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52 ANS DE CARRIERE A L’HOPITAL GENERAL DE LUOZI
Odette Benayenge, la sage-femme aux 50 homonymes !
vendredi 14 août 2020

"Madame Odette", c'est ainsi qu'est appelée affectueusement cette femme de 72 ans, qui a choisi le métier si passionnant qu'est celui d'aider une femme à donner vie. Un travail qu'elle fait voici 52 ans. Benayenge Basika Odette l'a choisi, dès son âge, prise en charge par une Belge, elle-même accoucheuse. Aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après, son métier lui a donné une cinquantaine d'homonymes, tous sexes confondus. Pas seulement. Aussi la renommée sur l'ensemble du territoire. A 72 ans, cette retraitée continue d'exercer, en attente de ses indemnités de sortie qui tardent à venir. Un métier qui lui a permis de scolariser ses trois enfants, dont un est aujourd'hui médecin. Forum des As a rencontré cette femme qui partage sa vie entre l'hôpital et les champs.

C'est dans le moule des Européennes expérimentées que Odette Benayenge a appris le métier qu'elle pratique depuis des décennies.

D'abord avec mademoiselle Henriette, une Belge qui travaillait à l'hôpital de Luozi, ensuite aux côtés d'une Suédoise, mlle Maj Andersson.

C'est mademoiselle Henriette qui m'avait appris ce métier". J'enlève ma tête pour la placer en toi'', m'avait-elle dit, nous raconte-t-elle. J'avais toutefois commencé à Sona-Mpangu sans avoir terminé. Ensuite, j'ai continué à apprendre pendant 8 ans avec Mlle Maj Andersson, une Suédoise, de 1987-1995.

LA POPULATION ET SA BIENFAITRICE OPPOSEES A SA MUTATION

Cette femme dont la renommée a traversé les frontières de son territoire d'origine - Luozi - en raison du caractère de son métier, mais aussi de sa serviabilité et son caractère social, n'exerce que dans cet hôpital depuis … 1968.

En 1985, quand l'Etat avait confié la gestion de l'hôpital à la Communauté évangélique du Congo (CEC), tous les agents qui y œuvraient étaient transférés à l'hôpital de Sona-Nkulu à Mbanza-Ngungu.

Mais la population de Luozi s'y était opposée. Y compris sa bienfaitrice, Mlle Henriette. De Belgique où elle se trouvait, elle avait adressé ce message d'un ton ferme : "Odette, de mon vivant, tu ne peux pas partir de l'hôpital de Luozi." Ce qui n'était pas du goût de ses enfants qui voulaient à tout prix quitter ce milieu enclavé.

50 HOMONYMES

Plus d'un demi-siècle plus tard, "Madame Odette" ne regrette pas d'avoir choisi le métier d'aider les congénères à donner vie. Ce qu'elle en a tiré, en termes d'honneur, de prestige, de dignité, l'encourage.

"Aujourd'hui, j'ai 50 homonymes, dont 5 hommes et 45 femmes, et trois morts. Parmi mes homo, une femme médecin qui exerce à Kinshasa", s'enorgueillit-elle, sourire aux lèvres.

Quoique le métier ne permette pas de bien la nourrir, elle ne regrette pas de l'avoir choisi. Aujourd'hui, elle en garde quelques bons souvenirs qui font oublier parfois quelques tracas du métier...

"Je ne regrette pas d'avoir choisi ce métier, car j'estime que ce métier est un don de Dieu. Malgré le petit salaire, je suis disposée à l'exercer car nous étions bien formés par des gens qui nous encourageaient à privilégier le travail à l'argent. Ces conseils me permettent de recevoir plusieurs cadeaux des enfants des femmes que j'ai fait accoucher", raconte-t-elle.

''SALLE BENAYENGE''

"Le souvenir qui me rend heureuse est d'être parvenue à scolariser jusqu'au niveau universitaire mes enfants. Et c'est grâce à ce travail que j'ai acquis une parcelle", ajoute Ma Odette.

52 ans après, Benayenge Basika Odette, 72 ans, se révèle une employée disciplinée et consciencieuse, elle qui avoue avoir travaillé avec 162 médecins. Un bon record, mais ajouter à cela le fait qu'elle n'a jamais reçu de ses chefs hiérarchiques de lettres ni de blâme, ni de suspension encore moins de demande d'explications, constituer un motif de fierté et de satisfaction car elle a bien rempli sa carrière professionnelle.

Grâce à sa conscience professionnelle, la salle de maternité porte à ce jour son nom ''Salle Benayenge''. Les médecins l'appellent très affectueusement ''Mémé de Mémé''.

Au plus fort de sa riche carrière, sans se rappeler le nombre de femmes accouchées entre ses mains, elle se souvient du moins faire accoucher entre 15 ou 20 femmes par mois. C'était à l'époque où il n'y avait que l'hôpital de Luozi où venaient accoucher toutes les femmes de la région, avant la naissance de centres de santé en 1980.

Au cours de sa carrière, elle a eu à former une centaines d'accoucheuses. "Pour apprendre un métier, il faut l'aimer et y persévérer", conseille Ma Odette qui se rappelle qu'elles étaient nombreuses comme apprenantes en 1968, mais trois seulement étaient restées une année plus tard.

" NOUS N'AVONS PLUS A RECLAMER APRES AVOIR LONGTEMPS RECLAME "

Ma Odette continue à exercer comme sage-femme à l'Hôpital général de référence de Luozi, en dépit de sa retraite depuis le 25 mai 2016.

"On m'a remis la lettre de retraite, mais sans nos indemnités de sortie. C'est pourquoi je continue de travailler, attendant ''le pain de route'' (indemnités de sortie)", s'indigne Ma Odette, mais courageuse.

Elle regrette de faire accoucher aujourd'hui de très jeunes filles dont les auteurs de ces grosses sont des ''wewa'' (conducteurs de motos) irresponsables.

C'est un message de rappel au respect de ses responsabilités et de ses promesses que cette retraitée septuagénaire adresse au Gouvernement.

"Nous continuons à attendre la solution de l'Etat. Nous n'avons plus à réclamer après avoir longtemps réclamé. Si aujourd'hui, Dieu me rappelais à Lui j'irais avec joie car j'aurais accompli un excellent travail sans accident ni incident majeur. La plupart des retraités meurent avec beaucoup de regrets en ne bénéficiant pas d'un petit montant d'indemnités entre 1.000 FC à 2.8000 FC". Propos recueillis par Kléber KUNGU
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