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SCANDALE DU VENDREDI 12 JUIN AU PALAIS DU PEUPLE
L’épée de Damoclès suspendue sur la tête des instigateurs
vendredi 19 juin 2020

* «Les responsables doivent être tenus responsables», soutient Jeanine Mabunda, dans une déclaration faite hier jeudi.

Qui avait donné l’ordre aux policiers, d’empêcher les députés nationaux d’accéder à l’hémicycle le vendredi 12 juin en cours et pour quelle raison ? Cette question est pour l’instant sans réponse. Toutefois, malheur à celui par qui ce scandale est arrivé. Entretemps, l’opinion à Kinshasa part divisée, selon que l’on soit de tel bord politique ou de tel autre. Si certains Kinois accusent le Parlement de tentative d’un passage en force, d’autres pointent carrément un doigt accusateur sur le Procureur général près le Conseil d’Etat, d’avoir intentionnellement violé le principe sacro-saint de séparations de pouvoirs.

Face à ces "juges de rue", Jeanine Mabunda entend présenter ses moyens de défense pour éclairer la lanterne de l’opinion sur ces événements malheureux. Tel est donc l’objet de sa déclaration, rendue publique hier jeudi 18 juin dans l’après-midi.

«Les responsables doivent être tenus responsables», insiste la présidente de l’Assemblée nationale, dans sa déclaration. Dans ce document dont la copie a atterri à la rédaction de "Forum des As", le speaker de la Chambre présente les faits dans leur chronologie. Il s’agit d’un résumé des événements malheureux qui ont précédé les actions jugées illégales, menées au cours de cette journée inoubliable de vendredi 12 juin au siège du Pouvoir législatif.

A en croire la déclaration de Jeanine Mabunda, la déchéance en date du 25 mai dernier, de Jean-Marc Kabund de son poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale, se trouve être la cause lointaine de cette chienlit décriée par tous.

Le speaker de la Chambre rappelle que parmi les conséquences "collatérales" de ces événements, figure le décès inopiné du député Kakuke Mupololo Floribert, élu de la circonscription d’Ituri. A la suite d’un traumatisme survenu lors de cet incident du 12 juin, ce député national a été victime d'un Accident vasculaire cérébral (AVC) qui a entrainé sa mort à l’hôpital du Cinquantenaire.

«A partir du moment où le sanctuaire a été désacralisé, dès lors qu’il y a eu également mort d’homme, l’incident majeur du 12 juin au Palais du peuple ne peut, sous aucun prétexte, passer pour un fait anodin ou ordinaire. Ses auteurs, à quelque niveau de responsabilité, doivent être poursuivis et sévèrement punis », déclare un député national très en colère, contacté dans la journée d’hier jeudi par "Forum des As", indépendamment de la déclaration de Jeanine Mabunda, parvenue dans la soirée à la rédaction du journal.

LE CONSEIL D’ETAT A LA BARRE ?

Ce pourrait être une grande première, pour l’opinion congolaise, de voir comparaitre devant les juges, des hauts cadres d’une Haute juridiction judiciaire. En l'espèce, le Conseil d’Etat.

Parlant justement de ce qui s’était passé le vendredi dernier au Palais du peuple, la première des élues rappelle que tout était parti de la note du Conseil du 9 juin, adressée aussi bien à elle qu’au Secrétaire général de l’administration publique de la Représentation nationale.

La notification, explique Jeanine Mabunda, portait sur la suspension du calendrier de l’élection du premier vice-président.

A ce sujet, la présidente de la Chambre des représentants du Parlement congolais, renseigne qu’au lendemain de ladite correspondance, soit le 10 juin, les avocats de l’Assemblée nationale ont comparu devant le Conseil d’Etat, pour lever certaines exceptions. Mais sans succès. Qui pis est, les Conseils de la Chambre n’avaient pu accéder aux pièces du dossier.

« Suivant les textes, le juge de la chambre a ordonné aux parties de déposer leurs observations écrites le surlendemain. Soit le 11 juin dans la matinée. Sans aucune notification ou accord en bonne et due forme, et alors que nos avocats s’attelaient à la rédaction de leurs observations à déposer, ils vont découvrir sur les réseaux sociaux que le Conseil d’Etat avait secrètement statué sur cette affaire, violant ainsi intentionnellement les droits de la défense à un procès équitable, garanti par la Constitution. Il s’agit également d’une violation des instruments juridiques internationaux ratifiés par la RD Congo », explique Jeanine Mabunda.

Sans anticiper l’issue de cette affaire, estiment que l’incident malheureux, survenu le 12 juin au Palais du peuple, ne restera pas impuni. Ses commanditaires directs et indirects devront subir la rigueur de la loi. Comme dirait-on : « qui pisse contre le vent mouille sa chemise ».

"Forum des As" publie ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de Jeanine Mabunda. Grevisse KABREL
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