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PRESIDENT DE LA COALITION DES CONGOLAIS POUR LA TRANSITION (CCT)
Emery Damien Kalwira préconise un Gouvernement d’ouverture et de cohésion nationale
mercredi 10 juin 2020

*"Le thermomètre sociopolitique actuel de la RDC ne garantit aucun atterrissage heureux à l'horizon 2023 ", fait observer le leader de la CCT.

Installé en Belgique depuis de nombreuses années déjà, Emery Daniel Kalwira n'est pas pour autant coupé de son pays dont il suit la marche au jour le jour. Invité de la rubrique " Café diplomatique " de " Yambola Magazine ", le président de la Coalition des Congolais pour la Transition (CCT) propose un cadre institutionnel de compromis politique national. En l'occurrence, un " Gouvernement inclusif de cohésion et de sortie de crise " si le pays veut, insiste-t-il, " sortir de l'impasse, de l'immobilisme et du chaos, de gré ou de force ".

Cet Exécutif, explique Kalwira, ne doit pas "tenir compte de ce Parlement conflictogène issu d'élections contestées et contestables". La tâche qu'il assigne à ce nouveau Gouvernement, c'est celui de "travailler efficacement pour préparer les élections à venir, sans transgresser ". Construire un Congo réellement libre et grand, est le leitmotiv de son combat.

A quelques semaines du 60ème anniversaire de l'Indépendance de la RDC, le leader de la CCT s'interroge: " Quel pays et quel héritage allons-nous léguer à nos enfants pour le prochain Centenaire ? ". C'est pourquoi, pour l'amour de ce pays " menacé d'effondrement ", Kalwira appelle ses compatriotes à " taire leurs intérêts personnels, à agir ensemble et sortir la RDC du tunnel noir actuel. "

De son point de vue, ce sera le meilleur cadeau d'indépendance que les politiques offriraient à l'ensemble du peuple congolais qui semble avoir perdu tout repère, toute confiance et tout espoir. "Ce sera, 60 ans après, l'hommage historique rendu aux Pères de l'Indépendance du Congo. C'est également et surtout la condition qui épargne la RDC, notre patrimoine commun, de la recrudescence des conflits intercommunautaires, des violences armées et, au pire, d'une guerre civile prévisible", affirme-t-il. "Forum des As" publie ci-dessous, l'intégralité de l'interview d'Emery Daniem Kalwira accordée à Yambola Magazine. Didier KEBONGO

YAMBOLA MAGAZINE : Comment se porte la CCT, la coalition que vous dirigez ?

E.D. KALWIRA : Tout d'abord merci de l'honneur que vous nous faites de pouvoir nous exprimer à travers votre média. La Coalition des congolais pour la Transition garde et conserve son identité originelle jusqu'à preuve du contraire. En effet, les faits nous donnent raison à l'heure qu'il est. Ceux qui doutaient de la noblesse que revêtait notre lutte exigeant la transition de sortie de crise avant toute élection en RDC, nous donnent raison et de façon unanime. Aujourd'hui, je ne vous apprends rien : le pays est bloqué, paralysé et la léthargie institutionnelle est générale. Le peuple crie au secours. Le lendemain est incertain, et donc aujourd'hui, nous demeurons encore ce que nous avons été hier : "la grande force CCT " pour apporter la réponse aux attentes du peuple congolais longtemps meurtri"

Joseph Kabila a permis, pour la première fois, une alternance civilisée en RDC Félix Tshisekedi dirige le pays. Peut-on parler aujourd'hui d'une nouvelle gestion ?

Le Président Tshisekedi est, comme vous le savez, à la fois un compagnon de lutte et un ami. Nous avons, lui et moi, partagé plusieurs réflexions sur l'avenir du pays quand nous étions dans l'opposition. Il a certes décidé de traverser. Il a sûrement fait un choix, mais qui semble se planter, et avec lui l'ensemble du peuple congolais qui, pourtant, attend avec impatience les réformes nécessaires à la restauration de l'Etat pour le bien-être de tous. Puisque vous parlez de cette Alternance cosmétique, et bien, le monde constate en revanche que le combat mené par le peuple congolais pour le changement a été altéré par un processus électoral très vicieux qui prive le Congo d'institutions opérationnelles et rassurantes. Le temps de tout revisiter pour l'intérêt général a sonné.

Que vous inspirent l'histoire de Thambwe Muamba et la déchéance de Jean-Marc Kabund ?

L'histoire de M. Alexis Thambwe Mwamba et la déchéance de Jean-Marc KABUND ne sont qu'une petite flamme au fond d'un gigantesque enfer qui brûle. A quelques semaines de la date mémorable du 30 juin, marquant la cérémonie du Soixantenaire d'indépendance, il est impérativement arrivé le moment de nous poser tous, acteurs politiques d'aujourd'hui, la question de savoir : 60 ans après, qu'avons-nous fait de notre pays, depuis le 30 juin 1960? Quel hommage avons-nous concrètement rendu à nos aînés, P. Emery Lumumba, Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Kasa-Vubu… et autres Martyrs congolais qui ont donné de leurs vies, de leurs jeunesses et au prix des sacrifices énormes pour arracher notre patrie des mains coloniales ? Jean Boole, le premier Centenaire de notre Indépendance nationale approche à pas de géant. L'enfant né aujourd'hui aura 40 ans le jour-là. Mais c'est certain que beaucoup d'entre-nous, acteurs politiques présents, ne verrons pas cette date ou n'aurons sûrement pas la force physique nécessaire d'y prendre part et de passer solennellement le flambeau témoin aux générations politiques futures.

Raison pour laquelle, au-delà de nos chamailleries, nos querelles, des frustrations, des égos et des mécontentements, fondés ou non, des uns et des autres, nous devons maintenant nous arrêter et nous demander : D'où venons-nous ? Où sommes-nous ? et où allons-nous ? Sommes-nous éternels? Quel pays et quel héritage allons-nous laisser à nos enfants pour le prochain Centenaire ? Pour ma part, au nom de la CCT et ses dirigeants, j'en appelle à la conscience et au patriotisme de tous mes collègues politiques de quelque bord que ce soit. Il nous faut taire nos intérêts personnels, agir ensemble et sortir la RDC du tunnel noir actuel. Il faut mettre sur pied un Gouvernement inclusif de cohésion et de sortie de crise. Un gouvernement qui ne tienne pas compte de ce parlement conflictogène, issu d'élections contestées et contestables. Ce nouveau gouvernement devra maintenant travailler efficacement pour préparer sérieusement les élections à venir et sans transgresser. Nous pensons, à notre avis, que ce sera le meilleur cadeau d'indépendance que nous, politiques, offrirons à l'ensemble du peuple congolais qui semble avoir perdu tout repère, toute confiance et tout espoir. Ce sera, 60 ans après, l'hommage historique rendu aux Pères de l'indépendance du Congo. C'est également et surtout la condition qui épargne la RDC, notre patrimoine commun, de la recrudescence des conflits intercommunautaires, des violences armées et au pire, d'une guerre civile prévisible.

Le procès de 100 jours et tant d'autres sont-ils la démonstration de la volonté du Président Tshisekedi de combattre la culture de l'impunité ?

A regarder de loin, l'intention est bonne, admirable et louable mais, de près encore une fois, comme le disait le sage Gandhi : "Tout ce qui est fait pour moi sans moi, est fait contre moi". Le peuple souverain doit être associé aux réformes. Il va de soi que la légitimité des Assemblées législatives actuelles est clairement contestée par plus de 96% d'électeurs. Ce peuple se reconnaitra à travers des institutions fédératrices de toutes les énergies attachées à la politique de rupture et du renouveau. Il faut donc une justice distributive et sociale et non un semblant de justice. Il faut d'abord rassembler les congolais pour donner la légitimité à toute action gouvernementale. Faute de quoi, le pays tend droit vers l'implosion, le peuple ne se sentant pas concerné. Le thermomètre sociopolitique actuel du Congo ne garantit aucun atterrissage heureux à l'horizon 2023. Il faut, si nous voulons sortir de l'impasse, de l'immobilisme et du chaos, de gré ou de force, aller vers un Gouvernement d'ouverture et de cohésion nationale. Bien que le compromis ne soit pas synonyme de l'unanimité, il faut, pour l'amour de ce pays menacé d'effondrement, entreprendre les contacts diplomatiques avec les acteurs favorables pour rapidement arriver à ce cadre institutionnel de compromis politique national. Personne n'a oublié que les acteurs qui dominent l'administration de l'Etat dans mon pays depuis bientôt 20 ans, sont les principaux comptables du marasme actuel et trainent avec eux un bilan de gestion globalement négatif. Ainsi, ces institutions prolongées depuis les élections contestées de fin 2018, sont toutes dépourvues de caution populaire, frappées d'usure, et par conséquent obsolètes. Il faut donc envoyer un véritable message du renouveau en direction de ce peuple lassé, abasourdi par tant d'années de misère imposée et de souffrance de tout genre.

Dans l'Est de votre pays, on signale de temps en temps des incursions des armées étrangères. Quelle est la part la Monusco dans tout ça ?

Evidemment, la CCT a été parmi les principales forces d'actions et de lancement d'alertes contre ces velléités persistantes de sécessions et de balkanisation de notre territoire national par les puissances obscures ennemies qui se servent de quelques pays limitrophes pour accomplir leur mission diabolique. Il ressort des informations crédibles à notre disposition que le risque de voir notre pays atomisé et émietté n'a jamais été aussi grand comme aujourd'hui. Les ennemis profitent de la fragilité de l'Etat pour tenter de passer en force. La CCT et autres forces de défense de notre souveraineté territoriale tiendront très bientôt une marche publique de mise en garde contre ces tireurs de ficelles. Cette menace de balkanisation étant maintenant réelle, nous espérons que MM. Joseph Kabala et le Président F.A Tshisekedi Tshilombo dépasseront, au nom du salut de la patrie qui est la loi suprême, leurs propres personnes et comprendront le sens profond de notre appel en faveur d'un cadre gouvernemental inclusif gage de paix et de stabilité nationale. En tout état de cause, la CCT a rompu sa trêve. Elle fera tout ce qui est dans son devoir et son pouvoir d'actions patriotiques légitimes pour sauver la RDC du chaos. Quant à la MONUSCO, nous restons droits dans nos bottes, persistons et signons que la mission régalienne de la sécurité du territoire revient, avant tout, à l'Etat et non aux forces onusiennes d'interposition.

Votre retour est-il dans l'ordre du possible ? Ne craignez-vous pas d'être coupé de certaines réalités nationales ?

Bon, c'est vrai, je ne suis plus rentré dans mon pays depuis belle lurette. Néanmoins, je puis vous dire: " Si loin, si proche ". Je ne suis pas coupé de réalités nationales. Il est aussi établi et connu de tous que la tyrannie, la privation, la répression, le refus de la différence et la banalisation du crime continuent d'être le maître mot de l'action gouvernementale actuelle. On peut même conclure que c'est l'unique chantier qui marche correctement en République Démocratique du Congo, depuis plus de 20 ans, et même avant. Quand le contraire sera possible, je me ferai à la fois le devoir et l'honneur de vous réserver l'annonce et l'agenda de mon retour au bercail. Construire un Congo réellement libre et grand, c'est le leitmotiv de notre combat. En attendant, nous suivons, minute par minute, tout ce qui se passe sur terrain grâce aux camarades membres de la CCT, présents sur l'ensemble du territoire national. Propos recueillis par Jean Boole.
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