui, les morts ne sont plus valorisés au regard de la fête qui est organisée lors des funérailles au cours desquelles les uns et les autres font une démonstration vestimentaire parmi les femmes.

Le pasteur Axel Malungidi, vice-président de la CEC (Communauté évangélique du Congo), résidant à Luozi, chef-lieu du territoire éponyme, aborde dans le même sens, en espérant qu'on évitera désormais des longues heures sans sommeil.

On imagine d'avance que le maintien de cette mesure ne sera pas accepté facilement par toute la population. Parmi les réfractaires, les propriétaires de salles de fête qui vont sans doute perdre une source financière juteuse. L'affluence nombreuse des personnes qui s'observe encore à ce jour lors de la levée des corps à la morgue montre que les vieilles pratiques ont la peau dure.

Aussi propose-t-on que 'Etat réglemente.

Pour Kintona Bwekadi Kinas Samuel, médecin, résidant à Bruxelles, en Belgique ; il se réjouirait si l'Etat parvenait à maintenir l'interdiction d'organiser des deuils dans les salles et domiciles.

PROUVER L'AMOUR ENVERS LE MORT EN EMBRASSANT SON CERCUEIL

Il souhaite le maintien de cette mesure pour des raisons sanitaires, financières, morales et d'éthique. Lors des funérailles, les membres de la famille éprouvée cherchent à prouver leur amour envers le mort en embrassant parfois son cercueil ou en manipulant le cadavre, au risque d'être contaminés. Prêts à dépenser sans compter, ils se mettent à s'appauvrir à chaque occasion de la disparition d'un membre de famille. Lors des obsèques, que des scènes obscènes montrant la dépravation des mœurs, alors que les morts méritent respect et dignité.

Selon lui, cette mesure permettra aux membres de famille résidant en Occident de respirer un peu, eux qui sont devenus des vaches laitières des Kinois qui n'hésitent pas à exagérer l'aide pour des dépenses inutiles.

PRIVILEGIER L'AMOUR ENVERS LES VIVANTS PLUTÖT QUE L'ENTRETIEN DES MORTS

André Kuzunduku, député provincial du Kongo Central, privilégie, quant à lui, le respect, l'amour envers les vivants plutôt que l'entretien des morts. Un principe, avoue-t-il, qu'il tient de son papa..

"Quelques draps blancs dans le cercueil suffiront et surtout vous n'oserez pas construire la tombe. Une couverture, une bonne maison, des vêtements ou de la nourriture surtout, donnez-les nous, de notre vivant", lui répétait son papa de son vivant, un relégué kimbanguiste.

Cette mesure, dit-il, qui sera érigée en proposition d'édit ou de loi, selon le cas, aura pour principal exposé de motif protéger la santé et sauvegarder l'économie des vivants. Cela éviterait d'engorger les morgues, mais aussi d'adapter ou de conformer certaines pratiques (coutumes) aux normes respectueuses de l'environnement, de la dignité, du développement durable.

EXCEPTION DES OBSEQUES DES CHEFS COUTUMIERS

Par conséquent, projette l'élu de la circonscription électorale de Luozi, " le cercueil ne coûtera plus trop cher, surtout qu'il ne sera plus exposé au grand public, les enfants n'attendront pas la mort d'un parent pour exhiber leurs moyens, la vie sera mieux vivable chez la femme lors des veillées mortuaires et le stress moindre chre l'homme responsable du deuil. "Mais, relativise-t-il "sauf que certaines traditions (us et coutumes) auront du mal à y mordre : l'exception des obsèques de certaines catégories de personnes (chefs coutumiers) peut faire l'objet des débats et, ainsi, conformer la règle."

La sœur Wivine Nlemvo Luheho, infirmière à Bruxelles, n'est pas du tout opposée au maintien de cette mesure. Tout en tenant cependant au respect de nos valeurs culturelles qui sont différentes de celles des Occidentaux qui pleurent quand même leurs morts. La religieuse propose de calquer un peu la manière d'organiser des funérailles des Occidentaux. Après sa levée de la morgue, le corps devra passer par l'église pour une cérémonie religieuse de quelques minutes avant son inhumation et un bain de consolation comme clôture des funérailles.

PAS QUESTION DES FUNERAILLES COMME SI ON VEUT SE DEBARRASSER VITE DU MORT

Pour elle, il n'est pas question d'organiser des funérailles d'un être cher comme si on veut se débarrasser vite de lui. Mais, pas question d'organiser des ''matanga'' (obsèques) tel que cela se passe aujourd'hui. Ce qui pousse les membres de famille en Europe d'intervenir avec des moyens financiers colossaux qu'ils n'ont pas eux-mêmes. Si elle doit être maintenue, conclut-elle, cette mesure mérite d'être bien étudiée car les morts méritent d'être bien honorés.

En abordant l'aspect culturel qui marque es Africains, Lufingu Bangalala Galvani, cadre à la Cimenko) (Cimenterie Kongo) dans le Kongo Central, a insisté sur le fait qu'"étant Africains, nous avons notre manière de pleurer nos morts. C'est vrai qu'il ya des dérives, voire des dépenses extravagantes, mais notre manière de dire adieu aux personnes qui nous sont chères ne soit pas être mise en cause". Pour lui, cette mesure est facultative.

Jonas Mukuama, enseignant en Bruxelles (Belgique) soutient le maintien de la mesure en évoquant la Parole de Dieu qui interdit de toucher aux cadavres. Ce qui est également répréhensible sur le plan hygiénique. Sur le plan moral, il n'est pas également d'accord sur la manière dont on pleure les morts. Les obsèques ne sont plus le moment de méditation, mais celui d'entendre des insanités de toutes sortes. Il déplore que, lors de la mort d'un proche, eux de la diaspora subissent des pressions allant de l'hospitalisation jusqu'à l'enterrement des proches. Il n'a pas oublié les moments stressants qu'il a passés lors de la mort de son grand-frère.

Le maintien de cette mesure après le confinement est également soutenu par Lendo Ngoy Adolphe, cadre au sein de l'Eglise CEC, à Luozi. Celui-ci fustige fait que les Congolais ont fait des obsèques leur "fonds de commerce" en dépensant des sommes astronomiques avec des démonstrations des forces financières (uniformes, location de salle, des instruments de musique, ornements, restauration…)

Quant à Mavakala, technicien d'une société locale, il évoque les obscénités accrues ainsi que des nuisances sonores qui émaillent les obsèques actuelles qui dénotent le manque de considération des morts, en plus d'énormes charges financières pour la famille éprouvée. Mini-enquête réalisée par Kléber KUNGU
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