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D’un dialogue sans dialogue à un autre
mercredi 15 juillet 2020

Dialogue ? Encore ? Pourquoi faire ? Pour en préparer un autre ? Et perpétuer ainsi la tradition née des années Transition qui veut que le pouvoir s'obtienne au bout du dialogue.

Peu importe l'appellation du forum. Peu importe le contenant, le contenu reste invariablement le même. En la matière, l'imagination fertile de la classe politique zaïro-congolaise a produit quantité de formules pour désigner cet exercice au terme duquel les participants se partagent des maroquins.

Négociations de Palais de marbre I et II, Conférence nationale souveraine, Conclave du Palais de la Nation, Concertations du Palais du peuple, Débat national, Dialogue inter congolais, Concertations nationales, Pourparlers politiques de la cité de l'UA ou encore du Centre interdiocésain de Kinshasa… On y entre "délégué" et on en sort "Excellence monsieur le ministre", mandataire public au sein des entreprises du portefeuille ou encore ambassadeur.

Une fois que le partage du "gâteau" est terminé, les assises n'ont plus d'intérêt. Les heureux bénéficiaires sont servis. Les voilà qui s'installent et qui installent. La "crise" est provisoirement enterrée…vivante. Au prochain "dialogue", tel le naturel qu'on a chassé, il reviendra au galop.

Les résolutions du forum ? Elles sont bonnes pour les archives. Ou pour les aigris qui n'ont pas eu la chance de tomber sur un poste "juteux". Ainsi va la République. Une tare atavique? Certains osent cette interrogation. Déjà en 1960, nos vénérables pères de l'indépendance avaient fait l'impasse sur la table ronde économique, alors que c'était là que se cachait la clé de la souveraineté.

On pouvait raisonnablement penser qu'avec le rétablissement du cycle électoral en 2006, le seul dialogue qui primerait serait celui démocratique, républicain ou interinstitutionnel. Nenni.

Les urnes sont accusées de tous les maux avec tous les mots. Personne n'admet sa défaite. C'est toujours la faute à la Centrale électorale. Un peu à la manière d'un étudiant qui proclame volontiers dans toutes les langues qu'il a obtenu une bonne mention dans tel ou tel autre cours et quand la note est en dessous de la moyenne, c'est le prof qui la lui a collée. Même s'il est vrai qu'en l'occurrence, la CENI, hier CEI, a sa part de responsabilité dans les loupés électoraux.

Alors, énième dialogue ? Moins de deux ans après l'installation des animateurs issus du scrutin de fin 2018 ? Pas exclu sous les tropiques rd congolaises. D'autant que les vainqueurs proclamés des élections présidentielle législatives, provinciales et sénatoriales font eux-mêmes la courte échelle aux abonnés au "dialogue". Ils en légitiment, par l'absurde, la tenue.

Une coalition plus cosmétique que substantielle, synonyme de bisbilles, de chamailleries et même d'affrontements sans fin ni fond. Chaque partenaire de la coalition donnant l'impression de privilégier davantage son agenda caché que la feuille de route commune. Résultat ; pas de cap clair à traduire en actes par le Gouvernement tel que le stipule l'abc du régime semi présidentiel ou semi parlementaire, façon Vème République française.

C'est dans cette brèche faite de mésentente cordiale entre le CACH et le FCC que s'engouffrent notamment des confessions religieuses comme l'Eglise du Christ au Congo (ECC) et des personnalités politiques, pour en appeler à des concertations. C'est le cas de 12 acteurs politiques, essentiellement des élus du premier degré. Certes, les partisans d'une table ronde - de plus ou de trop ?- précisent qu'il ne sera pas question du sempiternel partage du pouvoir. Cette profession de foi sonne l'inverse dans les oreilles de la majorité silencieuse.

Très longue et très riche jurisprudence en bandoulière, le Congolais ressemble à un chat échaudé qui craint même l'eau froide par cette saison sèche. José NAWEJ
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