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A chacun son "peuple" et sa "rue"
vendredi 24 juillet 2020

La rue ? Personne n'en a le monopole. Le "peuple" ? Nul n'en est l'incarnation exclusive. Dans une société démocratique, l'expression populaire est par définition plurielle. La démonstration -si besoin en était encore- a été faite hier avec la marche du FCC. Les sociétaires de la méga plateforme chère à Joseph Kabila ont battu le pavé. Ils étaient nombreux.

Combien exactement ? Aux statisticiens " conditionnés " d'avancer des chiffres avec lesquels ils prennent des libertés. Selon la cause qu'ils défendent. Comment s'est passée la mobilisation ? Aux spéculateurs " intéressés " d'y aller de leurs allégations à l'aune de ce qu'ils veulent bien démontrer. Là n'est pas notre dada.

L'opinion retiendra que chronologiquement après l'UDPS, Lamuka et le CLC, c'était le tour du FCC de marcher. La procession a eu lieu. Les sympathisants du bloc majoritaire de la Majorité parlementaire ont répondu présent. Malgré la pluralité des mots d'ordre - croisade contre Malonda pour les uns et soutien des Institutions pour les autres-, l'équation politique est la même : une démonstration de force en vue de marquer son territoire.

Pour le FCC, ce challenge était d'autant plus prégnant que des figures de l'UDPS/CACH ne cessent de gloser sur l'adéquation entre sa majorité dans l'Hémicycle et son ancrage dans le pays réel.

A l'heure de compte, la kabilie a des raisons de boire du petit lait. L'exercice a été concluant. Le " peuple " du FCC a été visible tout au long de l'itinéraire retenu pour la marche. Une mobilisation populaire susceptible de rendre audible la démarche des " kabilistes et des nationalistes ".

En marchant sous le credo " soutien des Institutions sur fond de respect de la Constitution ", le FCC entend dire à la ville, au pays et au monde qu'il se pose en légaliste. Sentirait-il des velléités d'un coup fourré quelque part ? Et si, en l'occurrence, poser la question, c'était y répondre ?

En fait de démarche, il s'agit d'un combat -encore à fleuret moucheté ?- entre les deux coalisés au pouvoir. Comme dans un jeu d'échec, chacun avance ses pions tout en pensant au coup d'après et en imaginant celui de l'autre. La rue n'est donc qu'un champ de bataille parmi tant d'autres.

Entre partenaires dans la coalition, la confiance-méfiance règne… Difficile de faire l'économie d'oxymores dans ce couple sui generis qui dirige la RDC. José NAWEJ
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