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PROPENSION DE DISCOURS TRIBAUX DANS LES RESEAUX SOCIAUX
Gare à la haine interethnique en RD Congo
mardi 15 septembre 2020

* D'ores et déjà, des observateurs appellent les acteurs politiques à une éducation civique à la base.

Une vidéo truffée d'insultes à Jeanine Mabunda, présidente de la Chambre basse du parlement congolais, a fait le tour le tour du web au cours de la semaine dernière. S'adressant à un groupe de jeunes gens affichés comme des militants de l'Udps, le phraseur plante le décor de son harangue teinté de philippiques : "Le premier jour de la reprise des activités à l'Assemblée nationale, c'est le 15 septembre. Tous, nous serons là-bas". Spontanément, le groupe répète en chœur, l'invite du discoureur. Soudain, l'homme bascule dans des injures. Il caricature le physique de la speakerine de l'Assemblée nationale, avant de la présenter comme une Rwandaise. La foule se régale et applaudit !

Ces propos discourtois à l'égard de la première des élus nationaux, ont fait exploser les réseaux sociaux. Des condamnations sur fond d'indignation se succèdent. Le cercle de la mobilisation pro Mabunda s'élargit. Le dimanche dernier, par exemple, le site d'information http//www.ouraganfm.cd s'est fait l'écho d'un communiqué du ministre des Droits humains, André Lite Asebea, dénonçant et condamnant avec verve, ces railleries contre Jeanine Mabunda, de la part des individus amoraux, se réclamant de l'Udps.

La source renseigne que dans ce document signé par son conseiller en communication, Blaise Ekongola Djanga, le numéro 1 des Droits humains en RD Congo appelle les uns et les autres à la retenue afin que des travers du genre de ceux que condamnent ici, des esprits épris de respect de la dignité humaine, ne puissent se reproduire. Il s'agit donc, des flancs qui depuis quelques mois, rongent le pays sur fond d'intolérance, de ressentiment et de tribalisme et qui sont de nature à porter gravement atteinte au sentiment de vivre-ensemble, l'un des éléments existentiels d'une nation.

D'ores et déjà, André Lite Asebea invite opiniâtrement le parquet à ouvrir une information judiciaire à toutes fins utiles pour que la "tristement vedette" de la vidéo mise en cause, subisse la rigueur de la loi.

On rappelle que le même dimanche 13 septembre, M. Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du Président Félix Tshisekedi, a stigmatisé ces propos. Aussi, a-t-il exhorté les différents bords à rester strictement dans le combat politique, sans dérapage inutile. D'autres réactions en condamnation, sont celles du député national Claudel Lubaya et de la Conférence des présidents du Front commun pour le Congo (FCC). Tous ont embouché la trompette pour fustiger ces offenses directes à une dame cheffe de corps.

VIVEMENT L'EDUCATION DE LA BASE !

"Trop, c'est trop", gronde Jean-Pierre Kambila, ancien directeur de cabinet adjoint du Président de la république honoraire Joseph Kabila. Ce dernier s'est dit scandalisé par ces paroles discourtoises et a appelé les dirigeants de l'UDPS à agir sans le moindre atermoiement. Cependant, aucune réaction officielle des gestionnaires du principal parti au pouvoir, n'a encore été faite à ce jour. Et, on attend (avec impatience ?).

Pour sa part, Jean Claude Katende, responsable de l'Association Africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO), a invité la justice à mettre la main sur les auteurs des propos injurieux contre Jeanine Mabunda. De son côté, la sénatrice Francine Muyumba dénonce ce qu'elle considère comme une justice à double vitesse.

" Lorsqu'il s'agit de fautes commises par certains jeunes d'autres mouvements politiques, la Justice n'hésite pas à sévir. La vidéo montrant des membres de l'Udps verser dans des insultes sexistes à l'égard de la présidente de l'Assemblée nationale, l'honorable Jeanine Mabunda, est inacceptable. Elle est une haute autorité de ce pays. Elle mérite le respect dû à une femme et à sa fonction. Ces mots indignes portent atteinte à toutes les Congolaises. La place de la femme dans le débat public ne saurait être réduite à des appréciations physiques. Nous attendons de la Justice une sévérité telle que l'a prévue le Code pénal", s'insurge-t-elle dans un Tweet publié le dimanche dernier.

Si sous d'autres cieux, les réseaux sociaux constituent des plateformes d'échanges utiles, notamment sur la situation du pays, force est de constater qu'en RD Congo, ces médias sociaux sont depuis peu dévoyés. Au nom de leurs appartenances politiques, nombre d'internautes congolais se servent de réseaux sociaux pour régler des comptes à leurs adversaires transformés en ennemis.

Ainsi, à longueur de journée, ces internautes se prennent des libertés avec leurs matos, pour poster des messages de haine tribale voire ethnique. Face à l'incapacité de ces médias de censurer, toutes les insultes passent sans le moindre filtre. Dire que le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l'Homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo, est parvenu à ce même constat.

"Le BCNUDH condamne la diffusion de messages haineux à travers les réseaux sociaux par des acteurs politiques ainsi que par de simples citoyens sans affiliation politique ou communautaire connue", dit-il. Et d'ajouter: "Les conditions d'exercice du droit à la liberté d'expression se fondent sur la poursuite de la paix et le respect de la dignité humaine".

Devant cette dérive de plus en plus inquiétante, le BCNUDH invite les autorités du pays à prendre des mesures appropriées pour prévenir et sanctionner les auteurs. "Les partis politiques et la Société civile doivent se dissocier clairement de ces discours inflammatoires nuisibles à la paix, à la démocratie et aux droits de l'homme", renchérit-il. Pas seulement.

Le patron des Droits Humains rappelle, par ailleurs, aux uns et aux autres, qu'un tel travers à l'instar de bien d'autres qui rongent le pays sur fond d'intolérance, de hargne et du tribalisme, pourrait compromettre le vivre-ensemble collectif, gage d'une paix durable pour une jeune démocratie comme celle de la RD Congo. Pourvu que les Congolais résolument engagés dans l'apologie de la haine tribale l'entendent de cette oreille.

Tout bien considéré, ces dérives langagières sont la conséquence inéluctable d'un déficit de civisme à la base. D'où, l'obligation faite aux responsables des partis politiques d'éduquer leurs militants ou combattants. Ici, la crainte est que si l'on ne fait pas très attention, le pays s'expose au risque d'une guerre interethnique sans aucun mobile clair.

LE TOUT DOIT SE JOUER EN AMONT

A bien analyser les différents discours politiques sur la place publique en RD Congo, on a l'impression qu'il existe un camp de saint d'un côté, et celui du diable de l'autre. C'est donc cette vision manichéiste des choses qui semble être à la base des flancs en propension constante, observés depuis plusieurs mois au pays. En tout cas, nombre d'observateurs considèrent que la situation a pris des proportions alarmantes depuis le changement de régime intervenu dans le pays. Quel est donc le camp qui a toujours raison et lequel a tort ?

Toutefois, les mêmes observateurs estiment que le tout doit se jouer en amont. Il s'agit donc, pour les acteurs politiques et sociaux, de faire en sorte que leurs actes ne puissent aller dans le sens de ceux qu'ils semblent condamner. Cela s'appelle la réflexivité de l'action. Constamment, ils doivent se poser la question "et si c'était moi à la place ?". Soit encore: "Et si on me faisait ça ?" Les propos de Félix kabange sortis de leur contexte.

Parce qu'on en parle encore, un autre personnage politique, cible des flèches empoisonnées, est l'ancien ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, élu député national en 2018. Certains l'accusent d'avoir tenu des propos d'incitation à la haine ethnique, lors de ses vacances parlementaires dans le Katanga. Accusation que le concerné balaye d'un revers de la main, soutenant qu'il avait simplement été mal compris.

Toutefois, à la suite de la situation de Kasumbalesa, autrefois décriée par tous, Félix Kabange reconnait en toute modestie, avoir dit : "Nos frères du Kasaï qui arrivent doivent savoir s'intégrer". Ici, l'intégration doit être comprise comme "le sentiment d'appartenir à une communauté". Partant, chaque membre du groupe qui se reconnait en tant que tel, est tenu à la dynamique de la collectivité. Il semble que tout le péché de Flory Kabange est d'avoir rappelé ce basique du patriotisme. Grevisse KABREL
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