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EN ORDONNANT LA FERMETURE DES PORTS ILLEGAUX
Félix Tshisekedi veut restituer à la SCTP son monopole de gestion portuaire
mardi 1er septembre 2020

Les agents de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP) ont passé un super week-end en apprenant la décision de fermer tous les ports illégaux et clandestins. Mesure prise par le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, le vendredi 28 août dernier, lors de la 46ème réunion du Conseil des ministres, tenue par vidéoconférence. Cette décision va permettre à ce géant des transports congolais d'améliorer sa trésorerie après plus de cinq années de calvaire.

Ce succès, apprend-t-on dans les couloirs de l'ex-Onatra, fait suite à l'action menée par l'Intersyndicale de cette entreprise pour mettre un terme, une fois pour toutes, à la spoliation des biens de la société, mais aussi à la concurrence déloyale observée au port maritime de Matadi par certains ports privés, exploitant illégalement dans cette concession détenue par la SCTP.

Les agents de cette entreprise publique invitent, à cet effet, le Directeur général Franklin Mabaya et son adjoint Gabin Lulendu, à saisir cette opportunité pour relancer l'activité économique de la SCTP, par l'instauration d'une gestion rigoureuse et non complaisante. C'est de cette façon, disent-ils, qu'ils pourront pallier tant soit peu, la dette sociale qui ronge cette entreprise depuis plusieurs années.

L'EXISTENCE DES PORTS ILLEGAUX DERANGE LA SURETE DE L'ETAT

Au courant de la semaine dernière, les syndicalistes de la SCTP ont rencontré personnellement le chef de l'Etat pour lui expliquer les difficultés que rencontre leur entreprise. Ce, après s'être entretenus, tour à tour, avec le ministre des Transports et Voies de communication et son collègue du Portefeuille, les deux formant la tutelle technique et administrative de ladite société.

C'est cette démarche qui a amené, sans doute, le président de la République à décider de la fermeture des ports illégaux et clandestins, après avoir obtenu des éclaircissements sur la situation générale de la SCTP.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, les ports illégaux occasionnent "un manque à gagner à la société commerciale des transports et des ports". Voilà pourquoi le président Félix Tshisekedi a rappelé aux membres du gouvernement la réglementation en vigueur qui encadre l'activité des ports du fait que ceux-ci sont traditionnellement considérés comme des "ports services", où l'autorité portuaire s'occupe de tous les services opérationnels du port.

Félix Tshisekedi a dénoncé l'existence de nombreux ports privés, créés en toute illégalité et fonctionnant en marge de la légalité et des principes régissant le domaine public de l'Etat, en violation de cette réglementation.

Pour lui, cette situation porte, entre autres, atteinte au monopole de gestion et d'exploitation des ports dans le bief maritime du pays, accordé à la SCTP par l'Ordonnance n° 71-307 du 3 décembre 1971. Ce texte permettait à celle-ci de gérer jadis 90% de tous les frets maritimes congolais.

PLUS DE 20 MOIS D'ARRIERES DE SALAIRE

Mais depuis un certain temps, l'ex-Onatra a perdu sa compétitivité depuis la mise en opération des ports privés, surtout dans la concession du port de Matadi. Une situation qui a asphyxié cette entreprise au point d'accumuler plus de 20 mois d'arriérés de salaires, malgré la succession de plusieurs Directeurs généraux à sa tête.

"Plus grave encore, dans la plupart des cas, les opérateurs de ces ports privés ferment tout accès aux différents services publics, notamment la Police, la douane, la quarantaine ", a décrié le chef de l'Etat. Ce qui constitue un danger permanent pour la sûreté de l'Etat.

Face à cette situation jugée "inacceptable", le Vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, le ministre des Transports ainsi que le vice-ministre de la Justice et Garde des sceaux ont été chargés de faire un rapport circonstancié sur cette question à la prochaine réunion du Conseil des Ministres.

"La violation de la Loi ne pouvant être tolérée, tous les ports illégaux seront immédiatement fermés et les opérateurs remis entre les mains de la justice pour des sanctions exemplaires et appropriées", note le compte rendu du Conseil des ministres.

GESTION DE PORTS EN RD CONGO

La desserte maritime de la RDC est assurée à travers les ports maritimes de Matadi, Boma et Banana. Ces trois ports sont placés sous la gestion de la SCTP, qui joue le rôle de l'Autorité portuaire. De ces trois ports maritimes, Matadi est de loin le plus important avec plus de 90% du trafic non pétrolier. Banana est situé à la presqu'île de Banana à l'embouchure du fleuve. Boma est à plus ou moins 90 Km de l'embouchure et à 60 Km de Matadi.

Aux côtés de ces trois ports, on trouve de nombreux ports intérieurs qui comprennent, d'une part, des ports fluviaux, situés le long du fleuve Congo et, d'autre part, les ports lacustres implantés pour la plupart aux postes frontaliers avec certains pays africains. Ainsi, on note comme ports fluviaux, celui d'Ilebo, de Kisangani, de Mbandaka, de Bumba, d'Ubundu, de Kindu et de Kinshasa. Du côté des ports lacustres conséquents, on trouve les ports de Kalemie, de Kalundu et de Mushimbakye, à Baraka.

DES DEFIS A RELEVER

Le faible rendement de ces ports s'explique par plusieurs difficultés, notamment la désuétude de vieilles grues et quelques bateaux légers qui ont l'habitude d'accoster difficilement, la menace d'érosion et de rupture de la route d'accès à certains ports, l'insuffisance du quai en capacité de stockage pour entrepôt fermé ou espace d'entreposage des containers, l'absence de balisage dans le voisinage du port.

Il y a également la récurrence des problèmes d'approvisionnement en eau potable et électricité ; l'absence d'embarcation viable ou en état de fonctionnement, pour le contrôle de la Police lacustre; le manque d'engins de manutention à cause de leur vétusté ; la défectuosité de la clôture du port ; la difficulté d'accostage de bateaux à cause du quai trop petit, etc. A ces difficultés, il faut ajouter la concurrence, non seulement avec les ports privés, mais aussi le port de Pointe Noire, au Congo Brazzaville.

Face à ces différents problèmes évoqués précédemment, le Gouvernement congolais devrait aussi débloquer des fonds nécessaires pour rendre ces ports plus viables, en tenant compte de critères requis dans le domaine. Ce, en vue de permettre à ces entreprises nationales opérant dans le secteur portuaire à se mettre à la hauteur des enjeux de l'heure pour satisfaire la clientèle.

Les ports privés, qui pullulent un peu partout dans le pays, ont su moderniser leurs infrastructures pour attirer les armateurs qui, jadis, se dirigeaient vers les ports publics. Cette décision louable du chef de l'Etat doit être suivie d'un appui financier conséquent aux sociétés nationales du secteur des transports pour récolter des résultats attendus. MOLINA
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