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COURSE A LA SUCCESSION DE CORNEILLE NANGAA :
La guerre des clans par-delà les masques religieux
mercredi 24 juin 2020

Je dois préciser d'entrée de jeu que je ne juge pas, j'interroge, abandonnant chacun à sa propre conscience et, partant, à ses propres réponses. Mais les questions sont là, évidentes. Je ne fais que les lire à travers les événements.

Les récents événements advenus dans le processus de désignation, par les confessions religieuses, du successeur de Corneille Nangaa Yobeluo, actuel Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante de la République Démocratique du Congo, ont fini par ôter les masques portés par les très vénérables " pères spirituels" de la nation, tout au moins certains d'entre eux. C'est en effet en tant que " spirituels " que les chefs des confessions religieuses ont bénéficié d'un capital de confiance faisant d'eux des arbitres estimés fiables dans le jeu politique, car supposés pétris du sens élevé de la vérité, de l'impartialité, de la justice et - par-dessus tout - de l'amour du prochain ; soit l'incarnation idéale de la fameuse église au milieu du village, à même de rassurer les divers camps en compétition dans l'arène politique.

Malheureusement, depuis 2006, nos vénérables " pères spirituels ", en tout cas certains parmi eux, se sont toujours comportés en acteurs intéressés, parfois même bassement plus mondains que leurs compatriotes auxquels ils furent préférés pour raison de présomption d'élévation spirituelle par-dessus les choses de la terre, étant entendu, dans l'esprit de 1 Corinthiens 15 : 48, que "tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres, tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. "

Déjà le deuxième avènement de Malumalu à la tête de la CENI s'est réalisé dans le contexte d'une guerre très éprouvante à la fois pour les protagonistes que pour le pays, mais aussi pour les chrétiens catholiques qui n'ont jamais compris pourquoi leur Eglise peut être en adversité avec ses propres fils, de surcroît prêtre dans le cas Malumalu. En effet, en tête de la fronde contre ce prêtre séculier du diocèse de Butembo-Beni, il y avait la très puissante Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Nombre de fidèles catholiques ruminent leur déception de voir la hiérarchie de leur Eglise devenir à ce point politisée jusqu'à mettre en péril les fondamentaux doctrinaux d'une Eglise prêchant " Un Seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, Un Seul Dieu et Père ", au profit d'accointances idéologico-stratégico-politiques soutenues par des intérêts antithétiques vis-à-vis de ceux de la population dont on dit fallacieusement qu'ils relèvent. Quand on sonde au plus profond les arcanes de l'engagement politique de l'Eglise officielle en RDC, on ne peut de bonne foi que recommander sa conversion. Elevons notre cœur, fidèles et pasteurs, et tournons-le vers le Seigneur, et ce, en toutes circonstances. Même en matière électorale, souvenons-nous du Seigneur. L'affaire des financements occidentaux alloués à l'Eglise lors du processus électoral ayant abouti aux élections du 30 décembre 2018 et celles de l'année 2019, les deals politiques avérés entre des représentants de l'Eglise et certains milieux politiques bien identifiés, etc. tout cela soulève des questions sur la crédibilité de l'Eglise en matière politique.

A tout prendre, le péché originel des processus électoraux successifs en RDC depuis 2006, aux yeux de quelques hiérarques de la CENCO, semble être celui d'avoir échappé à leur téléguidage. Malumalu avait beau être prêtre de l'Eglise catholique romaine, tant qu'il n'était pas dans le juron des épiscopes décidés à tirer les ficelles à leur avantage, il ne pouvait avoir le soutien officiel de sa hiérarchie dont certains membres ne se sont pas gênés de lui mettre des bâtons dans les roues. Ce n'est pas édifiant de la part d'une Eglise appelée à être "une, sainte, catholique et apostolique ".

A ce qu'il paraît, tous les héritiers de Malumalu devraient subir le même sort, tant qu'ils s'en tiendront à l'orthodoxie, à la légalité, à la technicité et autres exigences morales, en oubliant la bénédiction des épiscopes qui sont les seuls à en connaître les conditions, à l'évidence pas toujours compatibles avec la foi reçue des apôtres. Le premier de la série est évidemment Corneille Nangaa Yobeluo dont la candidature en octobre 2015 avait suivi la voie normale jusqu'à l'élection organisée dans des locaux de l'Eglise catholique avec la participation de la CENCO avant que cette dernière ne se rebiffe à travers un communiqué signé par l'Abbé Léonard Santedi en date du 21 octobre 2015, dans lequel ce dernier affirma que " le candidat présenté par les Confessions religieuses est le candidat de sept confessions religieuses sans l'Eglise catholique qui n'a pas participé à son élection et qui assume toute sa responsabilité devant la Nation et devant l'histoire". Le procès-verbal de cette réunion élective révèle pourtant que c'est la CENCO qui avait offert le cadre où elle s'est tenue et qu'elle y avait bel et bien pris part, ne s'étant en fait retirée qu'après le vote, c'est-à-dire à la conclusion de la réunion.

Ce qui se passe autour de la candidature de Maître Ronsard Malonda n'est donc pas du tout nouveau, ni sous la forme, ni sur le fond, même si les chiffres ont bougé, mettant cette fois en dissension 6 confessions religieuses contre 2 eu lieu de 7 contre 1. Les manœuvres sont les mêmes : tenter d'imposer à tout prix le candidat de leur obédience idéologico-stratégique (ce qui fait des personnes à l'origine de ces manœuvres, des acteurs intéressés au même titre que les autres acteurs de l'arène politique rd-congolaise) et pour ce faire, contourner la règle démocratique de l'expression majoritaire du suffrage, à défaut de réussir l'achat de conscience de certains électeurs qui subissent des pressions pour renier leur vote ou se désolidariser de leur base. Avec ça, sommes-nous toujours en Eglise et en milieu confessionnel ? La question s'adresse à ceux qui nous enseignent la foi au Verbe fait chair, dont le Royaume n'est pas de ce monde, Fils du Dieu-Amour et Prince de la paix.

Comment en un homme peut-il avoir pour grief d'avoir servi son pays avec dévouement et compétence ? Lorsqu'on entend le fameux " tout sauf Malonda " dégainé par un prêtre au nom de l'Eglise dont le concerné est fervent fidèle, on ne peut pas ne pas être estomaqué. Qui de sérieux peut admettre que tous ceux qui ont servi à la CENI sous le mandat du Président Corneille Nangaa (encore que nombreux - dont Ronsard Malonda - y ont travaillé sous tous les mandats intervenus depuis le début en 2005) sont de ce fait couverts du péché mortel non autrement défini que " ce que nous vivons ", oubliant que cela est vu sous divers prismes selon les intérêts des uns et des autres, et en tout cas salué par divers fora des organes de gestion des élections en Afrique et dans le monde ? Même ceux qui profèrent cette incongruité n'y croient pas eux-mêmes, puisque nous connaissons leur valeur intellectuelle. Alors, pourquoi se servir, à des fins politiciennes, d'un argument qui, non seulement ne tient pas en raison, mais en plus, auquel les auteurs ne croient pas eux-mêmes ? Comble de cynisme politique et de déliquescence de la foi chrétienne authentique véhiculée par le catéchisme le plus simple, notamment à travers le décalogue où il se trouve bien inscrit le " tu ne mentiras point ", parmi tant d'autres préceptes archiconnus. A coup sûr, l'interpellation du Cardinal Malula vaut encore tout son pesant d'or : " Je crois en Jésus-Christ, qu'est-ce que cette foi change dans ma vie? " La foi doit être au service de la vérité. Et la vérité dans ce domaine, c'est que la RDC a une CENI très appréciée de par le monde. Nangaa comme Malonda et bien d'autres, ont une expertise très sollicitée sous d'autres cieux. Ce qu'après avoir joué la partition à la mode avant les élections du 30 décembre 2018, l'actuel Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reconnu au lendemain de son élection en ces mots : " Je rends hommage à la CENI et à son président Corneille Nangaa qui, malgré les critiques, malgré les menaces, est allé jusqu'au bout de sa logique. "

Les logiques adverses ne sont en rien plus " saintes ", encore que ce n'est point cela la modalité appropriée pour les apprécier. C'est sur le terrain scientifique qu'il faut le faire. Dès lors, l'angélisme électoraliste n'a aucune place sinon pour servir d'argument d'arnaque. Cela étant, vouer aux gémonies Corneille Nangaa, Malonda et je ne sais qui d'autre, juste pour le besoin des intérêts de chapelles idéologico-stratégico-politiques n'est ni humainement honnête, ni juste aux yeux du Dieu Tout-Puissant. Peut-être que ceux qui nous enseignent les choses de Dieu le font sans véritablement croire que Dieu existe bel et bien et qu'il est à l'œuvre en cet âge. Puissent-ils s'amender et réaliser que, comme le dit le chanteur Frère Patrice Ngoy Musoko, "tribunal ya Nzambe ekozala " (il y aura bel et bien un jugement divin) et ce n'est pas que pour les fidèles. " A ceux qui ont reçu plus, il sera demandé davantage ".

Au bout du compte, chacun gardant sa foi dans une association de huit confessions religieuses où aucune ne prévaut sur l'autre, tenons-nous-en aux règles du jeu, lesquelles n'excluent personne par présomption subjective de culpabilité. L'Etat de droit est aussi à ce prix.
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