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PORTRAIT
Blandine Yaba : du micro aux commandes du groupe de presse Héritage
jeudi 28 janvier 2021

Elle est désormais la nouvelle Directrice générale du groupe de presse Héritage. Passionnée du journalisme, Blandine Yaba Mvete ne s'attendait pourtant pas à passer un jour aux commandes d'un média. Modeste, cette chevalière du micro, qui tient plus à perfectionner ses atouts sur le tas, a été surprise de se voir propulsée à la tête d'un organe de presse où elle n'a pas du tout postulé.

La quarantaine révolue, née un 14 avril, cette mère de trois enfants a toujours fasciné ceux qui l'entendent prester à la radio comme à la télévision. Sa voix radiophonique, sa diction articulée et son aisance au micro séduisent, de prime abord, ses nombreux auditeurs, confessent nombre de ses collègues et admirateurs.

Pourtant, rien ne semblait prédisposer cette dame audacieuse au métier du journalisme. Formée dès le bas âge dans la rigueur des missionnaires catholiques, Blandine Yaba amorce ses études primaires dans une école de Bandal, avant d'intégrer le lycée Movenda de Ngiri-Ngiri et, plus tard, le lycée technique de la Gombe. Elle en sort bardée d'un diplôme des humanités en coupe et couturte.

Entre l’aiguille, la craie et le micro

Mais une fois admise aux études supérieures, Blandine Yaba met le curseur sur la coupe et couture. Elle s'inscrit alors à l'Institut supérieur des arts et métiers (ISAM). Son diplôme de graduat en poche, Blandine Yaba saute vite sur une opportunité qui lui rappelle une passion étouffée : le journalisme.

En effet, à un jet de pierre de l'ISAM, sur l'autre bord de l'ex-avenue du 24 novembre, un pasteur coréen, le révérend Kim, érige une école imposante. Il initie en son sein une radio-télévision confessionnelle à vocation éducative. Mais pour y accéder, il faut, au préalable, se former en journalisme. Une formation accélérée de six mois est alors organisée pour les postulants.

Nous sommes là en 2002. L'audace de Blandine Yaba la pousse à postuler. Elle joue et gagne. Elle est, dès lors, retenue parmi les pionniers de ce média, triée parmi les 10 candidats de première heure qui viennent tenter leurs chances. Lorsque CEBS est lancé en 2003, Blandine Yaba est à la manœuvre au micro de la radio et de la télé. Une année plus tard, elle est contrainte de renoncer, au regard de ses charges familiales.

En 2004, la revoilà dans l'enseignement. La pédagogue a fini par renouer avec la craie pendant quelques années, boostée par ses anciens enseignants qui l'ont vue distinguer aux études. Blandine Yaba se retrouvera dans une extension du lycée Bolingani à Bandal. Elle enseigne pendant huit ans dans une des écoles des missionnaires de Marie.

A l’école de Jean-Marie Kasamba

Décembre 2014, Blandine Yaba revient sur ses pas. Elle se remémore sa passion du micro et va toquer à la porte de Télé 50, dont l'audience crève l'écran. Le test est concluant. Sur une dizaine de candidats, elle se distingue. Et on la retient.

Ses encadreurs remarquent vite ses atouts qu'ils s'activent à perfectionner, à sa grande satisfaction. "C'est vraiment à l'espace 50 que je me suis réellement formée à la radio, reconnaît-elle. Bien avant, je ne m'exerçais qu'à l'animation. Ici, j'ai appris à faire le monitoring et à animer le journal. C'est précisément le 16 janvier 2015 que j'ai commencé à passer à l'antenne. A la longue, je combinais l'animation et le flash d'info".

"C'est en juin 2015 que le patron de la chaîne, Jean-Marie Kasamba, me repère, mais c’est en novembre de la même année qu’il me désigne pour animer le journal télévisé. Il était un peu menaçant, m'avertissant qu'il allait me chasser si je gâchais son journal. Loin de m'intimider, il m'a motivée à relever le défi. C'est vrai que j'ai commis une erreur dans la présentation du journal, mais il m'a remonté le moral par après, comprenant que sa présence a eu de l'influence sur moi", confesse Blandine Yaba.

"Professionnellement, souligne-t-elle, je reconnais que ce que je suis devenue dans la profession de journaliste, c'est grâce à la rigueur de Jean-Marie Kasamba. Je lui serai reconnaissant à jamais. Même après que nous ayons quitté en groupe Télé 50 en 2019".

Aiguillée par la voix de Dieu

«C'est alors que je me suis dirigée dans la presse en ligne, poursuit Blandine Yaba. J'ai été recrutée à Dépêche.cd de Mimi Engumba, une ancienne journaliste de la radio Okapi. Et c'est surtout Jacques Matand, son collaborateur et ancien de la radio BBC, qui a façonné mon écriture journalistique».

«Pendant ce temps, raconte Blandine Yaba, je priais pour que le bon Dieu m'offre une autre opportunité qui me permettra de mieux nourrir mon foyer. Je demandais à l’Eternel de m’offrir un emploi où je n’aurais pas à fournir d’efforts pour me faire accepter. Je ne savais pas que, pendant ce temps, un homme de Dieu, qui m’avait vue présenter le journal à la télé, me cherchait depuis 2019, alors qu'il était Procureur général de la République».

«Le révérend pasteur Flory Kabange Numbi était, en effet, à ma recherche. Deux ans durant, il m’envoyait des émissaires, notamment des journalistes, croyant que je m’appelais Mme Kipulu. Ce n'était pourtant pas mon nom !», raconte-t-elle, visiblement amusée.

«Curieusement, un jour, pendant que ce pasteur titulaire de l'église Pierre angulaire priait avec son épouse pour que Dieu mette sur leur chemin la fameuse Mme Kipulu, qui présentait bien le journal sur Télé 50, une voix céleste lui a fait comprendre que cette dame qu'elle cherchait, s'appelait plutôt : Blandine Yaba», nous souffle la nouvelle directrice générale du groupe de presse Héritage.

«C'est alors que nos voies vont se rencontrer. M’ayant aperçu lors d'un deuil le 6 janvier 2021, le révérend Flory Kabange va m’envoyer une autre émissaire pour m’inviter. Et c’est le lendemain, le 7 janvier, que je vais enfin le rencontrer dans son bureau. Or, personnellement, je ne connaissais pas de vue le patron du groupe de presse Héritage. J’entendais parler de lui, je lisais même des informations sur lui à la télé, sans le connaître en personne. Mais, le fait qu’il m’ait confié ce qu’il a entendu pendant la prière, soulignant le rectificatif sur mon identité, m’a convaincue qu’il s’agissait réellement de la voix divine. C’est pourquoi, je n’ai plus hésité à accepter la proposition de collaborer avec cette entreprise», précise-t-elle.

Les défis à relever

Aujourd'hui que la hiérarchie du groupe de presse a porté son dévolu sur elle, Mme Yaba rend grâce à Dieu pour cette faveur. Elle estime, toutefois, que le défi est énorme. Il lui faudra notamment promouvoir ce groupe de presse qui compte une cinquantaine d'agents œuvrant aussi bien à la télé qu’à la radio, à la presse écrite, à travers les journaux ‘‘La Nouvelle Dépêche’’ et ‘‘Le vrai modérateur’’.

A Kinshasa, à Lubumbashi tout comme à Kolwezi, où est implanté l’asbl Nabii Samweli House qui soutient l’église Pierre angulaire, le groupe de presse Héritage s'attend à élargir ses horizons, en formant et en informant le public au-delà des lisières confessionnelles pour contribuer au développement de l'homme congolais et du pays, indique la nouvelle Directrice générale.

«Avec le concours du révérend Flory Kabange Numbi et de la nouvelle équipe du Conseil d’administration, nous veillerons, bien sûr, à la qualité et à la diversité du contenu de nos médias, mais aussi à l’amélioration des conditions de travail du personnel», conclut-elle en esquissant un sourire d’espoir. Yves KALIKAT
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