Dernière minute :

Par où sont passés l’état d’urgence et les mesures barrières ?
jeudi 25 juin 2020

Combien étaient-ils, hier, dans la rue? Sans doute plusieurs centaines. Forcément en violation de l'état d'urgence, décrété par le chef de l'Etat le 24 mars de l'année en cours. Et régulièrement reconduit depuis. La dernière mise à jour en date étant survenue le 20 juin dernier. L'état d'urgence, c'est archi-connu, implique nécessairement la restriction des libertés, dont celle de manifester sur la voie publique.

Ce n'est pas tout. Quand on est en nombre, comme cela a été le cas sur le pavé kinois, pas besoin de caméra de surveillance pour détecter moult entorses aux salutaires gestes barrières. A bas les masques ! Exit la distanciation sociale ou physique ! Coup de frein au lavage régulier des mains.

Là aussi, un sacré pied de nez aux mesures prises par la plus haute autorité du pays pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? En l'occurrence, était-il indiqué de défendre l'Etat de droit en prenant des libertés avec …les lois et mesures édictées par le Président de la république dans le cadre justement du même Etat de droit ? Sujet de dissertation à la veille de l'examen d'Etat. Ou encore travail pratique pour étudiants en sciences politiques.

Fallait-il passer par la case "risque de contamination à vaste échelle" pour obtenir le retrait des propositions de loi jugées " anticonstitutionnelles" ? Là où existe une Cour constitutionnelle, dont le job est justement de juger de la constitutionnalité des lois. La même Cour à laquelle on a enfin reconnu la compétence exclusive de proclamer les résultats notamment de la présidentielle.

Enfin, puisque nous ne sommes pas seuls sur cette terre des hommes, quel signal envoyons-nous au reste du vaste monde ? Un pays où on peut se réclamer du Président de la république et faire peu de cas de décisions prises sous son autorité. Ce faisant, on donne l'impression de vouloir allègrement une chose et son contraire, le beurre et l'argent du beurre.

Un "en même temps" difficilement compréhensible. Un grand écart susceptible de décourager partenaires extérieurs et investisseurs. Un investisseur, disait le Premier ministre Kengo, est un gibier peureux. C'est peu dire, par conséquent, qu'on ne l'appâte pas avec ce qui ressemble à de la chienlit. José NAWEJ
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