Dernière minute :
FACE A L’INSECURITE QUI PREVAUT DANS LA CAPITALE CUPRIFERE
Mgr TAFUNGA invite les Lushois à la vigilance et à la solidarité
mercredi 20 mai 2020

L’archevêque métropolitain de Lubumbashi, Mgr Jean-Pierre TAFUNGA, vient de publier un message intitulé "Pour condamner l’insécurité dans la ville de Lubumbashi". Le prélat s’insurge contre la recrudescence et la persistance de l’insécurité dans la ville de Lubumbashi. S'adressant aux fidèles catholiques, aux autorités politico-administratives et sécuritaires ainsi qu'aux hommes et femmes de bonne volonté, Mgr Tafunga indique qu’en ces temps difficiles où le monde entier est secoué par la crise sanitaire due à la pandémie à Coronavirus, les conditions de vie du Congolais sont de plus en plus précaires. "A cet effet, précise-t-il, la santé économique de notre province est critique. Elle empire au jour le jour. «Nous assistons au recul du taux de croissance, surtout lorsqu’on sait que nous dépendons grandement de l’Afrique australe qui ne s’empêche pas de fermer de temps à autres les frontières, ce qui entraîne des spéculations ».

Mgr Jean-Pierre Tafunga appelle la population à la vigilance et à la solidarité pendant ces temps difficiles que traverse la ville de Lubumbashi face aux deux ennemis redoutables : le Coronavirus et les bandits à mains armées, qui, tous les deux, apportent l’insécurité. Emma MUNTU

Message de Monseigneur l’Archevêque Métropolitain de Lubumbashi face à la recrudescence et la persistance de l’insécurité dans la ville de Lubumbashi.
« J’ai vu la souffrance de mon peuple et j’ai entendu son cri » (Exode 3,7) Aux fidèles catholiques,

Aux autorités politico-administratives et sécuritaires,

Aux hommes et femmes de bonne volonté,

0. Préambule

Chers frères et sœurs,

Mû par la sollicitude pastorale à l’égard de la population vivant à Lubumbashi, partageant ses souffrances et en vertu de la mission prophétique liée à notre charge pastorale, nous nous sommes penché sur la situation dramatique et traumatisante qui sévit dans la ville de Lubumbashi. Notons que cette même situation est vécue dans certaines parties de la Province du Haut-Katanga et cela depuis un bon bout de temps.

Nous saisissons cette opportunité, non seulement pour dire que nous avons vu la souffrance du Peuple de Dieu et avons entendu son cri (cf. Exode 3,7), mais aussi et surtout pour lui adresser un message de paix, d’espérance et de réconfort pendant cette situation désastreuse. « Que le Seigneur soit notre protecteur et notre soutien » (Sir 51,1-2)

1. Etat des lieux

En ces temps difficiles où le monde entier est secoué par la crise sanitaire due à la pandémie à Coronavirus, la santé économique de notre province est critique. Elle empire au jour le jour. Nous assistons au recul du taux de croissance, surtout lorsqu’on sait que nous dépendons grandement de l’Afrique australe qui ne s’empêche pas de fermer de temps à autre les frontières, ce qui entraîne des spéculations. Les conditions de vie du peuple sont de plus en plus précaires.

Par ailleurs, nous constatons que la population de la ville de Lubumbashi vit au quotidien une insécurité recrudescente qui a atteint un niveau jusque là indescriptible. Il ne se passe pas une nuit sans que nous apprenions que des viols, des vols, des tueries et des braquages se commettent, principalement dans les périphéries de la ville où vivent des populations modestes. Nous ne citons ici que quelques cas qui sont les plus récents :

– Le 29 mars 2020, il y a eu le braquage de la Station-Service (Inter Petrol), située au coin de l’avenue Mwadingusha et la route Kipushi.

– En date du 17 avril, dans la Commune de Katuba, plus de 30 maisons et plusieurs kiosques ont été systématiquement cambriolés par des hommes en uniforme et lourdement armés. – Du 3 au 4 mai, plusieurs quartiers de la Commune Annexe ont connu une nuit des cauchemars : non seulement les malfrats ont volé, non seulement ils ont violé, non seulement ils ont tué, mais ils ont même emporté un bébé inoffensif qu’ils ont abandonné dans un sac quelque part sur leur chemin.

Face à la fureur machiavélique des bandits qui ravagent nos quartiers, une voix se fait entendre : Des pleurs et une longue plainte ; c’est la maman haut-katangaise qui pleure ses enfants et ne veut pas qu’on la console (cf. Mt 2, 18).

– Du 9 au 10 mai, au quartier Tshamalale, plusieurs maisons ont connu le même sort. La même nuit, le quartier Kisanga a aussi été visité de 23h à 4h du matin. A en croire ceux qui ont vécu ces événements terrifiants, les malfrats devaient être lourdement armés, comme si l’on était dans un état de guerre.

Chose curieuse et déconcertante, on relève que ce sont tantôt des véhicules de l’armée, tantôt ceux de la police qui sont utilisés dans cette sale besogne. Et comme si cela ne suffisait pas, les malfrats sont revenus dans le même quartier de Tshamalale la nuit du 11 au 12 mai pour assouvir leur soif insatiable du crime.

Pis encore, le cambriolage, le braquage et les assassinats se font même pendant la journée devant l’œil impuissant de ceux-là mêmes qui sont supposés assurer la protection de la population.

C’est le cas de l’assassinat d’un cambiste au quartier Makomeno, à l’angle des avenues Lubumbashi et des Usines en date du 6 décembre 2019. Et le mode opératoire reste presque toujours le même.

2. Nos inquiétudes

Face à tout cela, nous nous posons plusieurs questions : Qui sont ces personnes qui opèrent impunément ? Ont-elles un agenda caché ? Quelles sont leurs sources d’approvisionnement en armes, en minutions et en véhicules ? Les bandits en question, sont-ils plus forts que les services sécuritaires de l’Etat?

A qui profitent tous ces crimes ? A quoi alors auraient servi toutes les visites des délégations nationales qui sont descendues chez nous, en Province, il y a peu, pour soi-disant analyser et résoudre la question de la sécurité ?

3. Recommandations

Face à cette situation, et fort de notre foi, nous condamnons vivement cette insécurité et recommandons :

a. A la population

– De ne pas perdre sa confiance en Dieu, car «l’espérance ne trompe pas» (Rm5, 5) et de ne jamais oublier que « Si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les sentinelles » (Ps 127,1). Peuple du Haut-Katanga, sois fort et tiens bon (cf. Josué 1,7).

– Aussi, nous recommandons à notre population la vigilance et la solidarité pendant ces temps difficiles que traverse notre ville de Lubumbashi, car nous avons en face, deux ennemis redoutables : le Coronavirus et les bandits à mains armées, qui tous les deux apportent l’insécurité.

– Face à l’ennemi invisible qu’est le Coronavirus, nous recommandons à tous de redoubler d’efforts en suivant scrupuleusement les recommandations de nos autorités pour vaincre ce virus. – De ne pas avoir peur et d’aider les autorités à éradiquer l’insécurité que nous déplorons. – De prévenir l’insécurité alimentaire par la revalorisation du travail de la terre. – Et qu’ainsi se lève parmi nous et spécialement dans nos églises, un élan de solidarité, pour venir en aide à nos frères et sœurs victimes. « Dès lors, frères, tenez bon … » (cf. 2Th 2,15-17).

b. Aux autorités politico-administratives et sécuritaires

– Nous reconnaissons vos efforts pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens; mais ces efforts ne semblent pas être à la hauteur des attentes du peuple : à savoir l’éradication de l’insécurité. – Que la fonction des cadres de base soit revalorisée : les Bourgmestres, les chefs de quartiers, de rues, de cellules, de blocs, afin qu’ils contrôlent les mouvements et les activités des personnes vivant dans leurs entités.

– Réévaluer l’efficacité des Centres de Coordination des Opérations (CCO), mis sur pied depuis un certain temps par l’autorité provinciale. Et surtout de veiller à ce que les moyens mis à leur disposition (motos, véhicules et même les primes) soient utilisés à bon escient.

– Nous leur recommandons aussi de prévenir de possibles insécurités à venir. En effet, la recrudescence du phénomène des enfants en rupture du lien familial doit nous interpeller tous. « Vous voilà prévenus » (2P 3,17).

– En définitive, nous demandons à nos autorités de redoubler d’efforts pour que la sécurité et la paix reviennent chez nous, car la paix est le nouveau nom du développement (cf. Paul VI, Populorum Progressio, n° 76)

Que la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix, intercède pour nous et que le Tout-Puissant protège et bénisse notre Province ! Nous vous remercions.

Fait à Lubumbashi, le 19 Mai 2020. Mgr Jean Pierre TAFUNGA Archevêque de Lubumbashi
Pascal Mpia Mena Zambili : « La reprise des enseignements, c’est pour aujourd’hui »
mercredi 8 juillet 2020

Après avoir suivi avec une attention soutenue les réponses de Son Excellence Monsieur le ministre d’Etat, ministre de d’Enseignement primaire, (...)
lire la suite
Mme Muhila Matapisi Garce, victime d’un enlèvement à Kinshasa
mercredi 8 juillet 2020

Communiqué Je dénonce mon enlèvement ce samedi 4 juillet 2020. Au moment de l'enlèvement, je descendais d'un taxi à l'arrêt Kin Mart situé sur le (...)
lire la suite
L’ACOFEPE lance la campagne « Rappel des Gestes barrières » 
mardi 7 juillet 2020

Les cas de Covid-19 continuent à se multiplier à Kinshasa. Aussi pour y faire face, les autorités exhortent la population à respecter les mesures (...)
lire la suite
Le « Marché de samedi », un véritable grenier des gammes de produits made in DRC
mardi 7 juillet 2020

Ouvert depuis un mois à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin), « le marché de samedi » poursuit son cours normal à la grande satisfaction des (...)
lire la suite
Le Pcr Kabasele Bea Jonas condamné à 3 ans de servitude pénale principale
mardi 7 juillet 2020

Qu’un policier de circulation routière (PCR) soit arrêté et condamné pour tracasseries routières, les faits rappellent l'époque du général Célestin (...)
lire la suite
Le Japon parmi les plus grands partenaires dans la riposte à travers l’INRB
lundi 6 juillet 2020

"C'est dans le malheur qu'on connaît les amis", dit Ewipide, célèbre dramaturge de la Grèce antique. Et le Japon figure parmi les plus grands (...)
lire la suite
FORUM DES AS
Ban_pub
Copyright © FORUM DES AS 2013 - Design by MConsulting