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AU-DELA DU BUZZ SUR LES RESEAUX SOCIAUX
Toute la vérité sur le contrat de consultance RDC- cabinet Baker McKenzie
lundi 24 août 2020

Après une période d'isolement depuis novembre 2012, marquée par la suspension du second Programme économique du Gouvernement (PEG), décidée par le Fonds monétaire international, la RD Congo peine à franchir les marches de la finance internationale. Pourtant, dans un contexte de resserrement budgétaire imprégné par un assèchement des ressources budgétaires, le pays de Félix Tshisekedi a plus que besoin des fonds pour financer son Plan national de développement.

Dès lors, la nouvelle administration Fatshi a levé l'option de recourir aux cabinets spécialisés pour l'aider à ouvrir ses entrées dans le monde des finances internationales. C'est donc dans ce cadre que s'inscrit le contrat de consultance conçu avec le cabinet américain McKenzie. Hélas. Il se trouve qu'à ce jour, fait exploser les réseaux sociaux. Des internautes d'esprit moyen, passent le clair de leur temps à commenter ce contrat dans tous les sens. Par contre, les petits esprits, à bras raccourci, vont jusqu'à proférer des insultes à certains dirigeants du pays, accusés gratuitement de vouloir s'engraisser les pattes derrière cette décision de l'Etat.

C'est dans cet environnement de polémique ambiante, que le média en ligne "Zoom Eco", a initié une mini-enquête pour cerner les vrais contours de ce dossier. Quelle est l'origine du contrat ? Quels sont les dividendes que le pays en tire et quelle est la régularité du contrat ?

S'agissant de l'origine du contrat, les enquêteurs de "Zoom Eco", sur base des informations reçues des sources croisées, rappellent que c'est le cabinet du Président de la République qui avait sollicité le cabinet Baker McKenzie, pour établir une radioscopie de l'économie congolaise. Objectif de la démarche : proposer un Plan d'intervention adapté pour la relance de l'économique du pays.

C'est donc dans ce cadre, que le Président Félix Tshisekedi, au cours de son passage à New-York en septembre 2019, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, s'était entretenu avec les responsables de McKenzie. L'objectif fut d'approfondir les échanges sur les orientations fondées sur les espérances de l'État congolais par rapport à cette collaboration qui, en son temps, était encore en discussion.

Par rapport à la requête de l'Etat congolais, le cabinet McKenzie conçut, en octobre de l'année dernière, un projet du programme qu'il avait même transmis au cabinet du Chef de l'Etat. Le projet, apprend-on, était basé sur une démarche innovante, consistant à comprendre les pesanteurs de l'économie nationale. En d'autres termes, quels sont les facteurs qui gênent le redressement de l'économique et l'harmonisation des relations avec les partenaires bi et multilatéraux de la Rd Congo ?

Ainsi, dans le souci de formaliser la collaboration avec l'État congolais, le Gouvernement a été impliqué dans cette démarche pour approfondir les discussions techniques avec McKenzie. Et, c'est à la Primature et au ministère des Finances que le Président de la République avait confié cette tâche.

Il se trouve qu'à l'issue du travail technique qui a suivi cette première étape, un engagement avait été conclu avec la firme Baker McKenzie. Ce, sous la supervision du Chef de l'Etat et du Premier ministre. La source renseigne qu'au terme de cet engagement, les deux parties avaient convenu de produire une feuille de route sur les réformes majeures à entreprendre.

On rappelle qu'au mois de mai dernier, le Conseil des ministres avait planché sur le dossier à deux reprises. D'abord, lors de sa 30ème réunion qui a permis aux membres du Gouvernement de revisiter le Programme d'urgence multisectoriel d'atténuation des impacts de Covid-19 (PMUIAC), nécessitant la mobilisation des fonds auprès des partenaires de la Rd Congo.

Par ailleurs, au cours de la réunion subséquente du 15 mai, le chef de l'État avait lui-même souligné la nécessité de matérialiser l'accompagnement de McKenzie dans la recherche de financements innovants en faveur du PMUAIC. Cette décision gouvernementale sera non seulement approuvée.

391 593 300 USD POUR LA RIPOSTE SANITAIRE

Au départ, apprend-on des mêmes sources, la proposition de contrat faite par McKenzie consistait à apporter une assistance au Cabinet du chef de l'État congolais dans le cadre de l'élaboration d'une feuille de route de reformes sur les transformations économiques. À cela s'ajoutent le conseil souverain et le mandat.

Cependant, l'option définitive coulée dans le contrat stipule : " la formulation des réformes économiques et de la recherche des financements innovants pour l'économie nationale. " En effet, le PMUAIC qui a pour objectif de limiter la détérioration du bien-être social et de servir de balise à la relance économique nécessite une mobilisation des fonds évalués à 2,6 milliards USD pour sa mise en œuvre étalée sur une période de neuf mois.

Il a été conçu pour financer des mesures et ou actions d'urgence structurées en trois axes, à savoir : 15% (soit, 391 593 300 USD) pour la riposte sanitaire ; 41% (soit, 1 070 355 020 USD) pour l'atténuation des effets sur le cadre macroéconomique et le soutien à la relance des secteurs productifs ; et 44% (soit, 1 148 673 680 USD) pour la préservation des conditions de vie de la population pendant cette période de crise.

D'après le document officiel, environ 20% du financement global (soit, 522,1 millions USD) devrait être pris en charge par l'État, 23% (soit 600,4 millions USD) à identifier auprès des bailleurs et 57% (environ 1,5 milliards USD) la partie à rechercher.

Si, au regard de cette répartition environ 80% de fonds sont à mobiliser à l'international, cette tâche sera accomplie, conformément aux termes du contrat, avec l'accompagnement de McKenzie. Bien plus, d'autres réformes économiques devront être définies grâce à l'appui de ce cabinet de notoriété internationale. Il s'agit notamment des reformes qui touchent le domaine de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.

Voilà, les deux livrables que Baker McKenzie est appelé à fournir, à terme, au Chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi et au Gouvernement Ilunkamba !

UN COMITE DE SUIVI BIPARTITE INSTITUE

Fin juillet 2020, révèlent nos sources, une Commission chargée du suivi de l'exécution du contrat signé entre McKenzie et la Rd Congo a été créée par le directeur du Cabinet ai du chef de l'Etat, Eberande Kolongele, sous le leadership du chef de l'État lui-même. C'est cette création qui va formaliser le groupe ayant pris part aux travaux préparatoires à la formalisation dudit partenariat.

Autant la Présidence de la République a délégué ses représentants pour la mise en œuvre efficace du contrat sus-évoqué, autant le Gouvernement, à travers la Primature, le ministère du Plan et le ministère des Finances a désigné, chacun, deux membres.

Des analystes avec qui nous avons échangé estiment que la responsabilité de veiller à une meilleure exécution de ce contrat incombe à cette bipartite qui devra, in fine, rendre compte au peuple sur ce qui a été fait.

" En considérant que le pilotage du suivi est assuré par la Présidence de la République, il est impérieux que, dans ce contexte de polémique, une communication soit faite pour rassurer le peuple congolais de la régularité de ce contrat et du suivi étroit de son exécution. Pourquoi ne pas instaurer des rapports périodiques sur l'état d'avancement ? ", s'est interrogé un analyste averti.

Cette communication, soutient un expert en la matière, aura tout son sens pour couper court à la spéculation et à toute incompréhension autour de ce dossier pour lequel certaines personnes mal intentionnées veulent détruire, attribuer la paternité exclusive à certains membres du Gouvernement dont le ministre Sele Yalaghuli en le rendant coupable dans l'opinion.

Au demeurant, ajoute un analyste, les acteurs politiques et le peuple congolais devraient non seulement exiger la redevabilité mais aussi redoubler de la vigilance pour que les fonds qui seront empruntés servent réellement, tel que le souhaite le chef de l'Etat, à des actions et/ou priorités pour lesquelles ils ont été mobilisés.

Cette démarche aura l'avantage de prévenir les détournements de deniers publics ou leur réaffectation à d'autres tâches de consommation plutôt de soutenir la relance économique.

Il y a lieu de noter une certaine convergence de vues autour du fait que McKenzie a trouvé la RD Congo très avancée dans son processus de renforcement des relations avec les institutions de Bretton Woods dont le FMI qui a même décaissé à deux reprises de financements au titre de la Facilité rapide de crédit (FRC) en faveur du Gouvernement. Cela vaut également pour la mise sur pied des mesures dans le cadre du Plan de relance de l'économie nationale.

Tout bien considéré, des experts notent qu'avec une trésorerie serrée, la RD Congo est fortement limitée dans la mise en œuvre de son vaste programme de développement. Face à l'inexistence du marché financier national, le pays n'a plus qu'une seule issue : le marché financier international. Un domaine où seuls sont admis des experts. Voilà qui justifie le contrat signé avec Baker McKenzie. FDA/Zoom Eco
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